Archive for 12/09/2008


Suite de ma fiche sur Lain (Updated!)

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A propos des Knights of Eastern Calculus : « Les Knights ne sont pas de simples crackers, nous dit Taro, ils se battent pour une vérité unique. »
Les Knights sont représentés pas trois personnages récurrents qu’on pourrait voir comme leur délégation tokyoïte. Examinons-les d’un peu plus près :
*Un otaku/geek obèse, constamment devant son écran, vivant dans une piaule minable et se nourrissant de junk food.
*Une mère de famille qu’on imagine utiliser le Wired occasionnellement et/ou pour jouer avec son fils.
*Un homme d’affaire dont le Wired est avant tout un outil de travail.
Trois représentants des Knights, trois manières d’utiliser le Wired qui recouvrent finalement les utilisations du net répandues dans n’importe quelle population.
Au cours de la série on aura la chance d’apercevoir d’autres membres des Knights, venus d’autres pays. Ces images, passées à la télé (à l’occasion de la divulgation par Lain des informations personnelles de tous les membres de cette confrérie et des ‘suicides’ qui en ont découlé) sont troublantes. Les visages ne sont jamais visibles, les vêtements sont quelconques, les lieux anonymes. Même les rumeurs qui courent donnent l’impression que les Knights peuvent être n’importe qui. Ce qui est en fait la stricte vérité.
Là où je veux en venir c’est que les Knights, « plus que de simples crackers », représentent en fait tous les utilisateurs du wired. Les Knights c’est Mr Tout-le-monde dès lors qu’il se cache derrière un écran. Les Knights c’est Anonymous, c’est 4chan, ce sont tous les trolls de tous les forums du monde. Les Knights c’est vous et moi, c’est la face cachée d’internet. Leurs revendications ce sont celles de notre côté obscur, celui qui se régale de chaos. Ils rejettent règles, barrières, lois, tabous, interdits et secrets, rejettent la société.

Tout le monde est connecté.

A propos de la famille de Lain : Le père de Lain travaille pour les laboratoires Tachibana. Il est l’un des concepteurs du protocole 7. On le voit aux côtés de Masami Eiri sur une photo divulgée lors de l’enquête sur le suicide de ce dernier. Son rôle c’est de surveiller au plus près le développement de l’avatar Lain et, si besoin est, de la guider.
Mika, la soeur de Lain, a pour moi la simple (mais vitale) fonction de fusible. La quantité d’informations humaines ou non-humaines assimilées par Lain lors de son évolution est titanesque. Ce sont des millions de mémoires, virtuelles ou non, qui transitent par elle. Afin d’éviter le trop-plein (surtout au début de sa « croissance », lorsqu’elle n’est même pas consciente de sa nature), une partie de cette information est redirigée vers sa soeur, laquelle se retrouve
victime d’hallucinations (qui sont en fait les visions de sa ‘soeur)’ ou bien forcée d‘interpréter des messages qui ne lui sont pas destinés (« Accomplis la prophétie »). Mika perdra très tôt la raison. Elle sera remplacée (exactement comme on remplace un fusible) par une autre version d’elle-même qui durera un peu plus longtemps (une version améliorée ?) mais finira quand même dans la semoule : à la fin de la série, Mika se prend pour un fax (« bîîîîp, bîîîîp, bîîîîp, transmission commencée, bîîîîp, bîîîîp bîîîîp… »).

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Réaction d’Eacil au post précédent (via le forum du Cafard Cosmique) :

J’aimerais remarquer que dans ta liste des trois Knight, aucun n’est finalement intimement lié à la matrice réel/virtuel. C’est surprenant, pour des hackers surdoués, ils ne possèdent pas cet équilibre intime avec la matrice globale et sans doute est-ce la cause de leur défaillance ainsi que de cette conception du chaos qui n’est que la résultante d’une légitimité erronée. Ils sont forts, sûrement par la répartition des tâches, la moyenne étant équilibrée, les parties, pas du tout.
L’hikikomori obèse ne connaît la réalité que par le biais d’une version digitalisée, la mère de famille n’est finalement pas très impliquée dans le wired, une homme d’affaire qui ne connaît que le business. Il n’y a que Lain pour interagir totalement avec les deux plans, est au plus près de cette intime compréhension des choses et de leurs relations. L’extermination des Knights est une façon de poser la problématique de la morale, d’une non appropriation d’un domaine qu’on ne connaît pas parfaitement. La fusion oui, mais pas pour permettre les trolls, la destruction par l’égoïsme. La fusion pour permettre l’amitié (incarnée par Lain et Alice), l’extension de l’affection aux autres (une gestalt ?). A rapprocher du rapport fusionnel dans le charnel, sans doute la seule façon de dépasser ce mythe seulement physique par l’apport de la partie manquante, psychique. Autrement dit, la fusion pour la vérité, pas celle des Knights mais l’honnêteté, la sincérité, en assumant les deux côtés d’une pièce.

D’ailleurs, la destruction de Dieu, c’est le refus de s’embourber dans cette logique de l’Ego, la logique de causalité du pourquoi, pourquoi, pourquoi, cette base de l’information qui devient pouvoir, Lain tuant Dieu par le moyen que l’on sait lui jette une sorte de division par zéro dans sa logique centripète. Seul triomphe, donc (redite), un équilibre parfait non coupé d’une réalité ou de l’autre (virtuelle) qui a pour seul but l’évolution vers un « bonheur » plus absolu, ce vers quoi doit tendre la philosophie, semble-t-il.
Résolution de l’altérité, de LA Vérité, du bonheur, ça en fait des choses pour une série de si peu d’épisodes !

Une idée du bonheur ?

Réponse de Tranxenne
:

Ton analyse sur la signification de la présence des Knights dans Serial Experiments Lain est très pertinente. Je n’avais jamais envisagé le problème sous l’aspect moral. Je reviens sur quelques points.

Tu dis que les Knights ne sont finalement pas très lié au réseau. Il est clair qu’ils n’ont pas avec le wired la relation privilégiée que Lain possède mais je pense qu’ils sont plus actifs qu’on ne le voit objectivement. Indices : l’homme d’affaires dédaigne sa secrétaire (pourtant fort aguichante) pour rejoindre le clan Knights online (« A quoi va-t-on jouer maintenant ? »). La mère de famille reçoit des composants estampillés Knights par colissimo (composants qu’elle s’empresse de détruire – dans l’évier de cuisine ! – une fois saturés de données compromettantes). Quant à l’hikikomori (j’avais oublié l’existence de ce terme) il se déplacera quand même pour liquider l’aspirant Knight trop gênant (car trop peu discret ?).
Même s’ils connaissent son existence et arrivent à l’influer jusqu’à un certain point (la création de la ‘fausse’ Lain), les Knights n’ont pas un accès direct au wired du protocole 7, terrain de jeux de Lain et d’Eiri. La preuve : il utilisent encore du hardware (les noobs :p). De cette façon, ils n’ont pas la possibilité d’interagir dans les deux mondes (et la tentative maladroite de l’aspirant Knight pour relier les deux sera considérée au mieux comme du ‘bricolage’, au pire comme un blasphème envers Deus (Masami Eiri) et sévèrement punie.)
Cela reste un point mineur de ton argumentaire.

Là où ça devient très intéressant c’est quand tu introduis le concept de morale dans ta vision du ‘Nouveau Monde’ virtuel. Comme je le disais dans la première partie de cette fiche « l’ordinateur est devenu un jouet et le virtuel un nouveau terrain de jeux avec des règles encore à définir. » Mais il n’y a pas que les enfants qui investissent ce terrain de jeux. Ou alors les Knights (et tous les adultes qu’ils représentent) sont de grands enfants. Capricieux, cruels, égoïstes…
Lain lutte contre ces tendances. Je ne m’étais absolument pas rendu compte que sa quête d’une véritable amitié, son besoin d’affection, son trop-plein d’amour caractérisaient en fait cette lutte à la fois contre le cynisme et l’autoritarisme des adultes et contre la cruauté et l’égoïsme des enfants. Privilège de l’adolescence : on n’est plus un enfant ; on n’est pas encore un adulte. Ah ! L’idéalisme de la jeunesse. C’est sans doute à cet âge intermédiaire que l’idée de bonheur est la plus claire. L’avènement d’un équilibre parfait entre réel et virtuel permet à cette idée de perdurer.

Une idée saugrenue : le monde idéal de Lain c’est celui où elle n’existe pas, du moins pas en tant qu’être possédant un corps. Résurgence de la thématique du suicide qui hante Lain tout au long de la série.
Dans le dernier épisode, tout à la fin : Lain n’existe plus dans la mémoire des autres (donc elle n’existe plus du tout), l’adolescent ne s’est pas suicidé, la petite fille n’a pas été tuée en pleine rue, les enfants jouent à pierre-papier-ciseaux plutôt qu’être scotchés à leur ordinateur de poche, Masami Eiri décide de démissionner, les hommes en noir bossent pour une compagnie d’électricité (belle ironie), Alice s’est trouvé un bon mari. Tout le monde est heureux et Lain n’existe pas, du moins elle n’est plus présente physiquement mais reste omniprésente dans le wired. Le sentiment d’amitié qui la relie à Alice lui permet d’exister, même si celle-ci l’a oublié.

Un point intéressant qui m’est venu en lisant ton commentaire : La Trinité formée par Lain, son père et Masami Eiri. Le père Iwakura est en effet le créateur de Lain en tant que personne, qu’avatar, Eiri étant plutôt responsable du protocole lui-même. On a donc le Père, la Fille et le Saint-Esprit (incarné – ou plutôt désincarné – par Masami Eiri).
On trouve tout au long de l’anime énormément de références au christianisme, comme ce plan où Lain se trouve à un carrefour entre deux routes virtuelles, telle un Christ au centre de la croix, ou bien l’apparition de son image dans les nuages. Lain est clairement une figure christique.

Je suis cependant d’accord sur ta vision de Deus en tant qu’Ego absolu. Par son suicide même Masami Eiri refuse en fait de mourir. Il s’enorgueillit de ses adorateurs, les Knights. Lain détruisant Deus, est-ce une image du Christ rejetant la Trinité, en tout cas le Saint-Esprit ? Refusant donc l’idée d’un Dieu agissant, lui préférant l’idée d’un Père qui ne juge ni n’intercède, un Dieu contemplateur, humble et bon ? Le Dieu du Nouveau Testament plutôt que celui de l’Ancien, en fait.

A creuser (mais aussi à réinterpréter car le Saint-Esprit n’est pas seulement la force active de Dieu mais aussi l’Amour entre Père et Fils).

(J’ai reposté cette conversation ici pour deux raisons : ça en intéressera certains qui ne sont pas des habitués du Cafard et puis j’essaye de regrouper tout ce que j’ai écrit/échangé sur cet anime en vue, peut-être, d’un site dédié, en tout cas pour faciliter mes recherches. Et depuis quand je me justifie, moi ?
Si la discussion évolue, ce dont je ne doute pas, je continuerai d’éditer ce message plutôt qu’en poster de nouveaux, par souci de clarté. En cliquant sur le tag Serial Experiments Lain ci-dessous, vous aurez directement accès à TOUT ce que j’ai posté sur cette série)
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Mort.

Seconds left to live: 1 597 171 437

Coz information doesn’t give a fuck

Depuis juin 2007, les attaques terroristes en Irak ont baissé de 60 %, les pertes dans les rangs des civils irakiens sont en baisse de 70 % depuis juillet 2007 ainsi que les pertes militaires américaines (moins 72 % sur la même période). Les violences interethniques ont connu une chute de 90 % en une année et les attaques quotidiennes contre les forces de la coalition ont été divisées par quatre à tel point que le général Petraeus, le commandant des forces de la coalition en Irak (poste qu’il quitte la semaine prochaine), vient de déclarer que les soldats américains pourraient quitter Bagdad dans quelques mois.

L’économie n’est pas en reste. Plus de 30 000 entreprises étrangères ont investi en Irak ces trois dernières années, l’inflation est tombée de 65 % en 2007 à moins de 5 % en juillet 2008 et le budget de l’État a doublé en trois ans atteignant 41 milliards de dollars grâce au pétrole dont la production a dépassé celle d’avant-guerre. Les Chinois ont bien compris ces changements : ils viennent d’annoncer un investissement de 3 milliards de dollars en Irak.
D’après le rapport réalisé en juillet par le Jane’s Information Group, l’Irak est «seulement» à la 22e place des pays à risque dans un classement où il est largement «battu» par d’autres États comme la Somalie, le Burundi ou le Nigeria.

Source : Nicolas Lecaussin