– Approchez, approchez, venez goûter mes belles pommes. Elles sont pas belles mes pommes ? On vient de les cueillir, toutes fraîches du verger, vous pouvez me croire. Et pas de pesticides, hein, aucune de ces saloperies chimiques que les capitalistes obligent leur population corrompue à avaler, non ma bonne dame, de belles pommes de vergers cultivées à la mode socialiste, comme on sait plus le faire que chez nous. Faut profiter de l’aubaine madame, des vertes des jaunes des rouges, y’en a pour tous les goûts. Allez quoi, tâtez-moi un peu ces belles pommes juteuses. Sentez-moi ça. Sentez ! Ça sent bon la terre et le socialisme à plein nez. Des pommes comme ça vous en trouverez pas ailleurs c’est moi qui vous le dit. Alors combien vous m’en prenez ? Hein ? Vous voulez pas de mes pommes ? Mais bordel, des paysans ont donné leur vie pour vous fournir de putains de belles pommes comme ça et v’là que madame fait sa bourgeoise. Oh ! Tu vas m’en prendre deux ou trois kilos sinon c’est moi qui vais t’en mettre une belle, la grosse. Je rêve, là. De vraies pommes socialistes et tout. Comprends pas. Pourtant une campagne électorale avec des pommes ça marche à tous les coups, qu’on m’avait dit.