#Kulturfilm#

J’enchaîne encore sur du cinéma mais – réjouissez-vous ! – ce n’est pas cette fois pour un film japonais. On va quand même finir par croire que ce blog est à vocation cinématographique, et aussi que je suis tout seul dessus. Bref.

Un homme qui dort est un film de Georges Pérec. Déjà vous vous dites « Merde il est pas mort, Pérec ? ». Je vous rassure tout de suite, Pérec est mort il y a de cela un bail. Et non il n’est pas revenu d’entre les morts pour nous pondre la suite de Snakes on a Plane. Simplement le film date de 1974 à une époque où nous autres n’étions encore qu’un vague espoir dans les bourses de notre paternel respectif (et respecté). Du coup c’est en noir et blanc. Plus étrange encore, il n’y a aucun dialogue, et pas parce qu’en ces temps reculés n’existait que le cinéma muet. En fait, une voix off (plutôt sensuelle, si vous me permettez ce qualificatif un peu osé pour l’époque) lit tout au long du film l’intégralité d’un livre de Georges Pérec, livre intitulé Un homme qui dort. Ben oui, forcément, ç’allait pas être une lecture de La disparition, du même auteur.

« Ton habillement, ta nourriture, tes lectures ne parleront plus à ta place. Tu ne leur confieras plus l’épuisante, l’impossible tâche de te représenter. »

Portrait d’une solitude urbaine, récit d’un renoncement, l’œuvre suit un jeune homme dans ses promenades sans but au cœur de Paris, dans ses actes quotidiens, son attente sans objet. Car ce jeune homme a décidé qu’il « ne savait pas vivre », et qu’il n’allait pas se forcer. Pratiquant son quiétisme à tout moment du jour et de la nuit, ce jeune homme à la « vocation de vieillard » prétend pouvoir échapper à la vie et devenir ainsi « le maître anonyme du monde ».

C’est profond et pénétrant. Ça intrigue, ça dérange. C’est une très belle expérience cinématographique.
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