Politique de défense contre l’environnement

– Bien. Tout le monde est là ?
– Hum. Le Général Baudroit a indiqué qu’il aurait du retard. Il termine un puzzle.
– Peu importe, commençons sans lui. Messieurs, si j’ai fait réunir aujourd’hui l’état-major au grand complet, c’est pour planifier la suite des opérations décidées ce matin même par le ministre. L’objectif, je vous le rappelle, est d’en foutre plein la gueule à l’environnement. Le rapport que possède le ministre à ce sujet et dont j’ai pu lire quelques passages est édifiant. Messieurs je suis au regret de vous l’annoncer mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’environnement ! Notre politique de défense est totalement inadaptée à la menace présente. Il faut nous ressaisir ! Heureusement que le ministre a pris les choses en mains car les politiques ont trop longtemps favorisé l’invasion, et ce depuis des décennies, au moins ! De toute part, l’environnement nous envahit. On ne peut pas faire un pas sans marcher sur de l’environnement. Pensez-y ! Oh, on nous a bien habitué à cette cohabitation contre-nature, mais aujourd’hui la situation est devenue intenable. Nous avons trop fermé les yeux sur ce cancer vert qui nous ronge de l’intérieur. C’est d’une véritable colonisation qu’il s’agit !
– Je ne peux que soutenir les propos du Commandant Briard. La semaine dernière, la mairie a fait aménager un massif floral sur un rond-point du centre. Des putains de fleurs ! En plein centre-ville, bordel de Saddam !
– C’est exact, je confirme cette information. Nous nous débarasserons d’ailleurs de cette provocation fleurie dès aujourd’hui, cela en manière d’avertissement et comme un prélude à notre résistance. Nous devons poursuivre avec force l’assaut lancé ce matin, nous ne pouvons relâcher nos efforts. L’heure n’est plus aux concessions. Nous avions posé nos conditions, l’environnement les a repoussé. Nous avons posé des limites, l’environnement est passé au-dessus. Nous ne pouvons plus composer, il faut nous battre. Je laisse la parole à notre stratège en chef, le Major van den Broek.
– Merci Commandant. Maintenant que vous êtes tous conscients du danger qui nous menace, je vais rapidement définir le plan d’action qu’il nous incombe de suivre. Il faudra nous battre sur tous les fronts et une coordination exemplaire est exigée de toutes les armées.
Amiral Denjean, vous êtes responsable de la sécurité de nos eaux territoriales. Je ne veux plus voir un seul poisson ni même la moindre algue se balader près de nos côtes. Utilisez pour cela tous les moyens à votre disposition. Si vous devez déverser des citernes de produits toxiques pour ce faire, vous avez l’accord de l’état-major. Aucun sacrifice n’est assez grand pour nous protéger de l’environnement.
Lieutenant-Colonel Flahet, vous êtes responsable de notre sécurité aérienne et de la maîtrise du ciel. Défiez-vous des nuées de petits volatiles qui ne manqueront pas de venir s’engouffrer dans les réacteurs de vos chasseurs pour les faire s’écraser. Je vous laisse pour le reste faire selon votre bon commandement.
Comme de juste, la bataille la plus féroce nous attend au sol. Forêts, plaines, montagnes, même nos villes où nos ennemis trouveront des soutiens au sein même de notre population : écologistes, hippies, gauchistes et autres pacifistes, aucun type de terrain ne sera épargné par la guerre. Je vous recommande de bien nettoyer les étangs et marécages, histoire d’éradiquer grenouilles et autres crapauds qui nous ont je vous le rappelle bien emmerdé la dernière fois avec leurs simagrées. Voilà pour les grandes lignes. Attendez-vous à une résistance féroce, je dirais même sauvage. Messieurs, bonne chance. L’environnement ne passera pas.