Non-rôlistes vous pouvez passer votre chemin, le post qui suit est un texte paru dans Rigor Mortis, supplément pour le jeu In Nomine Satanis Magna Veritas. Ceci dit il permet de présenter les différentes facettes de ce merveilleux JdR. J’ajoute que le dit supplément est trouvable légalement en téléchargement, avec l’accord des éditions Asmodée, c’est pourquoi je me permets d’en recopier un passage.

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« Moi je joue à INS/MV, mais je suis pas un bourrin hein, je joue des Anges… » est sans doute la phrase que l’on entend le plus en convention (presque à égalité vient celle, posée par le staff de Siroz, de « Quand est-ce qu’on mange? »). Une phrase d’autant plus exprimée que la rumeur court que Croc et ses potes jouent, eux aussi, plutôt des Anges. Rumeur que nous en profitons pour confirmer aussitôt. Alors, est-ce que seuls les bourrins jouent des Démons? Une longue expérience prouve qu’il y a, en vérité, cinq niveaux de jeu à INS/MV (classés par ordre croissant de difficulté):

Niveau 1: Jouer à INS.
Niveau 2: Jouer à MV.
Niveau 3: Jouer à INS.
Niveau 4: Jouer à MV.
Niveau 5: Jouer à INS.

Niveau 1:
Les joueurs incarnent des Démons. Ils choisissent les Princes-Démons les plus bourrins sauf un qui choisit Andréalphus avec la ferme intention de séduire tous les autres avant de leur trancher la gorge. Ils passent leur partie à tuer, violer, tuer, violer, cracher du feu.
Fun mais rapidement lassant. Mais fun. Mais lassant.
Après, ils vont raconter partout qu’INS/MV est un jeu dégueulasse. Mais fun. Mais lassant.

Niveau 2:
Les joueurs incarnent des Anges. Ils choisissent des Archanges bourrins (Laurent, Michel, Daniel) sauf un qui choisit un Ange au service de Dominique avec la ferme intention de dénoncer tous les autres. Ils finissent par réussir la plupart des scénarios en tuant tout le monde autour d’eux… sauf celui qui incarne l’Ange de Dominique, qui s’occupe de la diplomatie de l’équipe. Et les dénonce après.
Fun quand on tranche pour la première fois la tête du Démon avec son épée argentée. Mais rapidement lassant.
Après, ils vont raconter partout qu’INS/MV est un jeu fasciste.

Niveau 3:
Les joueurs incarnent des Démons. Ils ont décidé de faire le Mal, mais de le faire bien. Ils prennent des Princes-Démons dits intellos (Malphas, Kronos, Vapula) et essayent du mieux qu’ils peuvent de manipuler les humains, d’être pervers, méchants, de les pousser au viol, au meurtre, à la torture.
Un défi intellectuel passionnant… mais rapidement lassant. Au bout d’un moment, on a plutôt envie de gerber qu’autre chose… et de mettre son personnage au rencard. On a beau jouer au dur, c’est difficile de s’attacher à un personnage totalement négatif.
Après, ils vont raconter partout qu’INS/MV est un jeu d’ambiance.

Niveau 4:
Les joueurs incarnent des Anges. Ils ont une équipe équilibrée, jouent en campagne, aiment faire évoluer leur personnage et en apprendre de plus en plus sur le monde d’INS/MV. Ils n’hésitent pas à désobéir discrètement à leur hiérarchie, créent autour de leur équipe un cast (amis, ennemis, contacts et renégats) de plus en plus fourni et sont ou de plus en plus cyniques, ou de plus en plus désabusés par rapport au dogme des Forces du Bien. Quand ils lâchent leur personnage (sauf s’il meurt), ils lui trouvent une fin: renégat, administratif, Bureau. Puis, ils reprennent un personnage tout neuf et tout innocent, bien que de caractère différent…
Super. Parfait. Impec. Tout compris…
Après, ils vont raconter partout qu’INS/MV est un jeu génial.

Niveau 5:
Les joueurs incarnent des Démons. Ils ont une équipe équilibrée, jouent en campagne, aiment faire évoluer leur personnage et en apprendre de plus en plus sur le monde d’INS/MV. Ils n’hésitent pas à désobéir discrètement à leur hiérarchie, créent autour de leur équipe un cast (amis, ennemis, contacts et renégats) de plus en plus fourni et sont ou de plus en plus cyniques, ou de plus en plus désabusés par rapport au dogme des Forces du Mal. Quand ils lâchent leur personnage (sauf s’il meurt), ils lui trouvent une fin: renégat, administratif, Bureau. Puis, ils reprennent un personnage tout neuf et tout « innocent », bien que de caractère différent…
Super. Parfait. Impec. Tout compris…
Mais… Mais c’est plus dur! Il est en effet plus difficile de jouer le « méchant désabusé », et plus difficile de créer une personnalité profonde et pleine de facettes différentes à un méchant qu’à un gentil. Aussi, vous avez toutes nos félicitations!

En conclusion: vous l’avez compris, il est possible de jouer bourrin des Anges comme des Démons, et de jouer avec intelligence l’un comme l’autre. Mais… La palme du plus subtil revient à INS… Quoique personnellement, je préfère largement jouer des Anges.
Ok, dites-le que vous vous en foutez de mon avis…

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