Bataille de la Montagne Blanche – 8 Nov. 1620 (par Pieter Snayers)

– Alors vous, là-bas, reportez-vous sur la gauche. Non, non, pas vous. Eux, là. Ouais, vous. Gauche, gauche ! Mais putain j’ai dit GAUCHE ! Ah ouais non droite pour vous en fait. Ouais. Autant pour moi… Voilà. Parfait. Parfait, parfait, par… Dites-donc vous au milieu, qu’est-ce que vous attendez pour avancer ? Que la guerre soit finie ? Alors on rejoint ses petits camarades sur la colline et on étripe du Tchèque dans la bonne humeur s’il-vous-plaît. Voilà. C’est mieux. Oui comme ça, c’est bien. Ouch ! Aïe, aïe, aïe, en effet ça doit faire mal… Oui enfin bon cessez de beugler comme ça comment voulez-vous que vos camarades entendent mes ordres, sinon, hein ? Bon. Contre-attaquez sur la gauche maintenant. Ouais c’est ça, ouais. L’autre gauche. Vous m’avez compris. Bien, bien, bien, cette bataille me paraît se dérouler à merveille. À part peut-être eux là, qui m’ont l’air de… Mais ? Mais qu’est-ce qu’ils branlent ? Non mais oh, les mecs, là ! C’est de l’autre côté que ça se passe ! Non mais ils sont cons ou bien ils le font exprès ? Mais arrêtez ! C’est pas vrai mais il va falloir que j’y aille moi-même ou quoi ? Mais non ! Mais non, pas sur eux ! Putain mais… Ah ouais non d’accord, ce sont pas des troupes à nous en fait… Bon… Booooooooon… Va quand même falloir sérieusement songer à inventer l’uniforme, parce que ça devient n’importe quoi, ces guerres.
– Moi j’aime bien tous ces chamarrés de bleu, de vert, de rouge. Ces couleurs qui virevoltent, je trouve cela très beau.
– Ah oui et ben on voit bien que ce n’est pas vous qui êtes obligé de vous époumoner pour faire suivre vos ordres à des types qui ne sont même pas capables de comprendre votre langue, pour la belle et bonne raison qu’ils ne sont pas dans votre camp. Non, non, non, il va vraiment falloir faire quelque chose pour remédier à ces méprises, et vu comment Bernburg en face vient d’engueuler mes mousquetaires, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il pense comme moi.
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