Pouème du dimanche

Dis donc Raymond, tu pues de la gueule
Fais voir tes dents, crache-moi dans l’œil
Combien de bouteilles de détergent
T’as avalé pour schlinguer tant ?

On dirait que t’as bouffé du vieux
T’as léché des couilles de lépreux ?
Je sais pas mais fais quelque chose
Je crois que mon nez s’ankylose

T’sais quoi René, j’ai des douleurs
Ça vient des pieds, ça remonte au cœur
Je vais peut-être bien crever ce midi
Arrose les fleurs pour moi j’t’en prie

Je vais rejoindre mon pauvre père
Z’ont pas voulu de lui au cimetière
Parce qu’il était shérif-adjoint
Alors on l’a mis au jardin

Raymond t’as bu, ou tu vas boire
Ton foie est l’plus fourni des bars
T’as d’jà claqué tes Assedic
Et tu veux me tirer du fric

T’en as rien à foutre du jardin
Je t’y vois chier tous les matins
Ton père fait pousser les glaïeuls
Toi tu veux te bourrer la gueule

René, franchement, parlons entre hommes
Qu’ont fait la guerre, ou c’est tout comme
Car cette nuit j’ai rêvé des crabes
Ils sont de retour, faut que j’me sable

Ce matin juste après l’office
J’suis entré dans la sacristie
Pendant qu’le curé faisait confesse
J’ai descendu tout le vin de messe

Je le savais, t’es fin bourré
T’aurais pu m’attendre, enculé
J’aurais pas du lâcher l’Église
J’en ai vraiment marre d’être bouddhiste

Allez viens on va s’en jeter une
C’est moi qui paye, et sans rancune
Le p’tit Jésus avait bien dit
Que c’est mieux de boire avant midi

*Envoi*