– Alors, à quel nom je vous le mets ?

– Ben, en fait j’aurais bien aimé un dessin.

– Un dessin ? Mais euh… vous savez le dessin n’est pas mon fort. Je n’ai même pour ainsi dire aucun talent dans ce domaine.

– Oh mais ce serait quelque chose de rapide. Une scène de chasse à la cour d’Henri II Plantagenêt, par exemple, ou bien un lapin sous stéroïdes remportant le Tour de France. Un truc simple, quoi.

– Non, mais écoutez-moi, jeune homme : je ne sais pas dessiner. Point. Je suis écrivain. Je vous rédigerai avec plaisir une belle dédicace, mais il faut que vous me disiez ce que vous voulez. Au moins votre nom, que je sache à qui l’adresser.

– Ah bon, et ben alors euh… hmm disons… ah ouais ! Vous n’avez qu’à mettre : « À mes amis du mur de laine de briques qui ensoleillent mes journées trop maussades. » Et vous signez Gustave III de Suède.

– Gustave ? C’est une plaisanterie ? Et puis je ne connais pas ce Monsieur de Laine de Briques, comment pourrait-il ensoleiller mes journées qui n’ont par ailleurs rien de maussade, je puis vous l’assurer.

– En mauve, si possible. Vous avez du mauve ?

– Écoutez jeune homme, donnez-moi votre nom, je vous écris une dédicace bien sentie et on n’en parle plus. D’autres personnes attendent derrière vous.

– Tranxenne.

– Je vous demande pardon ?

– Tranxenne. Vous m’avez demandé mon nom. Je m’appelle Tranxenne. Avec deux ‘N’. Rien à voir avec le médoc.

– Bien, bien, bien. Bon : « Pour Tranxenne, avec passion ». Qu’est-ce que vous en dites ? Ça vaut bien une scène de chasse avec Plantagenêt, non ?

– Ah oui, j’aime bien. Vous pouvez me le faire en gotique ?

– En lettres gothiques, mais bien sûr ! Allons-y.

– Ah non, non, non, excusez-moi mais je voulais bien entendu parler de l’alphabet gotique. Vous savez, Wulfila…

– Je… Je ne sais pas écrire le gotique.

– Ah bon. En voilà une nouvelle. Et ça se dit écrivain. Bon ben laissez tomber, hein. Vous n’avez qu’à écrire « POUET ! POUET ! » en lettres capitales et en travers de la page. Je m’en contenterai.

*soupir* Voilà votre dédicace, monsieur. Au revoir et bonne lecture.

– Ah mais c’est pas pour moi. C’est pour le blog. Il y manque une brique et votre bouquin fait pile la taille qu’il faut. Allez, bonne continuation, hein. Ah et au fait : vous perdez vos cheveux.