– Salut, Yuong ! Dis donc, félicitations pour ton entrée en Bourse. Ton entreprise de nems au chocolat a fait une entrée fracassante, j’en ai moi-même pris 5000 actions.

– Ah, ça me fait bien plaisir, merci Xing. La participation d’un expert aussi respecté que toi à mon capital ne peut que renforcer la crédibilité de mon offre boursière.

– Expert, expert, comme tu y vas. J’ai simplement un peu plus de flair que le commun des mortels. Ajoute à ça une affaire qui marche raisonnablement bien, me permettant de réinvestir adéquatement des marges généreuses, et le voilà ton expert.

– Oui, oui, d’ailleurs j’ai remarqué que les actions de ton entreprise de théières parlantes avaient pris 10% durant le week-end. Rien que ça ! J’ai aussi entendu dire que tu te lançais dans l’international. Ainsi tu vas être coté à la Bourse de Tokyo ?

– Tout à fait, tout à fait, mais avant cela j’ouvre à Hong-Kong, histoire de dégager un consensus boursier autour de mon offre tout en restant dans le cadre financier national. Par contre j’investis en parallèle dans des offres à l’étranger. C’est amusant comme tout, il y a à l’extérieur des petites entreprises fort sympathiques qui font des efforts louables pour être compétitives. Par exemple là tout de suite je viens d’acheter un truc, ça s’appelle euh… attends que je vérifie… voilà : Société Générale. C’est un truc français, une petite boutique locale de change. J’en ai pris 30%.

– Ah oui ? C’est intéressant ça, dis-moi. Mais ce n’est pas trop risqué ?

– Penses-tu ! Ça constitue une goutte d’eau dans mon portefeuille. Je fais pas ça pour les affaires, c’est plus pour le fun, la détente. Ça n’a pas grande valeur mais c’est exotique et ça me plaît bien. Si ça se casse la gueule j’aurais au moins bien rigolé.

– Ahah oui c’est sûr. La manière dont évoluent les places boursières occidentales est assez comique. J’ai bien envie de me taper un délire dans ton genre, tiens, vu l’assise confortable que viennent de m’assurer mes nems.

– Ouais, ça te tente ? Ben écoute voilà ce que je te propose : achète de la dette portugaise. Moi pendant ce temps j’investis dans de la valeur africaine et d’ici trois semaines on vend le Portugal au Zimbabwe. Qu’est-ce que t’en penses ?

– Ahahaha ! Ça marche ! Putain qu’est-ce qu’on se marre.