Archive for décembre, 2010


De l’utilité de savoir lire le calendrier

La vraie mauvaide idee

Mais puisque je vous dis que ce sont des oeufs de Noël!

Esteban Galtes, 23 ans, a été arrêté il y a quelques jours à Miami pour avoir tenté d’introduire un peu plus de six kilos de cocaïne en revenant de Colombie. Déjà, est-ce raisonablement une bonne idée d’essayer de planquer de la drogue dans ses bagages lorsque l’on revient de Colombie? J’en doute. Toujours est-il que Esteban, l’esprit alerte, s’est sûrement fait la même remarque, et a décidé de mettre toutes les chances de son côté en camouflant sa came dans… des oeufs de Pâques. En pleine pèriode de Noël, les autorités ont trouvé ça un peu étrange, et donc Esteban a atteri en prison grâce à l’instinct inégalable des douaniers. S’il avait effectué sa petite opération au printemps, peut-être serait-il passé librement. Quoiqu’il aurait certainement dissimulé la drogue dans des cadeaux de Noël.

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Déni de censure

La UK banking trade association a écrit récemment à l’université de Cambridge au sujet de la thèse d’un étudiant qui documentait les problèmes de sécuritié liés au système de puce et de PIN (pour les cartes de crédit/paiement). Le but de ce courrier était, bien entendu, de censurer le travail de l’étudiant. Esam’ leur aurait répondu un ‘Allez vous faire foutre sale bande d’******* » bien senti, mais Ross Anderson, de l’université, a décidé d’élaborer une réponse qui, en substance, transmet le même message. En voici les extraits casse-briques:

« Second, you seem to think that we might censor a student’s thesis, which is lawful and already in the public domain, simply because a powerful interest finds it inconvenient. This shows a deep misconception of what universities are and how we work. Cambridge is the University of Erasmus, of Newton, and of Darwin; censoring writings that offend the powerful is offensive to our deepest values. Thus even though the decision to put the thesis online was Omar’s, we have no choice but to back him. That would hold even if we did not agree with the material! Accordingly I have authorised the thesis to be issued as a Computer Laboratory Technical Report. This will make it easier for people to find and to cite, and will ensure that its presence on our web site is permanent….

…Fifth, you say ‘Concern was expressed to us by the police that the student was allowed to falsify a transaction in a shop in Cambridge without first warning the merchant’. I fail to understand the basis for this. The banks in France had claimed (as you did) that their systems were secure; a French TV programme wished to discredit this claim (as Newsnight discredited yours); and I understand that Omar did a No-PIN transaction on the card of a French journalist with the journalist’s consent and on camera. At no time was there any intent to commit fraud; the journalist’s account was debited in due course in accordance with his mandate and the merchant was paid. It is perfectly clear that no transaction was falsified in any material sense. I would not consider such an experiment to require a reference to our ethics committee. By that time the Newsnight programme had appeared and the No-PIN attack was entirely in the public domain. The French television programme was clearly in the public interest, as it made it more difficult for banks in France to defraud their customers by claiming that their systems were secure when they were not.

You complain that our work may undermine public confidence in the payments system. What will support public confidence in the payments system is evidence that the banks are frank and honest in admitting its weaknesses when they are exposed, and diligent in effecting the necessary remedies. Your letter shows that, instead, your member banks do their lamentable best to deprecate the work of those outside their cosy club, and indeed to censor it. »

Bien parlé Ross!

Le codex du Sinaï – Edward Whittemore

"Défendre Jérusalem, c'est toujours se ranger du côté des perdants"

Préambule: Il ne faut surtout pas se fier à l’hideuse couverture signée, comme pour Le long chemin du retour, Jackie Paternoster, qui apparemment s’éclate à s’en crever les yeux sur son (très) vieux logiciel de 3D. Il ne faut pas non plus se fier à la collection du roman, Ailleurs et Demain, car Le codex du Sinaï n’est pas de la science fiction. Mais l’on peut se fier à Gérard Klein lorsqu’il nous raconte que ce bouquin est génial.

Edward Whittemore est un auteur à part: ancien agent de la CIA, Whittemore est diplômé de l’université de Yale, sert au Japon chez les Marines, agit ensuite activemment pour l’agence au Moyen-Orient, en Europe et en Asie, puis se lance corps et âme dans l’écriture qui ne lui apportera jamais la reconnaissance qu’il mérite. En lisant Whittemore, on hume Nabokov, Borges, Pynchon, et dés les premières pages le talent de l’auteur nous explose au visage – d’où les comparaisons flatteuses. A leurs manières, Whittemore étire la réalité sans se soucier des proportions, jusqu’à repousser les limites de son imagination incroyable et de sa connaissance approfondie de l’Histoire et du Moyen-Orient pour dépeindre l’existences de personnages hors-normes, bien trop grands pour le monde dans lequel ils évoluent.

Et pourtant l’auteur s’est attelé à leur offrir une tétralogie, dont le Codex du Sinaï est le premier tome, suivi de Jérusalem au poker, Ombres sur le Nil et La mosaïque de Jéricho. Ce premier tome, donc, expose au lecteur l’existence de la Bible originelle, dont le contenu secoue comme un tremblement de terre les fondements de la religion et aurait pu saper les croyances du monde sans l’intervention d’un imposteur albanais terrifié par cette découverte. Dans ce livre, on y croise également un vieillard de 3000 ans qui a passé sa vie à défendre Jérusalem, toujours à côté des perdants, un lord anglais qui possèdera l’empire ottoman et érigea son ultime insulte à la face de l’empire britannique par le biais d’un traité sur le sexe levantin en trente-trois volumes, ou encore un exilé irlandais en terre sainte promu vétéran d’une guerre qu’il n’a jamais connue.

Sous cette apparente désorganisation réside en fait une trame parfaitement maîtrisée, qui est résumée à la fin du livre par une chronologie des événements salutaire si l’on perd le fil en cours de lecture. Loin d’être un artifice, cette relative destructuration du récit permet d’entrevoir des perspectives burlesques et fantasques, à l’image de cette histoire du monde qui aurait sûrement arraché un sourire complice à Lewis Carroll. La qualité d’écrivain de Whittemore subjugue, on referme Le codex du Sinaï avec le sentiment d’avoir lu un livre rare, totalement captivant, et vaine est la lutte contre l’envie irrépressible de se ruer sur la suite. Dire que Whittemore ne vendait que 3000 exemplaires pour chacun de ses livres me laisse, après la lecture du Codex du Sinaï, dans un état trouble empreint d’inquiétude, car c’est bien de chef d’oeuvre dont il est question avec ce roman.

Starfucker // Biggie Smalls

Hell March

Proposé par Ben.
« I find it strangely arousing », he says.

Pour ceux qui n’auraient pas reconnu, il s’agit de la musique de Command&Conquer, premier du nom.

Aussi à 0:38 vous pouvez apercevoir l’arme secrète Nord-Coréenne : l’Étoile de la Mort socialiste.

John Lydon aka Johnny Rotten a besoin de tunes et le fait savoir : la légende du punk met en vente la seule chose qu’il ait à vendre, c’est à dire rien, sous la forme cette fois d’un bouquin réunissant des photos de son enfance et de sa jeunesse.

L’album coûte la modique somme de £449, ce qui fait environ 530 euros. Oui vous avez bien lu. Mais attention hein, Johnny précise que chaque exemplaire du livre sera signé par lui-même, alors ça change tout. Il déclare aussi que c’est un objet de collection, « pour les fans ». J’aurais plutôt dit pour les cons, mais bon. Il se fend même d’un petit message publicitaire pour l’occasion.

Si on se réfère aux commentaires youtube, y a quand même un paquet de gens qui vont acheter le truc…

John Lydon s’était fait remarquer l’année dernière lors de je ne sais quel award briton en allumant une cigarette sur la scène. Shocking !

La subversion n’est décidément plus ce qu’elle était.

No Future, qu’il disait.

Pour ceux qui l’auraient ratée dans les comments:

Article du blog « Démystifier la Finance » de Georges Ugueux sur la Belgique.

La preuve en image.

Pas si long que ça avec une bonne paire d'Air Max

Je tiens avant toute chose à vous avertir que la qualité du bouquin est inversement proportionnelle à celle de l’illustration de couverture, réalisée par J. Paternoster. Paternoster, il y en a qui aiment, d’autres qui généralement laissent leurs tripes sur le carrelage à force de dégueuler bruyamment. Je fais partie de la deuxième catégorie. Ceci étant dit, parlons donc du livre. Le long chemin du retour nous transporte sur une planète au système politique archaïque, mais qui, dans cet univers, a prouvé son efficacité: depuis que les Maitres ont débarqué sur Patrie, le nom de la dite planète, le Peuple, arrivé des milliers d’années plus tôt, est assujetti à cette caste dominante composée de grandes familles. A la longue, un ordre immuable semble s’être établi et la machine bien huilée. Mais un soir, Joseph Keilloran, héritier de la maison Keilloran alors invité par la Maison Geften à des milliers de kilomètres de chez lui, est réveillé par la révolte du Peuple qui massacre les Maitres et leurs sujets. Grâce à l’aide apportée par une servante, il parvient à gagner la forêt, et par conséquent, à fuire. Fuire. L’idée est séduisante en pareil cas, mais néanmoins particulièrement ardue à appliquer lorsque l’on est adolescent et que, sans ressource, il faut rentrer chez soi. D’où le titre.

Le long chemin du retour est un roman assez court, un peu plus de 300 pages, il ne s’agit donc pas d’une fresque épique. Joseph ne transporte pas d’anneau unique, il n’est pas poursuivi par des Nazguls furieux, il mesure plus d’un mètre cinquante et n’a pas les pieds velus. Enfin peut-être, il y a peu de détails sur ses pieds. Le long chemin du retour pour Joseph est à double sens. Littéralement, bien sûr, mais également de manière initiatique. Il rencontrera les Indigènes sur son trajet, seuls véritables autochtones qui vivent reclus, des humanoïdes qui ne sont pas des hommes pour autant. Fort de son éducation, Joseph s’adapte et apprend, et remet en question ses certitudes de noble bien établies, il mûrit bien entendu.

Ce qu’il y a d’intéressant avec Silverberg, c’est que pour lui la science fiction n’est qu’un prétexte. Elle lui sert de cadre, ou de laboratoire, pour des personnages dont on découvre au fils des livres la richesse, à l’inverse d’une science fiction qui place la science à égale avec l’humain, voire au dessus. A l’instar de L’homme dans le labyrinthe, l’univers nourrit les personnages et leur psychologie n’obtient finalement de sens que face à ce contexte exceptionnel, mais malgré tout, et c’est assez évident pour Le long chemin du retour, l’humanisme ancrée dans les livres de Silverberg nous rapproche nous, hommes de notre époque, de ces hommes d’un autre âge.

« L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir ; il porte avec lui l’immensité. » Chateaubriand

Backflip of death