Une fois de plus, en Chine, les chiffres avancés donnent le vertige. Pékin envisagerait d’investir 1500 milliards de dollars, sur les cinq prochaines années, dans sept secteurs industriels stratégiques. Avec pour objectif d’accélérer la mutation du modèle chinois, de pays inondant le monde de biens manufacturés à bas prix à celui de champion des produits technologiques et à haute valeur ajoutée.

Bien sûr, ces chiffres sont à prendre avec recul, car ils ne sont pas encore gravés dans le marbre. Ensuite, comme pour le plan de relance chinois de 2008, on ne sait jamais ce qui est nouveau et ce qui était déjà engagé. Mais l’énormité du montant donne une idée du coup de fouet que la Chine entend donner à sa transition économique. Et les sept secteurs identifiés indiquent bien les nouvelles priorités des planificateurs chinois.

Voitures électriques

Sans surprise, on retrouve les énergies nouvelles, les biotechnologies, les voitures à propulsion alternative, les technologies de l’information de nouvelle génération, les produits manufacturés haut de gamme, les matériaux de pointe et les technologies vertes.

C’est ainsi que Pékin veut clairement s’imposer dans les voitures électriques ou hybrides. Cet été, le gouvernement a lancé un programme pilote de subvention de ces véhicules dans cinq grandes villes. Côté énergie, alors que le charbon assure encore plus de 70% de l’électricité en Chine, l’effort porte sur le développement de l’énergie hydroélectrique, éolienne, solaire et nucléaire et de nouveaux objectifs à atteindre d’ici à 2020 pour ces énergies alternatives devraient être annoncés prochainement.

Atteindre 8% du PIB en 2015

Autre exemple, côté biotechnologies, les premières souches d’OGM -maïs et riz – ont reçu l’approbation officielle l’an dernier. La production commerciale pourrait débuter dans les deux ou trois ans. Enfin, la Chine a annoncé avoir mis au point l’ordinateur le plus rapide au monde, le Tianhe-1, confirmant symboliquement ses ambitions dans le domaine.

Ces sept secteurs contribuent pour l’heure à 2% du PIB chinois; Pékin voudrait que cette part monte à 8% du PIB en 2015 et 15% en 2020. Loin de financer le gros de ces investissements, le gouvernement central entend y faire participer les entreprises, les gouvernements locaux et les banques.

Ces objectifs devraient être discutés ce mois-ci, lors de la réunion économique annuelle à l’occasion de laquelle les dirigeants chinois affinent la planification pour l’année suivante. Le douzième plan quinquennal (2011-2015) sera adopté au printemps prochain. Reste à savoir quelle place sera faite aux étrangers dans ces domaines où les entreprises d’État sont puissantes et «l’innovation indigène» fortement souhaitée.

LeFigaro.fr