À lire les résumés ou à regarder les trailers, The Fighter s’annonce comme un film de boxe traditionnel. En existe-t-il d’autres? L’underdog qui sort des quartiers modeste d’une ville lambda aux USA et qui gravie les échelons à force de conviction et de courage, on connait… Rocky, Raging Bull, Cinderella Man…

Mais The Fighter est un film qui va bien au delà. Certe l’histoire de Micky Ward, le personage principale, est une belle histoire d’underdog qui atteint des sommets, et c’est une histoire vraie qui est conviée avec un réalisme et un respect historique saisissant. Toutefois l’intérêt du film est ailleurs.

Tout d’abord ce film nous donne un aperçu brut de décoffrage de l’amérique blanche, issue de l’immigration irlandaise, où l’on habite à 10 dans une maison et où reigne malgré toutes les difficultées tel la pauvreté et le crack un respect casi total pour la famille…
Ce film nous offre également une dynamique relationnelle fine et crédible entre les personnages multi-niveaux. Nous sommes loin des clichés du manager qui exploite son boxeur (dans ce cas, le manager est la mère…), loin du cliché du frère unidimensionnel accro au crack ou de la copine encourageante. Non, nous sommes ici dans quelque chose qui respire le vrai, le vécu.

Un champion un peu paumé, qui suit sans réfléchir les directions de sa famille. Une mère étouffante qui ne pense qu’au fric à court terme, qui souffre terriblement de l’addiction au crack d’un de ces fils et qui décide inconsciemment d’en nier l’existence (malgré le fait qu’elle doivent aller chercher son fils à la crack house régulièrement). Ce même fils (Christian Bale), frêre et entraîneur du champion, qui 20 ans avant était un grand boxeur parmis les grands, passe maintenant son temps entre la crack house, la salle de gym et la taule. La copine du champion elle, est un des rares personnages à garder la tête sur les épaules et qui tire son mec vers le haut malgré le bordel ambiant…
Bref, ce ne sont pas les combats, les scenes d’entrainement et les belles victoires qui font ce film, c’est le pannel de personnages haut en couleur et les jeux d’acteurs hallucinants.

Une rapide note à propos de Christian Bâle: il nous livre ici ce que je pense être sa plus belle performance d’acteur à ce jour. Ce n’est pas rien. Il est au niveau des Brando, Pacino, De Niro ou Nicholson. Il crève tellement l’écran qu’il déborde sur la place de Mark Walbherg, acteur médiocre mais qui à sa place dans ce type de rôle de gars du ghetto (d’où il vient en vrai). Mais ce débordement se fait naturellement vu le personnage haut en couleur. Bref, superbe performance de Bale qui me fait penser « Oscar »…

Et finalement, à noter que le directeur est également celui d’une petite perle des années 90: 3 kings. Pour ceux à qui ça ne dit rien: guerre en Irak, Clooney, Warlbherg, Ice Cube… Ca vous revient?

Pour finir, ci-dessous les bandes annonces. La première est très Hollywoodienne et me dérange un peu car justement elle présente le film comme un film de boxe très classique (je crois déjà l’avoir postée). La deuxième elle est beaucoup plus cinéma « indie », et elle est bien plus dans le ton du film.

Le trailer style « Hollywood »

Le trailer à la « Indie »