Suite à la grande popularité de l’article Civilization 5 – le rapport de partie (de la mort) et ce malgré le peu d’intérêt que présente au final ce jeu, je n’ai pu résister à l’envie de me remettre à Civ 4 en prenant moultes notes et captures d’écran afin de vous faire le récit circonstancié d’une partie de ce jeu qui représente pour moi l’ultime expérience Civilization.

Avant toute chose, permettez-moi de préciser qu’il s’agit bien de Civilization 4 accompagné de son extension Beyond the Sworddûment patché et augmenté du fameux mod Rise of Mankind: A New Dawn (que j’écrirai désormais ROM), lui-même patché (à ce jour Patch C, mais les mises à jour sont régulières). Ces précisions effectuées, entrons maintenant dans le vif du sujet.

Préhistoire

Non je n’ai pas installé le mod Caveman to Cosmos pour ROM permettant de bâtir votre civilisation depuis les âges préhistoriques. Dans cette introduction j’entends plutôt vous parler des divers paramètres choisis et options activées pour cette partie. Il faut savoir que les options de ROM sont nombreuses et qu’on peut s’y perdre au début. J’ai pas mal tâtonné avant de trouver un panel d’options réalistes et équilibrées, en mettant de côté celles qui semblaient intéressantes mais se révélaient difficiles ou bien gênantes à jouer. Pour vous épargner les tests et essais qui m’ont pris plusieurs parties, je vous fait part de mes choix. C’est du Tranxenne approved mais n’hésitez quand même pas à essayer vos propres combinaisons !

* En ce qui concerne la carte c’est à vous de voir. Pour ma part j’ai choisi une carte géante de type PerfectWorld avec départ de toutes les civs dans le « vieux monde », histoire de garder le plaisir de la découverte de nouvelles terres inexplorées et surtout inexploitées pendant la Renaissance. Je recommande toutefois la vitesse de jeu Marathon qui laisse le temps d’apprécier pleinement chaque époque de jeu.

* Pour les options de victoire j’ai décoché le mode Mastery Victory car après plusieurs tentatives j’ai réalisé qu’en plus d’être quasi-impossible à réaliser (il faut remplir toutes les conditions de victoire pour gagner) il désactivait par essence tous les autres modes de victoire.

* Plus important, voilà les options de jeu proprement dites telles que je les ai choisies (notez bien) : City Flipping After Conquest, Start as Minor Civs, Multiple Production, Multiple Research, Fixed Cultural Borders, Surround & Destroy, Advanced Diplomacy, Barbarian Generals, Assimilation, Great Commanders, Advanced Economy, Realistic Culture Spread, Larger Cities, Realistic Corporations, Religion Decay, United Nations, Advanced Espionage, Expanded Castles, Arctic and City Parks, Meteorology, Civic Buildings, Early Buildings, Historical Wonders, Guilds, Modern Corporations et Advanced Nukes.

* Les options ingame (dans le DEBUG MOD une fois la partie lancée) sont quant à elles – outre celles déjà cochées :

Dans l’onglet RevDCM : Opportunity Fire, Archer Bombard, les Air Force Options, les Spy Options, les (la) Inquisition Options.

Dans l’onglet A New Dawn : toutes les cases de Game Settings (colonne de droite) jusqu’à Realistic Diplomacy (inclus). C’était d’ailleurs la première fois que j’essayais l’option Depleting Resources, et elle est un peu décevante, vous pouvez la décocher si vous le voulez en attendant qu’elle soit améliorée.

Enfin, concernant ma civilisation, je joue en aléatoire et en mode de difficulté Empereur, avec 21 adversaires également choisis aléatoirement.

Je lance la partie ainsi configurée. L’Aventure peut commencer.

Père Castor, Raconte-nous une histoire

Le chargement se termine et je découvre la civilisation que je vais devoir porter au faîte de l’humanité. Ce sont les Égyptiens. Le leader sélectionné est Nefertiti mais, actualité oblige – je commence cette partie le 11 février 2011 – je renomme prestement mon personnage Hosni Moubarak. Les deux traits de caractère d’Hosni sont Agriculteur et Industriel, ce qui me procure des avantages conséquents en terme de construction de Merveilles et de certains bâtiments, ainsi qu’en récolte de nourriture (pour les habitués de Beyond the Sword : relisez bien les bonus procurés par les traits de caractères car beaucoup ont changé et d’autres ont été ajoutés. C’est aussi vrai pour les bâtiments et les progrès, et même tout le reste, d’ailleurs). L’unité unique des Égyptiens est le chariot de guerre et le bâtiment unique l’obélisque.

Mon groupe de nomades Égyptiens décide, sans doute inspiré par un village tribal aperçu plus tôt, de se sédentariser dans un endroit propice au développement : en bordure d’un fleuve, près d’une forêt dense et riche en gibier. Les débuts s’avèrent difficiles. En fait le gibier, c’est nous ! Les bêtes sont plus sauvages qu’il n’y paraît et je manque perdre ma première unité de guerrier sous les dents d’un ours brun. J’explore encore un peu la carte avec mes deux unités de guerriers avant de les rapatrier vers Thèbes, ma capitale et toute première ville fraîchement fondée, afin d’en protéger les habitants. J’ai découvert de nouveaux voisins, un peu trop proches à mon goût : Les Celtes et les Chinois au nord, les Français au sud.

J’espère pouvoir m’étendre assez rapidement pour les empêcher de m’étouffer. Pour le moment cela dit j’ai plus important à faire car une de mes unités de guerrier se fait piéger entre deux unités hostiles et périt corps et biens (leurs biens se limitaient à une massue et un pagne, mais quand même). C’est une unité d’archers Chinois qui les ont criblés de flèches.

L’option Start As Minor Civs interdisant les relations diplomatiques avant la découverte de l’écriture, toutes les civilisations sont de facto en état de guerre tout le début de la partie. C’est une très bonne option, croyez-moi. Même si ça a l’air un peu hardcore comme ça, ça ajoute beaucoup au réalisme et ça permet de créer très vite des tensions et des rancunes qui dureront toute la partie.

La perte de mon guerrier m’aura appris une chose (outre le fait que les Chinois sont des bâtards qu’il me faudra annihiler), c’est que des troupes d’archers descendent vers Thèbes et que je ne suis pas vraiment prêt à les recevoir. Je peux upgrader mon unique unité de guerrier en javelinier, ce que je m’empresse de faire, et me lance dans la recherche du tir à l’arc. S’ensuit un épisode très éprouvant de jeu de chat et souris entre les archers chinois, mon unité de javelinier et mon groupe de travailleurs qui s’efforcent d’améliorer le terrain attenant malgré la menace toute proche. À ce niveau de difficulté il est essentiel d’utiliser le peu d’unités que vous avez à votre disposition au meilleur de leur possibilité et donc de les placer à bon escient histoire de ne pas perdre de temps, d’aménagement, d’unité ou de ville. Tandis que les Chinois arrivent par le nord mes travailleurs bossent donc au sud et les javeliniers fortifient leur position en ville. Lorsque j’aurai plus d’aménagements je ne devrai pas hésiter à sortir mes troupes de la ville pour protéger fermes, mines et autres cottages des pillards, si tant est que la ville ne soit pas bien sûr directement menacée.

Je finis par déloger les Chinois de la forêt où ils étaient retranchés et d’où ils canardaient ma ville. Je continue à faire des troupes, je ne fais que ça d’ailleurs car bientôt ce sont des Espagnols qui viennent empiéter sur mon territoire et pillent une mine et deux fermes qu’il m’est impossible de défendre à l’heure actuelle. Je parviens finalement à les virer et ce n’est qu’en 3321 BC que je réussis enfin à monter une unité de colon pour m’étendre avec une deuxième ville, dans un lieu convoité depuis longtemps.

Pas moins de deux unités d’archers escortent ces colons, et mes travailleurs ne vont pas tarder à construire une route pour relier mes deux villes. Memphis aussitôt fondée se fait assaillir par un groupe de lanciers carthagéniens squattant les environs d’une source d’un métal convoité : l’argent.

Là encore la pugnacité de mes troupes me permettra de déloger les intrus qui font retraite vers le sud en contournant Thèbes, d’où je sors quelques unités d’archers pour canarder les Carthagéniens au passage.

Plusieurs civilisations ont découvert l’écriture, les relations diplomatiques vont pouvoir commencer. Je fais la paix avec les Celtes et les Chinois et profite de cette sécurité relative au nord pour détacher quelques troupes vers les territoires carthagéniens, histoire de voir s’il n’y aurait pas moyen de prendre une ville ou deux. En me rendant dans le sud je découvre que Paris a été capturée par Carthage. La ville est trop bien défendue pour que je la prenne mais je pille tous les aménagements qu’il y a autour, ça fait toujours un peu de tunes et ça amuse les troupes. Les Français sont donc hors-jeu, c’est toujours une bonne nouvelle. Je fonde bientôt Heliopolis non loin à l’ouest de Memphis, près d’une source de cuivre qui me permettra une fois aménagée d’entraîner de redoutables guerriers équipés de haches.

Malheureusement cette ville sera vite rasée par une troupe de Barbares errants, trop vite pour que des renforts ne viennent épauler une garnison trop réduite.

Je commence cependant à connaître du monde car j’ai des contacts avec pas moins de 11 civilisations, et parmi elles seul Charlemagne refuse de conclure une trêve. Cela dit le Saint Empire est loin et aucune altercation entre nos troupes n’a jusqu’ici eu lieu, ce qui me permet de souffler un peu et d’essayer de développer mes villes, et surtout d’étendre mon territoire car je ne risque pas d’aller loin avec deux villes. Je fonde Alexandrie au sud de Thèbes, en plein dans une zone peuplée d’éléphants et non loin d’une ressource en café. L’ivoire enrichira ma populace et les éléphants eux-mêmes, une fois domestiqués, feront de redoutables montures.

Plusieurs religions sont apparues de par le monde (hellénisme, kémitisme, zoroastrisme…) mais aucune n’a encore atteint les frontières de l’Égypte. En quête de spiritualité, les Égyptiens se cherchent des valeurs, des codes et une règle de vie spécifiques à leur culture dont ils devinent la supériorité et l’avenir glorieux (menés qu’ils sont par un leader en tous points admirable – je veux bien entendu parler de moi-même). La ville d’Alexandrie fonde bientôt une nouvelle religion adaptée au caractère et aux aspirations du peuple égyptien : le confucianisme. Cette confession va se répandre rapidement à toutes les villes du royaume – nous sommes passés du despotisme à la monarchie aux alentours de 600 BC. La population ne va malheureusement pas pouvoir bien longtemps méditer sur l’enseignement confucéen, car bientôt c’est l’appel aux armes : les Carthagéniens ont colonisé des territoires à proximité de Thèbes, coupant la voie entre notre capitale et les accès à l’océan s’étendant à l’Est, ce que pour des raisons autant stratégiques qu’économiques l’on ne saurait tolérer. Leurs villes sont foutrement laides, en plus.

Mon armée formée d’éléphants de guerre et d’épéistes tous neufs (une source de fer a été découverte il y a peu) se regroupe aux abords de Thèbes en attendant l’assaut, tandis qu’un groupe de travailleurs défriche la forêt en direction des villes carthagéniennes pour faciliter le déplacement des troupes.

Je rase rapidement la première ville au nord-est de Thèbes puis descend mes troupes vers la seconde ville au sud-est, Kerkouane, qu’on aura un peu plus de mal à prendre car elle est mieux défendue. Je fonde Pi-Ramesses près des ruines encore fumante de la ville carthagénienne au nord-est et Éléphantine à l’endroit même où se trouvait Heliopolis.

Les Carthagéniens arrivent à convaincre les Grecs, leurs voisins, de me déclarer la guerre, mais je garnis Kerkouane de troupes défensives (archers principalement) qui tiendront l’armée grecque à distance pendant un bon moment, jusqu’à ce que chacun, voyant la situation stagner, consente à signer la paix.

Les Chinois m’ont également déclaré la guerre quelque temps auparavant, voyant mes frontières nord dégarnies et espérant profiter des combats qui faisaient encore rage au sud. Je laisse une bonne garnison d’archers à Kerkouane et remonte mes éléphants et épéistes au nord pour exploser les Chinois. Je prends assez rapidement Beijing et Xian et rase deux autres villes, ce qui me rapproche pas mal du territoire Celte, Boudica surveillant la situation et l’approche de mes troupes d’un oeil désapprobateur. Mais ce sont les Portugais, qui ne s’étaient pas beaucoup manifesté jusqu’ici et qui occupent un territoire au sud-ouest de chez moi (mes troupes sont donc à l’opposé) qui me déclarent finalement la guerre. Je n’aurais donc jamais la paix ! Je conclus une trêve avec Kangxi, le leader des Chinois à qui il ne reste de toute façon qu’une ville un peu minable, et redirige mes troupe vers le sud pour apprendre les bonnes manières au Portugais.

Nous arrivons en vue de Faro, la plus proche ville portugaise. Là mes troupes font un peu la gueule. Y a des murailles sacrément hautes autour de Faro. Il apparaît que Joao est déjà entré dans l’âge médiéval. Moi pas. On a bien quelques catapultes mais c’est les touts débuts. Qu’à cela ne tienne ! Cela prendra un peu plus de temps mais la ville tombera car je possède la supériorité numérique et la configuration du terrain m’avantage. Faro étant bâtie à proximité d’un isthme je peux empêcher l’arrivée de renforts par le positionnement judicieux de mes troupes. Je prends donc Faro après un long siège, ainsi que Braga, ville plus au sud, toujours de mon côté de l’isthme et moins bien défendue que Faro. Les Portugais et moi convenons d’une trêve qui je l’espère durera. Je rebâtis les murailles de Faro et prends position avec mes troupes pour dissuader Joao de toute velléité de reconquête. Me voilà en paix avec tout le monde, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment.

J’engage des réformes pour améliorer l’efficacité du gouvernement. Je passe en république sénatoriale avec religion d’état, un système de castes pour maintenir la population dans sa condition pour le moins misérable, un système économique basé sur la frappe de monnaie, une armée de conscription et un système d’assistance sociale basé sur la collectivité confucéenne.

Armés de ces nouvelles institutions, nous entrons courageusement dans le Moyen-âge.

Hosni Soit Qui Mal Y Pense

Sans doute ébloui par la qualité des institutions égyptiennes, les Anglais m’offrent de devenir mes vassaux. Je refuse car ils sont en guerre contre les Perses (tout ce petit monde se trouve au Nord du territoire celte) qui sont bien plus puissants que moi et que je ne veux pas avoir à me frotter à eux… pour l’instant.

Thèbes me découvre la Route de le Soie, un projet sur lequel elle travaillait depuis un moment et qui améliore grandement mes rentrées commerciales, m’enrichissant d’autant.

Soudainement, alors que je ne m’y attendais pas du tout, une armée espagnole surgit d’on ne sait où (je ne sais toujours pas où vivent ces types-là) et me déclare la guerre avant de franchir mes frontières et de marcher sur Braga. Heureusement j’ai des troupes qui stationnaient non loin de là et qui se dépêchent d’arriver en renfort.

Pendant que je repousse cette vile attaque, les Celtes encore plus vils me déclarent la guerre. Au nord, donc, évidemment à l’opposé de là où sont la plupart de mes troupes repoussant l’assaut espagnol. Sentant la situation délicate, je dégarnis à contre-coeur les murailles de Faro pour aller repousser les Celtes au Nord. Bien mal m’en prends (en même temps j’avais pas trop le choix) car Joao voyant la ville mal défendue lance son armée dans sa reconquête. Faro tombe, fatalement, et Joao y pose des murailles encore plus hautes que la dernière fois. L’armée d’Espagnols anéantie, me voilà aux prises avec les Portugais au sud-ouest et les Celtes au Nord. Le Moyen-âge est toujours une période où ça castagne, c’est comme ça.

Mes troupes en déplacement découvrent le territoire espagnol à l’ouest et je prends promptement les villes de Barcelone et de Madrid, mal défendues. J’imagine que l’armée décimée à Braga constituait l’essentiel de leurs troupes et qu’ils espéraient que je ne trouve pas leurs villes. C’est loupé ! La civilisation espagnole est anéantie.

Je reprends bientôt Faro aux Portugais, avec beaucoup de pertes, et rase une ville Celte au nord alors qu’eux-même ont pris et rasé Xian.  Je conclus la paix avec Joao et Boudica avant d’engager de nouvelles réformes instituant vassalité et culte divin, ce qui améliore grandement mes capacités militaires. C’est d’ailleurs une bonne idée car les Carthagéniens encore une fois alliés aux Grecs décident de reprendre Kerkouane et me déclarent la guerre. J’ai tout juste le temps de ramener un bon paquet de troupes défendre la ville avant que leurs armées ne montrent le bout de leurs lances.

Quand même une bonne nouvelle : on découvre un trésor dans les ruines aux abords de Pi-Ramesses (ce sont les ruines d’une ville carthagénienne). Des moines confucéens s’empressent de ramener le trésor dans la capitale.

Je repousse les Carthagéniens et leurs alliés des abords de Kerkouane quand Joao me déclare à nouveau la guerre. Il est bien décidé à reprendre Faro le bougre ! Mes troupes passent leur temps à circuler en long et en large du pays pour repousser les armées qui tour à tour l’agressent, sans jamais pouvoir pousser plus loin que la prise d’une ou deux villes ennemies. Ce coup-ci je décide d’en finir avec Joao une bonne fois pour toute. Je laisse une bonne masse d’archers à Kerkouane ainsi que dans mes villes au nord, près de la frontière avec les Celtes, et ramène ma force d’attaque en direction de l’isthme de Faro qui constitue l’entrée vers le territoire portugais.

Sérieusement remontés contre les Portugais, soutenus par des trébuchets pour faire tomber leurs légendaires forteresses, nous entrons sur les terres de Joao, dit le fourbe, en tout cas chez nous c’est comme ça qu’on l’appelle. Évora tombe, puis Oporto, et nous arrivons aux portes de Lisboa. Je jubile lorsque les murs s’écroulent sous les rochers largués par mes trébuchets et autres onagres.

L’assaut est enfin donné. La bataille fait rage mais Lisboa tombe. Mes troupes remontent ensuite vers Guimaraes, mais celle-ci est dotée d’une citadelle qui lui octroie un bonus de 250% en défense. Je dispose donc mes troupes pour un très long siège. J’en profite pour ramener des renforts en troupes nouvellement équipées, des épéistes lourds vêtus de côtes de mailles et porteurs de terrifiants estramaçons (c’est des épées).

Quand Guimaraes tombe, je pense en avoir terminé avec la menace portugaise. Il leur reste deux villes, deux colonies perdues au-delà du territoire celte, lesquels Celtes me refusent le droit de passage. Je propose donc un traité de paix à Joao qui s’empresse d’accepter. Je ne pense pas à en faire mon vassal et c’est une erreur que je regretterai à maintes reprises car les populations des villes portugaises vont régulièrement se révolter contre l’occupation. Je serai longtemps contraint de laisser un nombre conséquent de troupes dans le territoire lusitanien pour mater les rebelles et éviter que les villes ne repassent sous le contrôle de Joao, lequel j’en suis sûr se délecte de ces émeutes. J’y perdrai également quelques unités et beaucoup d’aménagements à reconstruire, notamment des vignes dont c’est la seule source que je possède. Mais plus tard ! Car nous arrivons bientôt à la Renaissance !

Hosni Herzégovine

La découverte de l’astronomie et l’échange de cartes me révèle que le monde est bien plus vaste que ce que l’on croyait. Mais jugez plutôt :

En 1438 je lance une caravelle à l’assaut de l’inconnu. J’ai d’ailleurs profité des connaissances maritimes des Portugais pour bâtir un navire d’exception. Une unité d’explorateurs à bord, j’espère bien qu’on me ramène richesses, connaissances nouvelles… et filles exotiques.

Les villes portugaises continuent cependant à se révolter sans cesse et perturbent la bonne marche, notamment économique, de mon empire. J’hésite à passer en fondamentalisme pour déclencher l’Inquisition et éradiquer les croyances étrangères de ces villes afin de diminuer la contestation. Mais le remède serait pire que le mal et toutes mes villes en pâtiraient. Je stationne donc plus de troupes dans les villes rebelles et y construit des bâtiments culturels, espérant détourner ainsi leurs habitants de la contestation et leur faire oublier leurs origines ibériques.

En 1498, drame ! Mon explorateur dans les terres inconnues se fait zigouiller  par des cavaliers en maraude. Il n’aura pas découvert grand-chose mais une chose est sûre : ces indigènes sont de vrais sauvages, faudra pas hésiter à les civiliser au forceps.

Autrement la vie suit son cours dans l’Empire, un volcan entre en éruption près d’Alexandrie et détruit quelques aménagements, par exemple.

Pas échaudé par les déboires de mon explorateur, j’arme un galion et y fait monter des troupes d’arquebusiers toutes neuves pour m’installer dans le Nouveau Monde. J’ai en effet remarqué que d’autres, Celtes et Perses notamment, y étaient déjà installés, et je ne voudrais pas être en reste. Plutôt que de fonder une ville avec un colon j’ai l’intention de prendre par la force quelques villes Barbares, c’est pas ça qui manque et elles sont pas trop mal développées (mais défendues par des unités obsolètes). Ça s’agite pas mal sur l’océan, il y a de plus en plus de navires de tous pavillons, il va falloir que je pense à me bâtir une flotte digne de ce nom.

Je prends Nidaros, ville Barbare d’une ethnie inconnue appelée les Vikings. Confiantes dans leur supériorité technologique, mes troupes avancent ensuite vers l’inconnu dans l’espoir de prendre quelques autres villes.

Ces fiers soldats seront malheureusement harcelés par les troupes Barbares cachées dans les forêts et arriveront en effectifs réduits devant les villes convoitées, ne leur laissant d’autre choix que d’en remettre la conquête à plus tard. Pour compenser je leur fais piller tous les aménagements, enclos, moulins, etc… autour des villes, mais les troupes Barbares arrivent bientôt en masse pour repousser mes mousquetaires qui tombent un par un. J’essaye de retirer les survivants jusqu’à Nidaros mais il est trop tard, les Barbares rattrapent les pauvres soldats et les équarissent (ou toute autre coutume peu ragoûtante appréciée de ces peuples primitifs). Ils remontent d’ailleurs bientôt sur Nidaros et la font tomber ! Ils la rasent, même ! C’est la fin de mon aventure dans le Nouveau Monde, du moins pour un moment. Ce continent grouille trop de sauvages, c’est impossible d’avoir une vie décente ici (j’ai compté vingt villes Barbares sur le continent, il doit y en avoir d’autres).

En 1693 la peste noire frappe Lisboa et trois autres villes portugaises. J’arrive à circonscrire le mal au territoire anciennement portugais, le pire est évité ! La population de ces villes décroît fortement, ça pourrait bien calmer l’ardeur des rebelles tiens, ce serait pas du luxe, ils commencent à me courir sur le système.

Alexandrie bâtit le Kong Miao, un lieu sacré du confucianisme qui me confère des revenus confortables malgré le fait que notre religion nationale ne se soit pas vraiment répandue de par le monde. Nous autres Égyptiens sommes les seuls à en avoir fait notre religion d’état. Parmi les autres chefs d’états, bouddhisme et christianisme semblent les plus prisés.

En 1754 la peste frappe encore, cette fois à Thèbes, la capitale, et à Kerkouane ! Je possède cette fois encore les fonds suffisants pour empêcher l’épidémie de se répandre, ce qui est un soulagement.

Des pirates font régner la terreur sur la côte ouest et je décide d’armer une flotte convenable pour remédier à cela. En attendant je renforce les défenses des villes concernées en y plaçant des troupes et je protège les ressources importantes présentes dans ces régions.

La science se fait de plus en plus sophistiquée et je peux bientôt transformer mes arquebusiers en mousquetaires et construire des canons. Je reçois aussi quelques grands personnages, un ingénieur illustre, un artiste illustre, que j’intègre à mes villes. Je n’en avais pas eu jusque-là car mon choix d’institutions réduisait fortement les chances d’apparition de telles unités. Mais les villes grandissent, de plus en plus de spécialistes y travaillent, ce qui augmente in fine le pourcentage d’apparition des grands personnages. Je reçois également un trésor à nouveau découvert dans les ruines près de Pi-Ramesses.

En 1791 les Grecs, je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête, me déclarent la guerre. Les Carthagéniens leur apportent immédiatement leur soutien. Je descends canons et mousquetaires et commence l’invasion du territoire grec. Ça se déroule bien. Très bien même. Les Grecs font la gueule et après que j’ai capturé quatre de leurs villes ils réalisent qu’ils ne peuvent pas m’affronter et déposent les armes. C’est une capitulation, les Grecs deviennent mes vassaux. Les Carthagéniens ne tarderont pas non plus à faire allégeance. Me voilà complètement débarrassé de mes rivaux au sud, du moins sur mon continent. Sur l’île au large de Braga les Hittites, Assyriens et Maliens font bonne entente, unis sous la bannière de l’hindouisme. Il faudra que je m’occupe de ceux-là plus tard.

Pour le moment l’heure est à la liesse car nous sommes en 1810 et pour la première fois de l’Histoire je suis premier au classement. J’ai en effet grâce à cette campagne contre les Carthago-Grecs pu rattraper le score de Darius le Perse, lequel reste technologiquement et militairement bien plus avancé que moi. Mais je suis confiant. Tellement confiant que je décide qu’il est temps de lui déclarer la guerre. Une fois Darius affaibli, plus rien ni personne ne devrait pouvoir m’empêcher de remporter la partie. Je profite d’avoir des fonds pour upgrader mes troupes en fusiliers et canons Gribeauval et place mon armée pour un assaut coordonné. J’ai aussi obtenu de Boudica le droit de passage pour mes troupes en l’échange d’un progrès quelconque. Sans cet accord je ne peux en effet pas atteindre le territoire perse, sauf par la mer.

La guerre commence. La bataille fait rage aussi bien sur terre que sur mer. La force maritime de Darius est imposante et ma flotte est défaite. Les quelques bateaux restant sont obligés de se mettre à l’abri au port de Beijing tandis que les navires de Darius commencent à foutre le bordel sur ma côte en pillant les aménagements maritimes et en pilonnant les défenses de mes villes côtières. Heureusement que sur terre, c’est l’inverse, je prends trois villes à Darius puis remonte vers son territoire principal en traversant le désert.

En constatant la débâcle, plusieurs villes perses vont se révolter et faire sécession en prenant le nom de Sumériens, ce qui affaiblit encore plus Darius. Je lui prends encore quelques villes et le force à capituler. Me voilà avec un vassal de plus, et celui-ci est de taille ! Je lui rends les deux villes les plus proches de sa capitale pour lui permettre de se relever et m’apprête à ramener mes troupes au bercail quand je réalise que Boudica a annulé notre accord de libre passage. Je passe donc la voir très amicalement et lui demande de renouveler cet accord, ce qu’elle refuse. Je lui demande son prix et ce n’est pas moins de trois progrès parmi les plus récents qu’elle veut me voir lui remettre en échange d’un droit de passage. Outré par ces manières de bandit, je déclare la guerre à Boudica. Mes troupes sont à peine essoufflées par la campagne perse donc ça va, par contre et  je m’y attendais : Boudica attaque les villes au nord de mon empire (au sud de chez elle donc), puisque mes troupes sont au nord de chez elle, dans l’incapacité de défendre mon propre territoire. Me voilà contraint de retirer les fortes garnisons du territoire anciennement portugais afin de défendre mes frontières des assauts celtes. Bien évidemment les Portugais en profitent (aidés je crois par des espions de Joao qui fourbit sa revanche dans son exil) et se révoltent pour la Nième fois. Mes conseillers me proposent les options habituelles : refuser les termes des rebelles et mater la rébellion, corrompre les rebelles et prendre le risque de voir d’autres minorités (Chinois, Espagnols, Grecs…) se soulever en espérant eux aussi toucher de la tune, accepter les termes de la rébellion et voir passer les villes révoltées sous le contrôle portugais, ou bien déclarer la guerre à Joao. La situation étant ce qu’elle est, mes troupes étant sur le terrain en territoire celte donc non loin des deux villes portugaises restantes, j’indique très courtoisement à Joao qu’il va y passer, sale raclure.

Les opposants sont une nouvelle fois matés, les Celtes déposent les armes et la civilisation portugaise est éradiquée (ce qui me laisse espérer que les révoltes en Lusitanie sont belles et bien terminées). Me voilà maître incontesté du continent qu’on peut bien appeler continent égyptien. Oh il y a bien le Siam et les Hollandais qui sont encore présents mais ils ne sont pas vraiment une menace, mes seuls vassaux pourraient en venir à bout avec leurs forces combinées.

Non je suis plus préoccupé par le groupe Hittite/Assyriens/Maliens qui sur leur île entretiennent des relation étroites et un peu trop amicales à mon goût. S’ils s’alliaient contre moi cela pourrait être… dommageable. D’autant que mes relations avec le plus puissant d’entre eux, le Hittite Suppiluliumas (dont le nom est trop long pour que je l’écrive deux fois, dorénavant ce sera Suppi), ne sont pas au plus beau fixe. Il est temps d’aller semer un peu la pagaille dans ce coin-là. J’avais commencé, dès que la campagne perse avait tourné à mon avantage, à diriger mes efforts d’espionnage vers les Hittites, ainsi qu’à placer quelques navires de guerre dans la mer nous séparant.

Maintenant il faudrait voir sous quel angle attaquer. Je remarque que certaines villes Hittites appartenaient en fait autrefois à des civilisations écrasées par la botte fasciste de Suppi (pas comme les Portugais qu’on a libéré, par exemple). Ces minorités sont Russes et Khmers. Serait-il venu le temps de l’espionnage et des coups de pute en tous genres ? Comme pour répondre à cette question, on m’annonce qu’un assassin Indien (une pauvre civilisation perdue au milieu des Barbares) a été capturé dans l’une de mes villes. Plusieurs options s’offrent à moi et je décide d’acheter l’homme, ce qui me permet d’obtenir un bonus d’espionnage contre les Indiens et une unité d’espion illustre.

Je ferme les yeux sur cette attaque sous le manteau car je suis dépendant des Indiens pour mon approvisionnement en blé, sel, pommes et citrons. Toutes ces ressources font défaut à mon territoire et apportent à mes villes un bonus de santé bienvenu, voire indispensable.  Asoka, le leader Indien, conscient de mes besoins, en demande d’ailleurs un prix exorbitant. Une fois seulement, à court de monnaie, j’exigerai ces denrées en tribut. Asoka s’exécutera à contre-coeur mais je ne renouvellerai pas la tentative, car je ne veux pas d’une guerre contre les Indiens. Pas qu’ils soient très puissants, au contraire,  mais je n’ai rien à faire de deux villes peu développées et situées sur le continent Barbare, trop loin de chez moi pour assurer ensuite leur stabilité. En fait le peuple Indien lui-même est issu de Barbares ayant réussi on ne sait comment à se hisser au rang de civilisation.

Pendant ce temps des agents à moi débarquent sur l’île Hittite et commencent à tâter le terrain. Braga, le port le plus proche des côtes Hittites, va devenir une pépinière d’espions attendant d’embarquer pour leur mission. Ironiquement c’est cette même ville qui me bâtit bientôt la Statue de la Liberté. C’est SIL qui va être content.

Les corporations commencent à faire leur apparition (on est au début du 20ème siècle). Je me rends compte d’ailleurs que j’ai pas du tout parlé des guildes médiévales, mais j’ai pas grand-chose à en dire vu qu’elles s’installent et se développent à peu près toutes seules, c’est d’ailleurs assez marrant de voir au début de chaque tour les messages indiquant que telle guilde s’est installée dans telle ville, lui conférant tel bonus, ou que telle autre guilde a racheté ou fait fermer une concurrente autre part. Quand une guilde apparaît dans une ville cela débloque un ou deux bâtiments spécifiques à chaque guilde et assez intéressant au niveau des bonus en or, production, nourriture, culture, science ou autre selon le type de guilde. Les corporations fonctionnent pareil mais je regrette un peu le système des corporations à la Beyond the Sword où l’on s’occupait de tout depuis la fondation de sa corporation jusqu’à son expansion, en passant par l’acquisition de ressources. Ici tout se fait tout seul et les changements fréquents et quasi aléatoires ne poussent pas à sécuriser les ressources correspondantes ni à s’attarder trop sur le monde des guildes et des corporations. À moins que quelque chose ne m’ait échappé et qu’on puisse diriger soi-même leur expansion…

Je construis bientôt la Tour Eiffel dans une vieille ville pourrie anciennement perse, au milieu du désert.

Il est temps de faire quelques réformes. Ça fait longtemps qu’on n’a pas réformé, n’est-ce pas ? Les anciennes institutions ne conviennent plus à un empire qui n’essaye plus de s’étendre mais plutôt de dominer économiquement, culturellement et scientifiquement. Nous restons en république mais c’est un système bureaucratique qui se met en place. Le système de castes est renversé pour faire place à une émancipation libérale. L’économie de marché est adoptée et l’assistance sociale devient privée (alors qu’elle était fournie par l’église confucéenne). Par contre nous gardons une hiérarchie militaire reposant sur l’allégeance et une religion d’état. Le monde moderne s’ouvre à nous.

Mini M’Hosni

Ça commence mal : toutes mes ressources en argent s’épuisent d’un seul coup. Je suis maintenant obligé d’en importer alors que j’étais gros exportateur. Ça fout un coup à l’économie, c’est moi qui vous le dit. Pire encore, il y a de plus en plus de pollution dans mes villes, et les citoyens de la République d’Égypte sont de plus en plus malades, ce qui entrave leur productivité. J’entame la construction d’hôpitaux, de réseaux d’égouts, de pharmacies, mais rien n’y fait ! Mes villes se développent trop vite et les bonus de santé apportés par ces améliorations sont vite compensés par la surpopulation. C’est une course sans fin, seule une stabilisation de la population par une réduction des récoltes pourrait me permettre d’avoir des villes saines, et je préfère que ma population se développe encore, même s’il faut qu’elle vive dans des endroits insalubres.

Une bonne nouvelle quand même, je découvre la fission nucléaire en 1926 et lance le Projet Manhattan dans la ville de Memphis. Un scientifique termine la rédaction de la Théorie de l’Évolution à Thèbes, m’octroyant un fort bonus en science, alors qu’Edward Gibbon termine son classement des nations les plus avancées au monde, classement au sommet duquel j’arrive. Les premiers avions font leur apparition. Je construis Hollywood à Lagos. J’entame le Barrage des 3 Gorges à Thèbes et des missiles nucléaires sont assemblés un peu partout. On dort mieux avec quelques ogives prêtes à décoller dans le jardin.

Plusieurs faits marquants, entre autres un pilote Égyptien réalise un tour de monde en avion, suscitant l’admiration du monde entier. Des fêtes à ma gloire ont lieu un peu partout dans mes villes. Un de mes vassaux (le Grec) me demande de l’assister dans la répression d’une minorité revendicative : les Romains. C’est avec plaisir que j’envoie mes troupes se dérouiller un peu. Pareil avec le Perse, ce sont ses habitants d’origine  anglaise qui lui donnent du fil à retordre.

Bientôt, les efforts de mes espions dans l’île du Sud payent. La minorité Russe, excitée par mes agents, se soulève et Rostov se coupe de la civilisation Hittite. J’entame aussitôt des relations des plus cordiales avec le leader des Russes, un certain Staline.

Il faut bien savoir qu’à ce moment là, le Hittite possède un score de 1500 (je suis pour ma part à 2300) et qu’il a Maliens et Assyriens pour vassaux. Les choses vont changer, comme vous allez le voir.

Suppi envoie comme de juste son armée reprendre Rostov. De mon côté et en grand secret j’offre mes cartes militaires à Staline (pour qu’il voit où sont les troupes de Suppi, mes espions ayant maintenant une bonne connaissance du territoire Hittite) ainsi que mes connaissances militaires pouvant lui permettre d’entraîner de l’infanterie moderne. Cela suffira je l’espère pour tenir Suppi à distance. En même temps, un autre de mes espions en poste à Hattusas, la capitale Hittite, entre en action. J’aurais pu lui faire déclencher une bombe sale, mais cela risquerait de faire tourner au vinaigre mes relations avec le reste du monde. Si on découvre la nationalité de l’espion je suis bon pour une guerre soutenue par la communauté internationale. Je décide pour commencer de provoquer du mécontentement et réveille dans la foulée un deuxième espion, lui aussi dans la capitale Hittite, pour préparer l’assassinat du gouverneur de la ville. Ça devrait foutre pas mal le bordel.

Mes espoirs sont largement dépassés quand, suite à l’assassinat du gouverneur, la capitale Hittite entre en révolte. Les troupes en route vers Rostov pour reprendre la ville aux Russes refluent vers la capitale. Le tour suivant c’est l’éclatement du pays : 4 villes déclarent leur autonomie et passent sous le contrôle de la minorité Khmer. Elles restent vassales de Suppi mais c’est quand même un sévère coup à l’unité Hittite.

Je m’attends d’un instant à l’autre à voir les Maliens et Assyriens se désolidariser du Hittite mais il n’en est rien. Mes agents continuent donc leur boulot en essayant de pousser la minorité Russe à faire comme les Khmers.

Suppi est bien entendu conscient qu’une main étrangère est derrière tout ça et fait alors de gros efforts de contre-espionnage en construisant des agences de renseignements, des commissariats, des prisons, et en envoyant ses propres agents recueillir des informations chez moi, mais j’ai pris trop d’avance sur lui à ce niveau-là et il ne peut me rattraper. Cela dit il arrive quand même – enfin je suppose que c’est lui – à faire se soulever les Perses à Bactra. Cette révolte je la materai facilement mais jusqu’à la fin de la partie les habitants de Bactra se soulèveront de temps à autres et je serai obligé de laisser pas mal de troupes dans ce coin-là.

Un premier sous-marin nucléaire bourré d’ogives tactiques sort de mes docks et je décide de retourner m’implanter sur le continent du Nouveau Monde, encore largement peuplé de Barbares même si quelques-uns de mes adversaires s’y sont également installés.

Ah et j’ai upgradé toutes mes troupes il y a peu : Marines, blindés, artillerie… Que du neuf qui brille ! Ma courbe de puissance est d’ailleurs éloquente.

Je conquiers rapidement six villes Barbares et m’installe enfin durablement sur ce continent. Chez le Hittite, mes agents s’attachent maintenant à saboter les aménagements stratégiques : puits de pétrole, mines de cuivre et d’aluminium, ce genre de choses. J’ai un premier porte-avions qui sort.

Je construis les Nation-Unies et je suis élu secrétaire général. Tous mes vassaux ont évidemment voté pour moi. Je propose bientôt une résolution pour une monnaie unique mondiale, qui est acceptée. Plus tard, après avoir consulté mes fiches, je propose une résolution instaurant pour tous un régime social libéral. Or le Hittite est l’un des seuls à ne pas avoir déjà adopté un tel régime et je le soupçonne d’être attaché à son système de subventions. Je ne me suis pas trompé, Suppi décide de défier la résolution et passe ainsi pour un vilain non-démocrate aux yeux du reste du monde. Il subit un malus diplomatique auprès des autres dirigeants ainsi qu’un surplus de mécontentement dans sa population (« le monde vous considère comme une crapule »). Je ricane.

Je complète de mon côté une mission m’enjoignant à bâtir une flotte composées d’au moins trois porte-avions, cinq sous-marins et dix destroyers et me voit accordé un bonus de +1 mouvement à mes bateaux. J’avise également une petite île isolée dans l’océan, à mi-chemin entre mon continent de départ et le continent où sont mes colonies, et décide d’y monter une base pour ma flotte. J’y fonde bientôt la ville de Byblos, juste avant que des Zoulous n’essayent de s’y installer (des Zoulous, je vous demande un peu).

Mes colonies se portent d’ailleurs bien et se développent vite, merci pour elles.

Bientôt cependant me prend l’envie d’en finir. Je n’ai plus vraiment d’adversaire à ma mesure et plus grand-chose à réaliser. Il reste le Siam et la Hollande sur mon continent et je me dis qu’une petite guerre ça me ferait du bien, ça fait si longtemps. Le sort tombe sur la Hollande. La guerre en images.

Voilà, comme vous pouvez le constater, j’avais très envie d’utiliser mes beaux missiles nucléaires, qu’ils soient tactiques, stratégiques ou même installés par des espions. Mais je n’ai pas fait que ça, la preuve :

Notez le blocus maritime des côtes néerlandaises :

Bon, je vous passe les détails, les Néerlandais se sont bien sûr fait exploser et Wilhelmina a capitulé. Je décide alors de pousser sur ma lancée et de m’attaquer au Siam dès que me troupes auront récupéré. J’envoie ma flotte s’approcher de la côte Siam et rassemble mes troupes dans une base militaire au milieu du désert. Dans ROM les bases militaires construites sur du terrain neutre appartiennent à celui qui les occupe (dans le cas présent : moi). Cela constitue des avant-postes précieux pour préparer ou soigner ses troupes et surtout pour stationner ses forces aériennes en vue de frappes ciblées. C’est quand même bien pratique.

Pendant que mes forces récupèrent je reçois d’alarmants messages de mes scientifiques m’affirmant que des retombées nucléaires ont lieu un peu partout sur la planète, et notamment chez moi, ce qui m’embête fort. J’envoie des équipes d’ouvriers pour nettoyer tout ça et promet à mes conseillers scientifiques de me calmer un peu au niveau des bombes. Je compte quand même bien en balancer encore quelques-unes, surtout que mes ressources d’uranium ne sont toujours pas épuisées et que j’en ai d’autres qui attendent encore d’être exploitées, protégées par des Marines.

Sur l’île des Hittites ça devient vraiment la merde, les Russes s’arment et se soulèvent en masse, comme l’atteste ce screen :

Deux nouvelles villes passent aux mains des Russes et le score Hittite continue de chuter. Mes agents facilitent l’avancée des troupes Russes en provoquant des révoltes dans les villes Hittites, ce qui réduit leur bonus défensif à 0%. Ça simplifie la tâche !

Je rigole encore plus quand je vois apparaître une nouvelle faction, les Babyloniens, qui revendiquent la ville de Haralaya, sous contrôle Hittite, et entendent bien l’obtenir par la force vu qu’ils disposent d’une petite troupe de soldats. C’est vraiment devenu un énorme bordel sur cette île. À ce propos, ça fait un bon moment que les Maliens comme les Assyriens ont quitté le giron du Hittite et repris leur indépendance. Le score de Suppi est passé sous la barre des 900. je me demande même s’il faudrait pas mieux que je m’occupe de faire chier les Maliens maintenant, puisqu’ils sont de facto devenus la puissance majeure de l’île.

De mon côté je déclare la guerre au Siam, guerre qu’on pourrait résumer en trois images :

Ouais je sais, j’avais dit que je me calmerai niveau bombes. Bah, une toute petite comme ça, ça compte pas.

Je tente d’assassiner un personnage illustre à Timbuktu mais ça foire, mes agents ne connaissant pas bien le terrain Malien. Tant pis. Un deuxième agent fait organiser, toujours à Timbuktu, une manifestation contre la guerre (les Maliens sont aux prises avec les Russes qui revendiquent à tout va toutes les villes qu’ils ont perdu au cours de leur histoire). La manifestation réussit et la ville est proie aux émeutes. C’est sur cette nouvelle jubilatoire qu’est annoncée la tenue d’un nouveau vote pour élire un secrétaire général pour l’ONU. Cette fois-ci si je suis élu je remporte la victoire.

Le vote a lieu et…

Me voilà victorieux après une des plus belles parties qu’il m’ait été donné de jouer. Mon seul regret est de n’avoir pas eu d’adversaires plus coriaces sur la fin, car je n’ai pu expérimenter les temps futurs, les progrès démentiels (contrôle de la pensée, ordinateurs quantiques, Homo Superior, villes organiques…), les unités futuristes (nuages nanite, clones, chars anti-grav, mechas…) et tout ce genre de délires. Le problème c’est qu’en Empereur c’est très dur en début de partie, et jusqu’à la Renaissance c’est loin d’être gagné, mais une fois qu’on a surmonté les principaux obstacles au développement  et qu’on surpasse les autres en termes militaires on n’a plus vraiment grand-chose à craindre. Cela dit il existe une option pour que le niveau de difficulté augmente automatiquement au cours de la partie. Je devrais essayer ça. Commencer en Monarque, passer en Empereur au moyen-âge, en Immortel à la Renaissance et voir si j’augmente encore au niveau Divinité pour l’époque moderne, puis futuriste.

Ah, le monde tel qu’apparu au début de la partie, avec position des joueurs :

Et mon score en 2040, après 41 heures et 37 minutes de jeu :