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Discours à la Chambre des Communes du Royaume Uni Par Andrew Roberts, historien et écrivain, membre du Parlement britannique, le 19 juillet 2010.

« Je voudrais m’adresser à vous aujourd’hui en tant qu’historien, car il me semble que l’État d’Israël a cumulé plus d’histoire au cours de ces 62 années que de nombreux autres pays de la planète n’ont eu en six cents. Il y a beaucoup de choses surprenantes à propos de cette minuscule, héroïque, courageuse nation de la taille du Pays de Galles, mais le plus étonnant, c’est qu’elle a survécu à tout. Le lendemain même de la création par l’ONU de l’Etat d’Israël en 1948, cinq pays arabes l’ont attaqué, et depuis ce temps il ne cesse de lutter pour son droit à l’existence. Et c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, à réaffirmer le droit d’Israël à la légitime défense, inhérent à tous les pays légitimes.

Du Maroc à l’Afghanistan, de la Mer Caspienne à Aden, 5.25 millions de miles carrés de territoire appartenant aux membres de la Ligue des pays arabes abritent plus de 330 millions de personnes, tandis qu’Israël couvre seulement huit mille miles carrés et abrite sept millions de citoyens, un cinquantième de ce que sont les Arabes.

Bien que les Juifs de la Terre Sainte soient ainsi entourés par des Etats hostiles 650 fois la taille de leur territoire et cinquante fois celle de leur population, leur tout dernier et grand espoir est de mettre fin à deux millénaires de persécution internationale. L’État d’Israël a d’une manière ou d’une autre survécu. Lorsqu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’île de Malte a passé trois années terribles de bombardement et de destruction, elle a reçu à juste titre la médaille de George pour sa bravoure, et aujourd’hui on devrait décerner une décoration similaire à Israël pour défendre la démocratie, la tolérance et les valeurs occidentales contre un meurtrier assaut qui a duré vingt fois plus longtemps.

Jérusalem est le site du Temple de Salomon et d’Hérode. Les pierres d’un palais érigé par le roi David lui-même sont encore actuellement enterrées juste à l’extérieur des murs de Jérusalem. Tout ce qui rend un État-nation légitime, l’effusion de sang, le sol labouré, deux millénaires de résidence continue, les accords internationaux, plaide pour le droit d’Israël à exister, mais lui est toujours refusé par la Ligue arabe. Pour beaucoup de leurs gouvernements, qui sont assez riches et auraient pu résoudre sur le plan économique depuis des décennies le problème des réfugiés palestiniens, il est utile de disposer d’Israël comme bouc émissaire pour détourner l’attention de la tyrannie, l’échec et la corruption de leurs propres régimes.

La vérité tragique est que cela convient très bien aux Etats arabes d’avoir les Palestiniens qui endurent le statut de réfugiés permanents, et chaque fois qu’Israël a mis en avant des solutions réalistes, elles ont été contrecarrée par ceux dont les intérêts visent la destruction d’Israël avant le véritable bien-être des Palestiniens. Tant le roi Abdallah Ier de Jordanie et Anouar el-Sadate d’Egypte ont été assassinés alors qu’ils tentaient de parvenir à une forme de compromis avec un pays que la plupart des gens sains d’esprit acceptent maintenant qu’il ne devra pas disparaître.

Winston Churchill en 1920, a écrit:
« Nous devons aux Juifs un système d’éthique qui, même s’il était entièrement séparé du surnaturel, serait incomparablement le bien le plus précieux de l’humanité, valant en fait le fruit de la sagesse et de l’expérience réunies. La contribution juive à la finance, la science, dans les arts, les universités, le commerce et l’industrie, la littérature, la philanthropie et la politique a été étonnante relativement à leur nombre infime. »

Bien qu’ils constituent moins de la moitié de un pour cent de la population mondiale, entre 1901 et 1950 les juifs ont remporté 14% de tous les Prix Nobel de littérature et des sciences, et entre 1951 et 2000 les juifs ont remporté 32% des Prix Nobel de médecine, 32% de physique, 39% de l’économie et 29% pour la science. Ce, en dépit de tant de leurs plus grands esprits qui sont morts dans les chambres à gaz.

La civilisation doit au judaïsme une dette qu’elle ne pourra jamais rembourser, et soutenir le droit à l’existence d’une patrie juive est le strict minimum que nous puissions fournir. Pourtant, nous avons tendance à traiter Israël comme un lépreux sur la scène internationale, en le menaçant de boycott universitaire, alors qu’il a construit un mur de séparation uniquement pour se défendre, ce qui a jusqu’ici réduit les attentats-suicides de 95% depuis trois ans.

C’est une honte qu’aucun haut membre de la Famille Royale n’ait jamais entrepris une visite officielle en Israël, comme si le pays était encore en quarantaine après six décennies. Sa Majesté la Reine est sur le trône depuis 57 ans et aux cours de toutes ces années, elle a effectué 250 visites officielles dans 129 pays, alors qu’elle n’a pas encore mis les pieds en Israël. Elle a visité 14 pays arabes, de sorte qu’il ne peut pas être dit qu’elle n’a pas été dans la région. Bien que la mère du prince Philip, la Princesse Alice, soit enterrée sur le mont des Oliviers en raison de son statut de Juste parmi les Nations, le Foreign Office a ordonné que la visite sur la tombe de sa mère en 1994, doive être faite uniquement à titre privé. Les visites royales sont l’un des moyens pour conférer la légitimité des nations, et le Gouvernement de coalition devrait avec le Ministère des Affaires mettre fin au boycott de facto.

Après l’Holocauste, le peuple juif a reconnu qu’il devait avoir son propre État, une patrie où il pourrait toujours être à l’abri d’une répétition de telles horreurs. Le fait de faire de nouveau confiance à la Civilisation occidentale n’allait pas suffire. Depuis, Israël a dû se battre dans pas moins de cinq guerres pour sa propre existence.
Il a été sur la ligne de front dans la guerre contre le terrorisme en luttant pour l’Occident, des décennies avant que le 9/11 ou le 7/7 ne se produisent. L’Islam radical n’acceptera jamais l’idée d’un État israélien, de sorte que la lutte est susceptible de continuer pour encore soixante ans, mais les Juifs savent que cela est moins dangereux que de confier leur sécurité à quelqu’un d’autre.

Très souvent, en Grande-Bretagne, en particulier lorsqu’ils sont confrontés à une écrasante majorité anti-israélienne qui est endémique dans nos médias libéraux et à la BBC, nous n’arrivons pas à nous demander ce que nous aurions fait à leur place ? La population du Royaume-Uni constituée de 63 millions de personnes, est neuf fois supérieure à celle d’Israël. En juillet 2006, pour prendre un exemple au hasard, le Hezbollah a franchi la frontière du Liban, pénétrant en Israël, tuant huit patrouilleurs et en enlevant deux autres, et cet été là, il a tiré quatre mille roquettes Katioucha sur Israël, tuant quarante trois civils de plus.
Maintenant, si nous multiplions ces chiffres par neuf pour obtenir l’équivalent britannique, imaginez ce que nous ferions si une organisation terroriste basée au plus près de Calais faisait feu avec six mille roquettes sur le Sussex ou le Kent, tuant 87 civils britanniques, après avoir tué soixante-douze militaires britanniques lors d’une embuscade et après en avoir capturé dix-huit. Notre gouvernement ne reculerait devant rien pour protéger les sujets britanniques dans de telles circonstances, et il aurait tout à fait raison. Pourquoi devrait-on s’attendre à ce que Israël se comporte différemment ?

Au cours de recherches pour mon dernier livre sur la Seconde Guerre mondiale, j’ai récemment visité Auschwitz – Birkenau. En marchant le long d’une rangée de cabanes et le long de la voie de garage du chemin de fer où leurs aïeuls avaient été obligés de travailler, où ils avaient été affamés, battus, gelés et gazés à mort, il y avait un groupe d’écoliers juifs, dont l’un portait sur son épaule le drapeau israélien, une étoile de David sur fond blanc. C’était un spectacle très émouvant, car c’était l’indépendance souveraine qui était représentée par ce drapeau garantissant que l’obscénité de génocide qui avait tué six millions de personnes dans Auschwitz et d’autres camps – n’arriverait jamais plus au peuple juif, auquel le reste de la civilisation doit tellement.

J’ai dit au début que je vous parlais comme un historien et donc je déclare :
Aucun peuple dans l’Histoire n’a eu besoin autant du droit à l’autodéfense et à la légitimité plus que le peuple juif et Israël et c’est ce que nous demandons, nous les représentants d’Initiative des Amis d’Israël, ici et aujourd’hui. »