– Bonjour à tous, bonjour, bonjour, c’est très gentil à vous d’être venus si vite, si, si, ça me touche beaucoup, croyez-moi. Qu’est-ce qu’il y a Doo-Wae ?
– C’est bien normal de se presser pour répondre à chacun de vos vibrants appels, Sibyllin Fr…
– Non Doo-Wae, non. J’ai vraiment pas le coeur à écouter vos créations laudatives aujourd’hui. J’ai une bien triste nouvelle à vous annoncer à tous. Comment dire… ah la la c’est pas facile… Quoi, Carter ? Ne me dites pas que vous avez enfin décidé de vous mettre à me donner du superlatif. C’est un peu tard mais enfin, je suis curieux d’entendre ça.
– Non c’est juste que : vous êtes mort, non ?
– … Mais ! Non mais quel manque de tact ! « Vous êtes mort ». On croirait lire ce torchon d’extrême-droite qu’est devenu l’Humanité depuis que Marchais s’en est allé : « Kim Jong-Il est mort ». Bravo. Vous êtes du genre à dire à une vieille qu’elle est vieille aussi, non ? Alors d’abord, apprenez qu’un communiste ne meurt pas, il rejoint ses frères tombés dans la lutte. De plus, je vous rappelle que je ne suis pas n’importe qui. Ainsi que l’avait brillamment démontré le suave Lapsus van de Zloot : Kim Jong-Il ne meurt pas, il quitte son enveloppe corporelle pour mieux éblouir l’humanité pour l’éternité. Faut vous cultiver, mon vieux. Bon ben voilà, en tout cas, c’est dit : j’ai clamsé. Bordel. Même pas mal, quoi, ah ah ah. Cela dit Carter vous pourriez prendre un air un peu plus attristé. Quoi encore Doo-Wae ?
– Pardonnez mon imbécile crétinerie, Joviale Majesté Des Palais Célestes, mais si vous êtes, que je trépasse sur-le-champ pour ces odieuses paroles, effectivement décédé, comment se fait-il que vous soyez là à nous entretenir de cet horrible évènement ?
– Mais vous êtes une huître ou quoi ? Je viens de vous dire que je ne meurs pas, déjà. Et puis de toute façon moi, je suis le sosie d’un clone, alors vous voyez, c’est pas trop mon problème. Bordel. Par contre je décrète un deuil mondial de 5… non 6 ans ! Pour me pleurer, voilà. Putain.