Oh ! Un bon gros rapport Civilization. C’est-y-pas une découverte qui fait chaud au cœur, surtout par un matin d’hiver ? Eh oui, il y a quelque temps de cela j’ai à nouveau succombé à l’envie de me lancer une petite partie, alors préparez-vous une bonne tasse de chocolat chaud et installez-vous confortablement, car Papy Tranxenne va vous raconter une Histoire.

Realism Invictus est le mod que j’ai testé ce coup-ci. Ce mod propose au joueur une expérience se voulant visuellement la plus réaliste possible, où chaque civilisation possède son charme propre, et évolue dans un monde cohérent et varié. En termes de jeu cela donne un bon nombre d’unités redessinées pour coller à leur équivalent réel, des bâtiments et unités uniques à foison, des promotions en pagaille, et des mécanismes de jeu retravaillés pour offrir une expérience de jeu unique et toujours renouvelée. Je parlerai des spécificités du mod au fur et à mesure de mon rapport mais laissez-moi tout de suite faire une petite mise au poingue et répondre à la question qui vous brûle les lèvres à tous : ce mod est-il mieux que Rise of Mankind : A New Dawn ?

Pour faire court : oui. Parce que tout monumental qu’il soit, ROM : AND souffre d’un très gros défaut qui est que l’intelligence artificielle peine à utiliser à bon escient la pléthore de mécanismes mis à disposition des joueurs. Cela résulte en des parties très déséquilibrées, même dans les niveaux les plus extrêmes. Au plus haut niveau de difficulté, le jeu est insurmontable au début et puis, une fois atteint la Renaissance, on n’a plus vraiment de souci à se faire. Toutes les parties de ROM : AND que j’ai joué se sont terminées par des victoires écrasantes où l’asymétrie technologique et militaire entre ma civilisation et ses concurrentes rendaient toute fin de partie (à partir de l’âge industriel, en gros) un peu ennuyeuse même si pas inintéressante. Ce n’est pas le cas avec Realism Invictus, d’ailleurs les concepteurs ont tellement bien retravaillé l’IA qu’ils conseillent au joueur de jouer un à deux niveaux de difficulté en dessous de ce dont ils ont l’habitude avec Civ4.

C’est donc en Prince que je lançais une partie (après plusieurs essais infructueux en monarque). Détails d’importance : j’ai coché deux options qui vont beaucoup influencer le cours de la partie, c’est la désactivation des échanges de technologies et surtout la désactivation du système de vassaux. Cela peut favoriser le développement de gros empires dévorant les plus petits et promet une fin de partie de titans. Trêve de bavardages, commençons à jouer.

Comme c’est mon habitude j’ai lancé la partie avec un leader aléatoire. Je tombe sur Hannibal, sa jolie barbe et son casque pas à pointe, ce sont donc les Carthaginois que j’accompagnerai dès lors de victoire en victoire (je ne conçois pas d’autre alternative). Hannibal est un leader Organisé et Expansif, mais aussi Populiste, ce qui est à son désavantage. Et oui, dans Realism Invictus les leaders ont non pas deux mais trois traits de caractère, et l’un de ces trois traits est très souvent un défaut faisant subir des malus au joueur.

Mes premières unités apparaissent dans une région de forêts très denses. À peine une rivière parvient à se frayer un chemin au milieu des arbres, attirant toutes sortes d’animaux qui viennent s’y abreuver. Oiseaux, écureuils, sangliers, renards, ours… éléphants… hum… ouah ! En voilà une grosse bestiole dites donc. Émerveillés par le spectacle des pachydermes s’ébattant sur l’autre rive, mes premiers hommes décident de fonder leur capitale juste en face, mais pas juste à côté non plus on sait pas ce que ça bouffe ces trucs-là. Carthage à peine fondée, des émissaires Grecs du roi Kommenos nous apportent le bonjour, c’est bien gentil de leur part mais je m’inquiète un peu de la promiscuité de la nation grecque du coup.

Comme vous pouvez le remarquer, toutes les animations de leaders dans Realism Invictus ont été remplacées par des œuvres d’art les représentant. Cela fait partie de leur concept de réalisme et donne une saveur historique agréable à l’ensemble.

Plus que les Grecs, pour le moment ce sont les animaux sauvages qui me terrifient. Tigres, lions et autres loups pullulent dans la région, et on a vite compris ce qu’ils bouffaient, eux ! Mes éclaireurs et guerriers partis en exploration font jouer de la massue avec quelque succès et on ramène moult peaux de bêtes au village, ça fait des descentes de lit superbes.

En 3265 avant JC, alors qu’une gaffe commise par mon ambassadeur compromet mes relations avec les Grecs et qu’un camp permanent est établi sur l’autre rive du fleuve pour chasser de l’éléphant, je lance l’entraînement d’un groupe de colons qui ira fonder une deuxième ville pour étendre l’influence de la civilisation carthaginoise. Une milice armée de lances et boucliers rudimentaires pourra les escorter jusqu’à un endroit propice à l’élévation d’une nouvelle cité.

Mes éclaireurs découvrent les limites du territoire Grec, situé au nord de Carthage, à moins de deux jours de marche.

Attaqués par des ours, mon groupe de colons perd une partie de son escorte et fuit à toutes jambes. Atteignant le bord de la mer à l’est de Carthage ils décident d’ériger quelques murs pour se protéger des bêtes sauvages et puis tiens, pourquoi pas de fonder une nouvelle ville dans la foulée. Les environs foisonnent d’une plante inconnue et curieusement épicée, on pourra en ramener dans la capitale et voir ce qu’on peut en faire. La nouvelle ville d’Utica lance sans attendre l’entraînement d’archers pour garnir ses murs, d’autant que les émissaires de deux nouvelles civilisations se présentent à Carthage : les Indiens d’Asoka et les Dravidiens de Krishna Raja. Tous les deux se trouvent bien loin au Sud de Carthage, dans des régions encore inexplorées.

Je lance bientôt un deuxième colon sur les routes, cette fois-ci en direction de l’ouest. L’idée est d’enfermer les Grecs au nord et d’interdire toute communication entre eux et les civilisations du sud. Je fais toutefois face à un dilemme mieux compréhensible sur l’image qui suit.

J’avais l’idée de m’implanter au nord, en bord de mer, entre les bancs de poissons et les troupeaux de moutons, afin de bénéficier de la manne que constituent ces ressources pour compenser la stérilité du terrain de prédilection (collines enneigées). Seulement Kommenos s’est lui-même récemment installé non loin de là. Si je m’installe malgré tout en ces lieux, nos deux villes seraient forcément en concurrence, ce qui risquerait de ternir un peu plus nos relations. L’autre alternative c’est de fonder ma ville plus au sud, près d’une source d’ambre. Cela me permettrait effectivement de couper au Grec toute route vers le sud mais lui laisserait de la place pour fonder au moins une autre ville à proximité de ma capitale et ça je veux l’éviter à tout prix.

Conscient que ce geste équivaut à une déclaration de guerre à plus ou moins brève échéance, je fonde néanmoins Hadrumetum en 2710 BC, juste au voisinage de ce qui se révèle être Sparte. Avec un peu de chance, Kommenos est maintenant coincé sur un tout petit bout de terrain pas des plus fertile.

De toute façon, ne nous voilons pas la face, je comptais bien leur péter la gueule à un moment ou à un autre, je pensais juste pas qu’il allait falloir se préparer aussi tôt à la guerre.

Mes éclaireurs envoyés vers les lointaines terres du sud ont découvert la capitale Indienne (Delhi) ainsi que la ville de Médine appartenant à la civilisation Arabe d’Harun Al-Rashid. Un contact cordial est établi, ainsi qu’avec Abbas des Perses, un autre concurrent à la gloire immortelle. Toutes ces civilisations se trouvent bien éloignées de Carthage, derrière des jungles inextricables peuplées de singes et de Barbares, je n’ai donc pas de souci à me faire de ce côté pour un bon moment et vais pouvoir me concentrer sur le cas Grec.

Fourbissant mes plans pour annihiler cette civilisation débile, je me concentre sur la recherche du travail du bronze histoire de pouvoir forger des trucs qui tranchent et qui font mal. Malheureusement pour moi, la seule source de cuivre découverte dans les parages se trouve très au nord, dans des régions verglacées et quasi inhabitables (ou alors faut vraiment beaucoup aimer manger de la neige et du poisson) et qui plus est tout proche du territoire Grec. Il va falloir les prendre de vitesse pour s’approprier le précieux métal.

Hippo, cette nouvelle ville, est à peine fondée qu’elle est attaquée par des barbares nordiques, et menace d’être coupée du reste du royaume carthaginois par l’expansion grecque. Une bonne nouvelle toutefois, des troupeaux de cerfs sont découverts dans les bois au nord de la ville, les habitants d’Hippo pourront donc diversifier un peu leur régime alimentaire.

Plus bas, à Carthage, je bâtis les Pyramides en 2090 BC, suscitant l’admiration du monde entier, et mettant à mal une étude publiée quelques années plus tôt par un certain Hérodote, qui plaçait Carthage très en bas dans la liste des civilisations les plus raffinées du monde. En tête de cette liste se trouvent les Arabes et les Dravidiens. Les Grecs n’y sont nulle part visible, ce qui me rassure quant à la permanence des frontières entre Sparte et Hadrumetum. Je bâtis d’ailleurs en cette dernière tout ce que je peux de bâtiments culturels, au nombre certes limités en ce début de partie, pour grignoter du terrain au détriment de la cité grecque. Toutefois, cette stratégie d’offensive culturelle ne sera pas tenable très longtemps et il va me falloir des arguments plus frappants pour convaincre Kommenos de la supériorité de la civilisation carthaginoise.

Des mines sont creusées à Hippo pour extraire le cuivre des collines alentours. Il sera toutefois impossible d’utiliser le métal tel quel. Il me faudra, une fois la ressource disponible, bâtir une forge afin de travailler le cuivre et d’en faire du bronze. C’est une autre caractéristique de Realism Invictus : la plupart des ressources n’apportent de bonus que si l’on construit les bâtiments appropriés dans ses villes. Par exemple, l’extraction d’or, d’argent ou de pierres précieuses n’apporte de bonus en bonheur qu’aux villes abritant des bijouteries. Ça corse un peu l’affaire et c’est bien vu niveau réalisme, pour le coup.

Quant au bronze, je sais déjà que son utilisation va être limitée à la ville d’Hippo car non seulement cette ville n’est reliée à mes trois autres villes par aucune route, mais en plus les Grecs ont l’outrecuidance de fonder Corinthe juste en dessous, coupant de fait mon territoire en deux !

Après maintes réflexions germa dans mon crâne épais de Carthaginois une idée des plus révolutionnaires. Je déambulais en effet près du fleuve bordant Carthage, à regarder les pachydermes s’ébrouer sur la rive en face, et puis :

« Et si… et si on utilisait les éléphants comme monture de guerre ? »

« Hmm, quoi ? »

« Ouais comme des gros chevaux, quoi ! »

« Non mais attends, c’est pas possible ! Et la selle ? »

L’idée fait quand même le tour des salles du conseil. Ce serait un bon moyen de péter la gueule au Grec, ça c’est sûr. On se lance avec enthousiasme dans la recherche de la domestication desdits pachydermes. C’est un projet très ambitieux qui va demander un temps considérable pour être mené à bien. La technologie domestication des éléphants, bien que directement accessible, requiert pas moins de 50 tours avant d’être découverte. On s’y lance courageusement mais il faudra trouver moyen de tenir le Grec à distance en attendant.

En 1800 BC, et alors qu’il ne reste que 20 tours avant la maîtrise de la domestication des éléphants, Kommenos un brin nerveux déclare la guerre à Carthage et attaque sans cérémonie la ville d’Hadrumetum à coup de chariots de guerre tirés par des chevaux. Ah ! Des chevaux ! Attendez un peu, vous allez voir ce qu’est une vraie monture !

Alors à Hadrumetum comme je savais qu’un jour ou l’autre ça allait cogner j’avais quand même placé des bonnes garnisons. Beaucoup d’archers bien sûr, puis en voyant que l’essentiel de l’armée de Kommenos était composée de chars, je lançais la construction de lanciers primitifs qui pourraient tenir les Grecs en respect.

En 1660 BC, tel un présage, des émissaires m’apprennent qu’à Delhi vient d’être érigée une monumentale statue à l’effigie de Ganesh, le Dieu Éléphant. Dieu serait donc un éléphant ? Bon sang mais c’est bien possible.

Pas le temps de discuter théologie, en 1630 BC et alors que les coups portés par Kommenos à Hadrumetum se font de plus en plus virulents, nous entrons la tête haute dans l’ère classique avec l’apprivoisement des éléphants.

« Et si on ouvrait un cirque, plutôt ? »

« Non, non, non, restons concentrés ! »

Je, Hannibal, me rends à la capitale afin de faire entraîner les premiers olifants de guerre, seulement pour découvrir qu’il me faut tout d’abord faire construire des étables assez grandes pour abriter les pachydermes. Cela retarde d’autant plus notre contre-offensive, et les troupes grecques, outre menacer la ville d’Hadrumetum, s’amusent à saccager le terrain autour de mes autres villes, pillant tout ce qu’il y a piller, les fourbes ! Heureusement, Carthage est trop bien défendue pour que les Grecs osent s’en approcher, les camps d’élevage des éléphants sont donc en sécurité.

Enfin, le premier éléphant de guerre sort de la ville de Carthage. Et là, la guerre va marquer un tournant décisif.

Les chariots Grecs ne font en effet pas du tout le poids face aux écrasants pachydermes. De plus, les unités à cheval subissent un malus face aux éléphants, car ces derniers font paniquer les montures ennemies. C’est la déroute. La campagne autour d’Hadrumetum est rapidement pacifiée, et ce avec une seule unité d’éléphants !

Une deuxième unité pachydermique sort bientôt des étables de Carthage. Dans l’enthousiasme, on monte une armée composée de ces deux unités d’élites éléphantesques, de quatre unités de miliciens et d’une unité de paysans armés d’épées rudimentaires. On envoie ces effectifs, trompes en avant, en direction de Sparte, mais cela ne suffira pas à faire tomber la ville et j’y perdrai une précieuse unité d’éléphant avant de faire redescendre les troupes vers Carthage. D’ailleurs des troupes grecques éparses menacent de piller les fermes environnantes, il serait bon d’aller nettoyer un peu le coin.

L’attaque de Sparte, bien qu’infructueuse, aura permis l’émergence hors des rangs de miliciens d’un stratège hors pair, Hannibal Gisco. Sans ses conseils avisés, la deuxième unité d’éléphants aurait sans doute été perdue. On le bombarde général et lui confie immédiatement la préparation d’une seconde attaque, cette fois sur Corinthe et avec pas moins de quatre unités d’éléphants. Ces unités, vues leur puissance, sont d’ailleurs limitées à quatre. L’éléphant de guerre est de plus une unité nationale de la civilisation carthaginoise et est de ce fait bien plus puissante que ses équivalentes des autres civilisations.

Un plan est soigneusement préparé. Les éléphants accompagnés d’unités de milice attaqueront Corinthe par le sud tandis que des lanciers armés des toutes premières lances en bronze descendront d’Hippo par le nord pour prendre la ville en tenaille. On sent la différence que cela fait d’avoir un stratège pour son armée.

Ce plan fonctionne à merveille comme l’atteste l’image ci-dessous.

Les troupes endommagées prennent leurs quartiers à Corinthe le temps de se refaire une santé, le reste de l’armée marche vers Sparte. Pendant ce temps, Kommenos tente une nouvelle fois de prendre Hadrumetum, sans plus de succès qu’auparavant.

C’est alors que, l’on ne sait pourquoi (mais je soupçonne des tractations en sous-main entre Kommenos et Asoka), les Indiens me déclarent la guerre. Il doit y avoir un malentendu, moi aussi j’adore Ganesh !

Je redéploie quelques troupes fraîchement entraînées sur la frontière sud, sans m’inquiéter plus que ça puisque l’Inde c’est quand même très loin et qu’il y a plein de Barbares sur le chemin. Toutefois je commence à me dire qu’il serait de bon ton de coloniser plus de terrain au sud de ma capitale histoire d’étendre les dimensions de mon empire et de protéger Carthage d’éventuelles intrusions ennemies. J’entraîne donc une unité de colons tout en poursuivant la campagne contre les Grecs. Après quelques années de siège Sparte est prise et diligemment rasée histoire de faire de la place pour l’expansion naturelle d’Hadrumetum. Mes troupes à peine remises se dirigent vers Athènes qui tombe sans plus de cérémonie. Pendant la prise d’Athènes, un général Grec se rangera avec ses troupes aux côtés de Carthage, épargnant par ce geste de nombreuses vies humaines. Après la guerre et en guise de récompense, Xanthippus sera promu au rang de général de mon armée.

La dernière ville grecque tombe alors que, présage ou non, de lourdes chutes de neiges empêchent l’extraction plus avant de nouvelles ressources de cuivre à Hippo, retardant la distribution d’armes en bronze aux nouvelles recrues et créant des problèmes de logistique. Peu importe, car la guerre est terminée, les Grecs ne sont plus et Asoka trop conscient du danger que représentent mes éléphants de guerre accepte de signer un traité de paix. Je garde des relations tendues avec lui, n’oubliant pas sa vile traîtrise. Par contre j’entretiens des relations des plus cordiales avec les Perses, et nous prévoyons d’échanger certaines de nos ressources dès qu’une route entre ses villes et les miennes aura été tracée.

La guerre terminée, je fonde de nouvelles villes au sud pour contrer l’expansion d’Asoka dont les frontières se rapprochent dangereusement des miennes. Je prends promptement Apache, une ville Barbare d’une région marécageuse mais où poussent aussi des citronniers, ce qui la rend très attractive.

Avec toutes ces nouvelles villes, je porte un rude coup à mon économie (il faut payer la maintenance des nouvelles cités avant qu’elles ne soient capables d’en supporter elles-mêmes le coût) et je me vois dans l’obligation de dissoudre un bon nombre d’unités de mon armée. Je conserve mes quatre unités d’éléphants, bien sûr, tous redéployés à la frontière sud, mais ça me fend le cœur de me séparer d’autres unités, pour certaines bien expérimentées.

J’instaure l’esclavagisme dans mon royaume, ce qui va me permettre de faire construire mes bâtiments bien plus rapidement. Je fais des murailles de défense à Kerkouane vu que les premières villes indiennes se trouvent juste en dessous. Ce qui m’inquiète c’est que le taux de culture indien est à un niveau très élevé et qu’il risque de me grignoter du terrain à cause de cela.

Pour le moment, j’ai surtout des problèmes d’argent – mon budget recherche est à 0% – et de bonheur, beaucoup de mes villes ne peuvent plus croître sans expérimenter des émeutes et du mécontentement.

Toute période de paix étant propice aux grandes réalisations, c’est en toute logique qu’afin de sceller son appartenance à la civilisation carthaginoise, Athènes bâtit la Merveille du Grand Phare.

Des émeutes d’esclaves éclatent régulièrement ici et là et obligent mes troupes les plus mobiles – les éléphants – à parcourir de grandes étendues pour mater les révoltes, voyages heureusement rendus plus rapides grâce au réseau de routes pavées qui relie les différentes villes de mon royaume.

Je lance l’entraînement de quelques espions pour explorer le territoire indien et voir ce qu’il trafique. La présence des Indiens et le refus d’Asoka d’ouvrir ses frontières m’isole des trois autres civilisations du continent, les Arabes, les Dravidien et les Perses, m’empêchant pour le moment tout échange commercial.

Mon premier espion à peine atteint Prayaga, la première ville au sud de Kerkouane, se voit intimé l’ordre de dérober les plans d’une technologie indienne permettant de fondre des armes toujours plus létales. Il s’exécute avec succès.

Asoka, craignant sans doute de voir les opérations de ce genre se répéter, accepter finalement d’ouvrir ses frontières. Pendant ce temps, à Carthage, la Grande Bibliothèque est inaugurée en grande pompe, et un Ingénieur Illustre (le deuxième de mon Histoire) du nom de Silcan Mercacchuter se distingue. Il lui sera demandé de travailler à l’avancée des travaux sur un monument nommé Épopée Nationale, érigé lui aussi à Carthage et évoquant les hauts faits de la guerre contre la Grèce, rehaussant d’autant le moral et l’estime de soi de ma population.

Bientôt, de curieuses idées font leur apparition. À Kerkouane, d’abord, on commence à parler Yin, Yang, équilibre du cosmos, ce genre de trucs un peu bizarres. Ensuite à Corinthe, les gens évoquent réincarnation, Karma, roue du temps. Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Puisque je vous dis que Dieu est un éléphant !

Après moultes discussions d’experts sur les avantages respectifs du taoïsme et du bouddhisme, et surtout après avoir découvert que Perses, mes amis de toujours, et Indiens, mes ennemis d’alors, avaient tous deux embrassés la foi bouddhiste, tandis que Dravidiens et Arabes croyaient dur comme fer à l’hindouisme, le chef suprême de Carthage, moi en l’occurrence, décidait en 210 av. JC de se convertir, et tout le pays avec lui, à la foi bouddhique. J’espérais par là améliorer mes relations avec Asoka et consolider les liens fraternels qui m’unissaient à Abbas.

Des routes sûres et entretenues reliant dorénavant les différents royaumes du continent, des relations commerciales se mettent en place et me permettent d’écouler mon excédent de ressources en laine et en crabes chez le Dravidien, ainsi que mon excédent de pierre de taille chez le Perse, tout ça contre des espèces sonnantes et trébuchantes dont mes coffres ont bien besoin. La recherche peut alors se remettre à tourner à un rythme à peu près satisfaisant. Je profite de la découverte de nouvelles formes de gouvernement pour entamer des réformes en 150 BC, réformes dont je vous laisse apprécier le contenu ci-dessous.

Donc on est en monarchie. C’est cool. C’est cool parce que c’est moi le roi surtout. L’esclavagisme c’est cool aussi, sauf quand on est esclave, bien évidemment. D’ailleurs les révoltes ne cessent de s’amplifier et mes unités d’éléphants courent un peu partout. Passer des gloires de la guerre à de simples missions de maintien de l’ordre c’est un peu une régression mais que voulez-vous, nécessité fait loi. Je garde un œil attentif sur les agissements du général Xanthippus, n’écartant pas la possibilité d’une nouvelle défection de sa part, cette fois au profit d’une civilisation rivale. Peut-on faire confiance à un Grec ? Non, bien entendu.

Le monde tel qu’on le connaît à Carthage à cette époque.

Je renvoie un espion dans la ville indienne de Prayaga, afin de m’emparer cette fois des secrets du polythéisme. Maintenant qu’on a adopté le bouddhisme, il me faut l’implanter dans toutes les villes du royaume. Et pour cela il me faut construire un monastère, lequel pourra entraîner des missionnaires bouddhistes (des Acariyas). Ensuite on construira des temples dans les villes pour développer le bonheur de la population.

Mes premières trirèmes explorant les côtes du continent se font régulièrement attaquer par des bateaux pirates mais la bravoure des marins carthaginois leur permet de repousser vaillamment la plupart des assauts.

Un Scientifique Illustre, formé à la Grande Bibliothèque, apparaît dans la ville de Carthage et prend la direction de la première Académie du pays.

Les échanges commerciaux se multiplient. J’échange des pommes de terre, de la laine et du crabe à Krishna le Dravidien contre des pierres précieuses. Harun Al-Rashid me fournit quant à lui du maïs en l’échange de crabe dont nous sommes les seuls éleveurs du continent.

Une étude sur les civilisations les plus avancées du monde révèle que je suis parmi les premiers de la liste scientifiquement parlant, juste derrière Asoka dont je me promets de voler les technologies qui me manque.

Décidément, que ce soit culturellement ou scientifiquement, Asoka plane au-dessus du lot. J’envoie discrètement quelques espions saboter les bâtiments culturels des villes indiennes frontalières. Leurs investigations me révèlent que ces villes ne sont pas développées culturellement et ne représentent donc pas encore une menace pour l’intégrité de mes frontières. Toutefois, je commence à caresser l’idée d’une campagne au sud contre l’Inde. Moults avantages en résulteraient. Mis à part stopper le développement d’un royaume puissant et mal disposé à mon égard (malgré notre foi commune), cela pourrait me permettre de mettre la main sur la ville de Bombay, berceau et Ville Sainte du bouddhisme, et plus encore sur Delhi, abritant la statue de Ganesh !

Le bouddhisme s’implante dans toutes mes villes grâce au monasticisme. Il y aurait vraiment beaucoup d’avantages à conquérir la Ville Sainte de Bombay.

Je consulte mes divers conseillers. Les relations d’Asoka avec les autres monarques ne sont pas des meilleures, je ne devrais pas subir les foudres de qui que ce soit si je m’attaque à lui. Je n’ai par ailleurs aucun accord commercial avec Asoka mais une déclaration de guerre couperait immanquablement mes routes commerciales avec le Perse, le Dravidien et l’Arabe, routes qui passent toutes par le territoire indien. Au niveau militaire, un rapide examen des ressources disponibles me révèle qu’Asoka peut très bien avoir développé ses propres éléphants de guerre. Nombreux sont les troupeaux de pachydermes sur son territoire, et les camps d’élevages des bestioles en question sont trop nombreux pour que des actions de sabotage ne me permette de les détruire tous.

Je décide donc d’attendre un peu, d’autant que j’ai mes propres problèmes à résoudre, par exemple la maintenance de la ville de Carthage qui, développée à des proportions énormes pour l’âge classique, est devenu un cloaque de miasmeux. Je fais construire un aqueduc et des bains publics pour dégager la saleté.

Un nouveau Scientifique Illustre se distingue à Carthage et je le fais plancher sur le travail du fer, dont on a découvert deux beaux gisements non loin de la capitale. Le fer est bien plus solide que le bronze, les armes fondues dans ce métal promettent d’être bien plus efficaces.

J’entre dans l’âge médiéval en 145 après JC. Le Moyen-Âge c’est toujours une période où ça castagne et cette fois-ci ne dérogera pas à la règle puisque, en dépit de mes atermoiements précédents, Krishna vient me voir en 160 AD et me propose de faire la guerre à Asoka. Je fais mine d’hésiter – après tout, Asoka est un frère dans la foi bouddhiste alors que Krishna est rien qu’un sale hindouiste – mais au final j’accepte, tope là mon vieux on va lui en mettre plein la gueule. Mon objectif c’est donc de capturer Bombay et Delhi avant les forces dravidiennes.

J’adopte une ou deux réformes histoire d’être en phase avec la guerre : un système de castes se substitue à l’esclavagisme, je m’imagine donc être débarrassé des révoltes d’esclaves qui mobilisaient un bon nombre de mes troupes dans des opérations de maintien de l’ordre, sauf que les révoltes d’esclaves vont être remplacées par des révoltes certes moins intenses de sous-castes. De toute façon le système de castes me donne bon nombre d’avantages (production et bonheur s’en trouvent notamment améliorés) dans les villes où le bouddhisme est implanté, c’est-à-dire toutes mes villes. J’adopte aussi une économie basée sur les guildes, ce qui améliore un peu les finances, c’est pas du luxe en temps de guerre.

La bataille pour Prayaga commence par une opération de déstabilisation visant à provoquer le mécontentement des habitants. L’opération réussit, et l’attaque de la ville n’en est que facilitée. Pourtant, les troupes ennemies installées à Prayaga se révèleront fort pugnaces et, une fois la ville prise, je réaliserai qu’une armée de 4 unités d’éléphants, c’est finalement fort peu pour s’attaquer à un royaume de la taille de l’Inde. En plus finalement mes troupes se rendent compte que l’Inde c’est pas si chouette que ça, la rumeur se répand et provoque du mécontentement dans mes villes : « On veut pas la guerre ! L’Inde c’est trop naze de toute façon. »

Du coup, j’entame des pourparlers de paix avec Asoka, pourparlers qu’il s’empresse d’avaliser. J’ai quand même bien l’intention d’aller choper Bombay un jour ou l’autre mais il va me falloir plus de temps et de troupes. Aussi, en attendant, on s’occupe autrement : on fouille les ruines de Sparte par exemple, où l’on découvre des bribes d’un savoir ancien et presque oublié, qui aidera beaucoup nos chercheurs pour la découverte de nouvelles méthodes pour moudre le grain : les moulins. Et puis aussi on construit la Grande Muraille, en 205 AD. Ben ouais que voulez-vous, on s’amuse comme on peut quand y a pas la guerre.

Le Mur restera d’ailleurs au cours de l’Histoire comme la parfaite délimitation entre les populations Carthaginoises (Grecs compris, soyons pas chiens et de toute façon tout le monde les a déjà oublié), et les populations conquises. On dira « Ceux de l’autre côté du Mur » avec un rien de mépris dans la voix. Tous ceux-là resteront des citoyens de seconde zone et bien peu auront le droit de « passer le Mur », de s’implanter dans les villes purement carthaginoises.

Par contre la situation du Mur au nord me fait sérieusement penser à Game of Thrones, tiens.

Le but premier de la construction du Mur c’était de tenir pirates et barbares à distance, malheureusement les bateaux pirates ne sont bien évidemment pas incommodés par sa construction et je devrais préparer bien des navires pour protéger mes pêcheries de poisson, crabes et autres coquillages parsemant les côtes.

Le temps s’écoule, un nouveau Scientifique Illustre apparaît à Carthage, décidément une pépinière de chercheurs. Un ouragan frappe Prayaga, mais on s’en tape un peu, c’est jamais qu’une ville indienne conquise par nos soins. Cela nous rappelle juste le besoin impérieux qu’il y a à former une armée digne de ce nom pour conquérir Bombay et Delhi. J’ai un bateau avec un missionnaire qui serpente les côtes en vue de propager la vraie foi, mais il n’ira pas bien loin : avisant un village isolé sur une île et décidant courageusement de s’y aventurer pour convertir ces âmes innocentes, le missionnaire sera pris à parti par des habitants hostiles à toute ingérence étrangère qui massacreront le pauvre bonze.

Bientôt Abbas me propose de se joindre à lui pour attaquer les Arabes. Comme je veux poursuivre les meilleures possibles relation avec le Perse et que l’Arabe ne constitue absolument pas un danger pour moi, éloigné qu’il est de mes frontières, j’accepte avec enthousiasme et sans la moindre intention d’envoyer des troupes au front, lesquelles devraient de toute façon pour cela traverser le territoire indien, et Asoka m’a bien évidemment formellement interdit de faire passer la moindre troupe par chez lui. Je me contente donc de déployer quelques bateaux pour prévenir toute attaque arabe par voie des mers et pour piller ce que je pourrais de pêcheries. Abbas est content, il a l’impression de pas être tout seul à se battre, moi je me fais un peu de tunes grâce au pillage, et puis Harun Al Rashid est hindouiste alors qu’Abbas et moi on est tous les deux bouddhistes, donc c’est bon pour raviver le moral des fidèles durement éprouvé par une guerre contre nos frères de foi les Indiens. Une fois les nombreuses pêcheries et autres filets détruits, on entame le blocus maritime des côtes arabes.

Des affaires civiles (un mariage qui tourne mal, entre autres) assourdissent mes relations avec Asoka, et Krishna le Dravidien, toujours en état de guerre, vient me demander de participer à son plan d’embargo contre les Indiens. J’accepte résolument, sachant que la reprise des hostilités avec Asoka ne tardera pas.

Une occasion se présente d’elle-même en 512. La ville Indienne de Calcutta est le théâtre d’émeutes violentes et mes agents sur place m’indiquent qu’ils peuvent, si je leur en donne l’ordre, aggraver la violence des manifestations et aider les émeutiers dans des actions de sabotage. Je leur donne mon blanc-seing et plusieurs bâtiments et fermes autour de la ville son détruits. Asoka ne daignera pas réagir à la provocation pourtant dévoilée par ses propres services. Ce coup d’éclat me vaudra par contre la naissance d’un espion illustre qui s’en ira immédiatement à Delhi pour reformer un réseau d’agents encore plus expérimentés que précédemment.

Ma population atteint les 5 millions d’habitants en 544 et peu après je déclare la guerre à Asoka, confiant cette fois dans la capacité de mes troupes à occuper tout le terrain jusqu’à Delhi et Bombay.

Mes troupes se dirigent directement vers Bombay (la ville tout au sud sur l’image ci-dessus) de peur de se faire doubler par les Dravidien pour sa conquête. On essaye les premiers canons, de gros tubes plein de suie et de salpêtre, avec plus ou moins de bonheur. On compte aussi dans nos rangs des pirates barbares provoquant la peur chez leurs ennemis. Une fois Bombay conquise on y consolide nos défenses et on marche sur les villes d’Agra et de Mathura. Les éléphants et mes deux généraux préférés trouvent encore le moyen de s’illustrer dans ces attaques.

À Bombay, le Mahabodhi, plus grand temple et haut lieu sacré du bouddhisme, me rapportera 37 pièces d’or par tour. Ça représente une pièce d’or par ville convertie au bouddhisme. J’espère bien pouvoir exporter la foi bouddhiste sur d’autres continents puisque, alors qu’on entre en 588 et en pleine guerre dans la Renaissance, la possibilité m’est enfin offerte de bâtir des bateaux susceptibles de naviguer sur le grand large, des caravelles. J’en construis un groupe sur lesquelles je fais embarquer deux unités d’Acariyas, les missionnaires bouddhistes, et je la lance vers l’inconnu.

À Delhi, mes espions s’organisent et lancent toutes sortes d’opérations : empoissonnement de l’eau potable, diffusion de fausses rumeurs, provocations… en attendant l’assaut sur la ville.

En 640 plusieurs évènements d’importance ont lieu, comme l’apparition d’un scientifique illustre de plus à Carthage ou celle, auspicieuse, d’un prophète illustre du nom de Gautama Bouddha dans la ville de Delhi. Ce prophète ne peut être qu’un signe des cieux, venus annoncer l’apocalypse aux Indiens, dont les jours sont comptés. Plus important est l’abordage par mes caravelles d’une terre inconnue peuplée d’êtres étranges et étrangers, les Turcs d’Atatürk. Les Éthiopiens de Zara Yaqob habitent aussi les parages, et tous croient en un Dieu bizarre, qu’ils auraient eux-mêmes mis à mort lorsqu’il serait descendu sur Terre sous forme humaine, et que ce Dieu se serait laissé faire sous prétexte de racheter les péchés du monde. Eh ben ! Heureusement que l’on a embarqué des Acariyas, on va pouvoir vous initier à la vérité du karma bouddhistes et des dieux éléphants.

Ni une ni deux, un de mes missionnaires font leur travail et implantent le bouddhisme dans deux villes étrangères. Il en faudra bien plus pour réussir à convertir ces dirigeants au bouddhisme, mais je promets de m’y atteler. J’affrète d’ailleurs de nouvelles caravelles, sur la côte est cette fois, en vue de découvrir d’autres peuples, mais ces bateaux se voient dans l’impossibilité de s’éloigner du continent qui a vu naître notre civilisation car les Arabes qui contrôlent les débouchés vers le grand large me refusent systématiquement le passage à cause de nos précédents accrochages maritimes. Ces esclandres m’ont quand même permis de sanctifier mon amitié avec Abbas le Perse et d’ailleurs nous multiplions sans retenue les serments de fidélité. C’est beau.

Tant pis pour l’est, je me concentre sur la côte ouest et le continent turco-éthiopien. Un fructueux échange de cartes avec Zara Yaqob me permet de découvrir toute l’étendue du nouveau monde.

On s’aperçoit qu’une autre civilisation, les Égyptiens, peuple le sud du continent, et aussi que certaines villes ont des noms pas très locaux : London, Nottingham, Newcastle, ou bien Madrid, Tolède, Salamanca. Y aurait pas eu quelques petits génocides par le passé, hmmm ? Petits coquins.

Tolède par ailleurs est la création d’urbanistes très originaux. Voyez plutôt :

Pendant ce temps, du côté de Delhi, la ville est enfin attaquée et prise. Putain ! On aura mis le temps ! On constate à cette occasion que les Indiens ont bien leurs propres unités d’éléphants, mais une fois la capitale indienne capturée les troupes indiennes désorganisées ne résisteront plus bien virulemment aux assauts de mes armées expérimentées. Indraprashta, Pataliputra et enfin Calcutta tombent à leur tour, c’en est fait de la civilisation indienne. Mon territoire s’est vu doublé de taille grâce à cette campagne et mes frontières bordent à présent celles des trois autres civilisations du continent, Arabes, Perses et Dravidien.

Une nouvelle caravelle, poussant plus loin que le continent éthiopien, découvre une troisième masse de terres. Les hommes peuplant ce continent sont des êtres fiers et intraitables. Chinois, Vikings et Russes sont les premiers rencontrés. Là aussi, des missionnaires s’efforceront de diffuser la foi bouddhiste pour le salut des âmes locales.

Tous ces grands voyages favorisent les vocations chez le peuple carthaginois. Un jour, un marchand du nom d’Himilco, dit le Navigateur, prit à son tour la route du nouveau monde, mais pas pour y propager le bouddhisme, plutôt pour y faire des affaires. Établissant un comptoir dans la capitale éthiopienne d’Aksum, il assura des revenus faramineux au trésor carthaginois, et bientôt grâce à lui des routes commerciales maritimes furent ouvertes entre les deux continents. J’en gardais jalousement le monopole, comme je conservais en sécurité cartes du monde et des courants marins et trajectoires secrètes des routes maritimes. D’ailleurs les civilisations de chaque continent étaient toujours tenues dans l’ignorance de l’existence des deux autres masses de terre et de leurs habitants. Cette exclusivité me permettait des échanges lucratifs avec les indigènes. Des produits comme les bananes, le café, la soie, les fourrures, le tabac, tous inconnus sur notre continent, furent échangés contre de l’ivoire, des citrons, du riz, des épices. J’importais aussi à grand frais de l’encens Viking, Ragnar en demandant un prix exorbitant en denrées diverses (épices, crabes, citrons, patates et coton).

Par la même occasion je découvrais une nouvelle civilisation sur le continent Viking : les Zoulous. Ceux-là étaient en pleine décadence et j’allais être témoin privilégié de leur disparition, incapables qu’ils étaient de faire face aux armées de Ragnar.

Apparemment, le Viking est également aux prises avec le Russe, pas en meilleure forme lui non plus, et déclarera bientôt la guerre au Chinois, leur tenant bonne tête à tous avec des troupes sur trois fronts. Costaud le Viking. Avec chaque nouveau tour m’arrive d’ailleurs l’annonce de nouvelles villes tombées aux mains de Ragnar. Je ne tarderai pas à envoyer quelques espions étudier les méthodes de guerre Viking.

De mon côté, on développe la science à plein régime avec la construction de l’université de Sankoré à Carthage et surtout le développement de la pensée critique, pierre de voûte de la Renaissance, annonciatrice des Lumières. Grands Artistes et Grands Marchands sont légions, on peut même en croiser en allant faire ses courses, c’est vous dire.

« Tiens, m’sieur Michel-Ange ! Ça faisait longtemps qu’on vous avait pas vu à Prisu ! »

Des Acariyas continuent de déverser la bonne parole chez les Vikings et les Égyptiens, mais les religions locales sont bien trop enracinées pour pouvoir les déloger à coup de bonzes. Tant pis, ça me fera toujours des réseaux de sympathisants dans ces villes, ce qui peut être utile pour l’espionnage.

On construit Notre-Dame, comme ça ouais juste en passant, parce qu’on avait rien d’autre à poser à cet endroit, et on entretient les meilleures relations possibles à l’international.

En 964, au cours d’un âge d’or de ma civilisation se traduisant par moultes réjouissances, on profite de coffres pleins pour moderniser les troupes, et nos fiers éléphants sont mis au rebut pour devenir des cavaliers avec armure et fusil, des cuirassiers. Ils conservent toutes leurs promotions, ce qui fait d’eux des adversaires redoutés, dignes successeurs de nos pachydermes chéris.

Tiens puisqu’on parle armées et tout : à cette époque Abbas le Perse est aux prises avec Krishna le Dravidien dont il conquiert lentement mais sûrement les villes.

Russes, Chinois et Zoulous m’enjoignent l’un après l’autre de les aider à se défendre contre les Vikings mais je fais mine d’être très occupé.

Quant à Zara Yaqob, dont la courbe de puissance est de loin la plus imposante, il a décidé de s’en prendre aux Turcs. Je vois pas pourquoi on s’en prend toujours aux Turcs d’ailleurs. Vive les Turcs. Pour une Turquie turque. T’as un Turc dans les cheveux attend je vais te l’enlever.

Atelier de Léonard, Observatoire de Copernic, expérimentation scientifique… les temps changent, les mentalités évoluent, science et raison prennent l’ascendant sur noblesse et justice, pour le meilleur et pour le pire.

On abandonne bientôt la monarchie pour un système parlementaire plus moderne et plus approprié aux besoins du moment. On met en place une justice bureaucratique. Une économie libérale (libre marché, salariat) est également adoptée. Enfin, on désavoue le monasticisme, très peu en phase avec la pensée libre, pour renouer avec une religion civile d’état. Toutes ces réformes ont lieu en 1189.

Afin de construire de nouveaux types de bateaux, on doit d’abord équiper les villes maritimes en installations portuaires dignes de ce nom. C’est un processus long et coûteux, aussi ce n’est pas avant un certains temps qu’on verra naviguer frégates et autres navires de haut tonnage.

Un fait divers me précipite dans une guerre non-désirée. En 1201, un mariage bouddhiste entre un Carthaginois et une Arabe est fêté avec tous les fastes possibles par l’état carthaginois. L’affaire est très mal vécue par les dirigeants hindouistes Arabes qui, non content d’annuler tous nos accords commerciaux, me déclarent en sus de cela une guerre qu’ils prétendent provoquée par nos actes. Quelle audace ! Je sors mes troupes stationnées à Delhi, à proximité des frontières arabes, pour répondre aux insultes et déclarations de ces derniers. Futsat, ville frontalière, tombe la première, et les Perses se joignent bientôt à moi dans cette guerre qui va devenir une course entre eux et moi pour prendre le premier les villes arabes les plus riches et développées. La campagne arabe sera expédiée et la civilisation Arabe rayée de la carte du monde en 1292. On notera parmi les troupes la présence de bonzes en robe rouge qui sont des soigneurs et médecins de champ de bataille. Il est d’ailleurs à noter que dans Realism Invictus chaque religion possède des bonus propres, des unités uniques et des bâtiments particuliers, pour un plaisir religieux toujours renouvelé.

Pendant ce temps, Zara Yaqob termine la chapelle Sixtine, au nez et à la barbe des architectes d’Hippo qui planchaient sur leur propre version du lieu.

J’affrète quelques Chebecs pour coloniser les îles situées entre le continent éthiopien et le continent Viking. Ces îles constituent de formidables avant-postes, idéaux pour établir des bases stratégiques.

En fait la principale de ces îles, située juste au large de la côte Viking, est le refuge des Chinois et le site de leur dernière ville. J’ai donc l’intention de leur déclarer la guerre pour m’emparer de cette cité.

Ensuite je fais la même chose avec les deux villes Russes restantes, Tver et Yakutsk. Tout cela me fait de très belles bases avancées pour de futures frappes en profondeur sur les continents voisins.

D’autres îles situées entre mon continent et le continent éthiopien m’intéressent également, mais elles sont toutes peuplées d’Égyptiens et je n’ai pas l’intention de faire la guerre à l’Égypte car il lui reste encore des villes sur le continent.

Comme il commence à y avoir pas mal de bateaux battant divers pavillons sur les océans, je lance un groupe de corsaires pour en couler quelques-uns et foutre le bordel sur les côtes étrangères. Ça ne réussit que trop bien, je prive Zara Yaqob de toutes ses ressources en poissons et fruits de mer. Lui qu’adore les moules, comment qu’il va faire ?

De mon côté je construis de nombreuses frégates et galions de combat.

Dans les territoires anciennement arabes, un problème fait surface, celui de Damas. Cette ville fraîchement conquise s’est révoltée est tombée sous le contrôle du Dravidien. Non seulement c’est intolérable mais en plus cela coupe le territoire de mes conquêtes en deux. J’envoie mon ambassadeur exiger la libération de la ville et son retour sous mon contrôle. Krishna accepte à contre-cœur, conscient qu’un refus pourrait causer une guerre qu’il serait dans l’incapacité de gagner.

J’envoie dans ces villes conquises des officiers gouvernementaux qui instaurent sans plus tarder l’ordre en faisant bâtir sur-le-champ tribunaux, écoles et autres bâtiments publics. Très pratique ces nouvelles unités.

Les Zoulous disparaissent, anéantis par les Vikings. Moi je suis aux prises avec Krishna qui s’est définitivement déconsidéré à mes yeux dans cette histoire à Damas. En plus il est en guerre depuis trop longtemps avec Abbas, et je me dois de soutenir cet ami de toujours. Un nouveau grand général naît dans cette campagne, et je lui fais fonder une doctrine navale fondamentale pour notre futur, puisque sur mon continent ne reste plus que moi et Abbas le Fidèle.

Les doctrines sont une création originale de Realism Invictus. Elles sont fondées par les grands généraux et octroient dans toutes les villes des promotions spéciales aux unités concernées : archers émérites, ingénieurs astucieux, discipline de fer, loups des mers, munitions à l’uranium appauvri etc… il y en a de tous types, donnant toutes sortes d’avantages. À ce propos, les promotions disponibles pour les unités sont au nombre d’une bonne centaine, il est donc désormais possible de véritablement customiser son armée. Il y a même des promotions négatives, qui sont des malus imposés aux unités, par exemple la peur dont j’ai parlé plus tôt (peur des éléphants pour les chevaux, peur des guerriers Berserkers Vikings…) ou encore le malus d’entassement (crowded), qui est LA solution au phénomène d’empilement des unités à Civ. Lorsque plus de 15 unités de la même armée se trouvent sur une même case, elles subissent un malus réduisant considérablement leurs capacités de combat : -1 en visibilité, -1 en mouvement et même -25% en force. Ça incite largement a composer des petits groupes d’armées bien plus mobiles, pour des conflits plus réalistes.

La campagne contre Krishna se termine quand le Perse prend sa capitale au nez et à la barbe de mes propres armées. C’est de bonne guerre, je me rabats sur les îles que le Dravidien a colonisé au nord de notre continent.

J’entre peu de temps après dans l’âge industriel, en 1408, un rien en avance, donc.

Quelques images de mes possessions territoriales à ce moment-là.

Je recherche la technologie nommée impérialisme, laquelle me permet ensuite de signer un pacte défensif avec Abbas, sanctuarisant par là même notre continent. Ma flotte est maintenant une véritable armada et protège chaque mile de côtes sans exception.

Je propage le bouddhisme dans mes colonies afin de les stabiliser et d’apaiser les populations locales.

Hippo me bâtit la Statue de la Liberté, et la théorie de l’évolution est écrite à Carthage, accélérant un peu plus mon développement scientifique.

J’étoffe alors considérablement mon réseau d’espionnage qui m’a si bien réussi avec l’Inde. Je construis tavernes et prisons pour augmenter mes points d’espionnage, et j’entraîne des agents que je lâche sur les continents Viking et Éthiopien, avec une nette préférence pour ce dernier. Je profite pour ce faire de brèches dans leurs frontières culturelles, n’ayant ni avec l’un ni avec l’autre de traité de libre passage afin d’éviter la diffusion de mes progrès scientifiques et la perte de mon avance à ce niveau-là.

Il y a encore quelques révoltes dans mes colonies mais elles sont matées sans difficultés.

L’Égypte et la Turquie sont réduits à quelques villes insulaires.

En 1657 survient un fait d’importance : Zara Yaqob déclare soudainement la guerre à Ragnar. Deux puissances majeures vont donc s’affronter dans ce qui constitue la première des guerres intercontinentales. Les navires de tous poils vont être à la fête et je ne souhaite rater le spectacle pour rien au monde. Un gros convoi de troupes éthiopiennes passe bientôt le long de mes colonies.

Les troupes prennent Haerbin puis descendent sur Beijing où elles seront repoussées.

Dorénavant informé sur les méthodes de Zara Yaqob, je commence à instaurer un véritable Mur de l’Atlantique séparant mes côtes des côtes éthiopiennes, afin de prévenir toute agression de ce genre.

Je commence également mon industrialisation forcenée : des ateliers industriels poussent comme des champignons dans toutes mes villes et on produit des fusils et des canons pour armer le bon peuple qu’aime rien tant que faire la guerre, n’est-ce-pas ?

La Tour Eiffel est construite à Kerkouane et les premiers bateaux à vapeur font leur apparition dans mes docks eux aussi tout neufs – il faut des docks modernes pour pouvoir construire des bateaux modernes. J’acquiers aussi mes premiers zeppelins.

L’agression de Zara Yaqob ayant été repoussée par Ragnar (non sans la perte préalable de deux villes) c’est au tour des nombreux bateaux Vikings de passer sous mes fenêtres, enfin au niveau de mes colonies, de toute façon moi dans les colonies je n’y vais jamais, c’est sale et ça pue. Zara Yaqob n’a pas l’air plus inquiété que ça par l’arrivée de Ragnar puisqu’il débarque des troupes du côté des dernières villes égyptiennes et turques et qu’il entreprend la conquête fulgurante de ces îles. Je me réveille d’ailleurs un peu tard pour m’assurer une part du gâteau et je n’arriverai qu’à m’octroyer une ville à la frontière éthiopienne, ce qui mettra un terme définitif à l’épopée turque.

Nous voilà donc réduits à quatre civilisations pour trois continents. Le continent carthago-perse, le continent éthiopien et le continent viking. Les Vikings et les Éthiopiens continuent d’ailleurs à se foutre joyeusement sur la gueule, ça fait bien plaisir. Ils y mettent du cœur et cette fois ce sont des villes éthiopiennes qui tombent, pour changer.

Moi j’active mes espions chez Zara Yaqob pour lui voler un ou deux progrès technologiques, tel le suffrage universel, et pour foutre la merde en général en sabotant la production ou en incitant la population à la révolte. Ça marche pas à tous les coups et Zara fronce les sourcils quand il découvre que je suis derrière tout ça.

Peu importe, car en 1713 je découvre la physique nucléaire. Muhahahahaha ! Ça va faire mal. La Bombe est pas pour tout de suite, calmons-nous.

J’inspecte les territoires adverses à la recherche de sources de pétrole et d’uranium, nouvellement révélées. Je veux savoir s’il sera possible en cas de conflit de saboter toutes les installations pétrolifères ou bien d’extraction d’un de mes deux rivaux pour le priver des précieuses ressources, mais les sources sont trop nombreuses sur chaque continent pour que ce soit jouable. Surtout que le contre-espionnage éthiopien commence à devenir assez efficace. Mes espions sur son territoire se trouvent de plus en plus souvent épinglés. J’en ai quand même toujours une dizaine qui se planquent dans les principales villes éthiopiennes, à l’affût d’un mauvais coup, et j’en renvoie régulièrement.

Un jour, Zara Yaqob décide d’adopter le syndicalisme, ce qui a très vite des répercussions dans le monde entier, les peuples dans leur bêtise incurable trouvant que c’est quand même vachement chouette les droits des travailleurs, tout ça. Ça crée des troubles dans beaucoup de mes villes, notamment les colonies qui trouvent toujours prétexte à se rebeller. Ahlala, dire que c’est chez moi que Karl Marx a écrit le Capital (en 1608, oui mon bon monsieur).

Afin de conserver mes doctrines libérales qui remplissent quand même bien les caisses de l’état, et de contenter une population toujours plus exigeante, je me lance dans le divertissement de masse avec la création du cinéma, qui sera un succès immédiat. Succès oui, mais encore faut-il construire des cinémas dans toutes mes villes afin de pallier à la grogne socialiste de mes travailleurs.

Pendant ce temps mes espions en Éthiopie me révèlent qu’il y a tout lieu de croire que Zara Yaqob se dirige vers une victoire culturelle. Trois de ces villes ont en effet un score de culture imposant et qui progresse à chaque tour. J’ordonne à mes agents de tout faire pour enrayer ce phénomène. D’ailleurs la culture, c’est nos films hollywoodiens, qu’on se le dise. Qui a jamais entendu parlé d’une culture socialiste, franchement ?

Mes agents se déplacent en nombre vers Labibela, la moins rayonnante de ces trois villes, et commencent à y saboter tous les édifices culturels qui s’y trouvent : librairie, théâtre, opéra, mais aussi cathédrale ou château médiéval, tout y passe. Il me faudra des hommes en nombre car beaucoup sont pris avant de pouvoir passer à l’action, et Zara s’entête à reconstruire ce que je tente de détruire. La croissance culturelle de la ville est toutefois fortement ralentie, c’est déjà ça.

Les troubles intérieurs vont croissant, je n’arrive pas à faire lâcher au peuple son idée d’une justice sociale. Le mécontentement atteint la capitale et les principales villes carthaginoises, jusque-là épargnées. La création in extremis d’Hollywood et de Broadway m’aidera à faire le bonheur de la population et à l’éloigner des sirènes socialistes. Après cela, seules quelques villes portuaires, tournées vers le continent éthiopien et donc plus exposées à son influence, resteront modérément mécontentes.

Les premiers biplans font leur apparition en 1742. À la même époque, Ragnar décide de déclarer la guerre à Abbas pour une sombre histoire de colonies que ce dernier aurait fondé sur le continent Viking, dans des territoires verglacés et quasi-inhabitables mais quand même revendiqués par Ragnar. Mon alliance avec Abbas se déclenche et je déclare automatiquement la guerre à Ragnar.

Pour soutenir mon allié, je lui offre des surplus en acier ainsi que des droits de diffusion de mes films hollywoodiens et des comédies de Broadway, à but de propagande.

Ragnar fait quelques mouvements navals autour de mes colonies au large de ses côtes, mais rien qui ne me semble trop dangereux, à part la destruction de quelques aménagements (dont un puits de pétrole quand même). Il ira par contre promptement reprendre les trois colonies fondées plus tôt par Abbas.

Dans les faits je suis allié avec Abbas, mais dans le principe je comprends tout à fait la position de Ragnar, qui ne désire tout simplement pas que quelqu’un d’autre s’installe sur son continent. Cela m’incline à être clément avec lui. Je vais quand même débarquer quelques troupes dans le coin des villes fondées par Abbas pour montrer au Viking ma puissance de frappe, ma capacité de projection et ma résolution, mais je ne désire pas la guerre entre nous. Je veux juste lui faire les gros yeux.

Pourtant et malgré le fait que Ragnar accepte l’idée d’un traité de paix avec moi, il refuse catégoriquement de faire de même avec Abbas. Je commence alors par décimer son détachement envoyé prendre les colonies Perses, mais il persiste dans son refus. Je prends une des villes en question et la rase à titre d’exemple, mais Ragnar m’envoie balader, hors de question qu’il signe la paix avec Abbas. Il semblerait qu’il ait vraiment une dent contre lui. Le Perse me confie qu’il aimerait bien de son côté faire la paix avec Ragnar mais qu’il se heurte également à une fin de non-recevoir.

Comme les troupes que j’ai envoyé sur place commencent à faire la gueule car on leur avait promis une guerre super-courte, j’envoie en guise de renforts quelques chars d’assauts rudimentaires, de grosses boîtes de conserves avec des roues. Ça fait fureur sur le champ de bataille, faut dire qu’en face ils se battent encore à cheval. Un nouveau grand général apparaît après quelques batailles en terres viking. Celui-ci me fonde immédiatement la doctrine production de masse, qui me permettra dès lors de produire des unités à un rythme soutenu.

En 1757, coup dur, alors que je suis toujours en guerre avec le Viking pour soutenir mon allié, j’apprends qu’un de mes plus éminents espions a fait défection pour rejoindre le renseignement Perse ! Je fais en sorte qu’un « accident » survienne, éliminant le traître, ce qui me vaut un malus diplomatique avec Abbas, le premier de la partie, mais cette trahison ne pouvait rester impunie.

En 1767 et alors que la paix avec Ragnar n’est toujours pas signée, même si le conflit s’est considérablement refroidi (nous n’échangeons guère plus que des insultes), Zara Yaqob lance une attaque surprise sur ma ville d’Hyderabad, anciennement Dravidienne. Il la rase aussitôt prise, ce qui déclenche l’ire de mon état-major.

Des plans sont rapidement jetés pour châtier les criminels. La paix est signée avec Ragnar, laissant Abbas se débrouiller avec lui, il avait qu’à pas soudoyer mes espions. Tous mes agents dormants en Éthiopie sont réveillés et commencent à saboter la production militaire de Zara Yaqob. Enfin, mes bateaux redoublent de vigilance pour ne pas laisser passer de nouveaux convois. Le pire c’est que je l’avais vu arriver celui-là, mais je pensais pas qu’il allait m’attaquer, je croyais qu’il était juste en manœuvres ou quelque chose du genre. Après avoir repoussé l’offensive d’avant-garde éthiopienne, j’embarque mon armée basée à Thapsus (seul un gros détachement était envoyé en terres Viking) et la lance sous bonne escorte en direction des côtes éthiopiennes. Les dites côtes sont d’ailleurs déjà sous le feu de mes bateaux du Mur de l’Atlantique précédemment mis en place. La stratégie de rétaliation est telle que suit : l’armée de Zara Yaqob est d’une taille conséquente, je ne pourrais pas soutenir une invasion en règle ou la prise de villes. Aussi, le plan c’est de faire le tour des côtes et de raser toutes les villes portuaires de Zara Yaqob, réduisant à néant ses capacités de projection navale. Dans le même temps, mes navires de guerre encercleront le continent pour un blocus généralisé de l’Éthiopie. Ça devrait le calmer un bon moment.

Dont acte, je commence à appliquer cette stratégie avec succès. Les troupes de Zara Yaqob ne sont pas assez mobiles pour suivre mes déplacements. Je débarque à côté d’une ville, la pilonne avec mes navires pour réduire ses défenses, le tour suivant je prends la ville et je la rase, et au troisième tour je rembarque tout le monde et je me dirige vers la ville suivante. Ça fonctionne à merveille, j’imagine Zara Yaqob trépigner de rage et d’impuissance dans son quartier général. Ma supériorité sur les mers me permet d’échapper à toute poursuite. La guerre contre l’Éthiopien durera jusqu’en 1793, le temps de raser toutes les villes portuaires du continent. Lors de la signature du traité de paix, j’exigerai en réparation aux préjudices causés la cession de toutes les îles éthiopiennes (anciennement égyptiennes et turques, situées au sud-est de son continent) et leur rattachement à mon empire. Zara Yaqob n’aura pas d’autre choix que d’accepter.

Je suis en pleine campagne militaire lorsque nous entrons dans l’ère moderne. Les nouvelles générations ayant plus d’exigences que leur parents, et puis le mécontentement dû à la guerre se faisant ressentir, mes villes sont de nouveau en proie à des troubles. De guerre lasse devant les revendications incessantes, j’annonce en 1769 des réformes visant à instaurer des droits syndicaux. J’en profite aussi pour passer d’une économie de marché à un système autarcique et mercantile. En effet je refuse, vu leurs crimes, de faire profiter plus avant Vikings et Éthiopiens des retombées de mon économie florissante, et d’après mes experts le marché intérieur carthaginois est bien assez développé pour soutenir une économie toute entière tournée vers l’intérieur. Quelques ajustements seront nécessaires mais on y arrivera.

Sinon, j’ai découvert quelques temps auparavant la technologie me permettant de procéder à des tests nucléaires, mais avant cela il me faut réaliser une expertise nucléaire que seule un Scientifique Illustre est capable de mener à bien. J’attends avec impatience l’arrivée de nouveaux grands personnages, mais celui qui apparaît bientôt se révèle être un Grand Ingénieur alors qu’on s’attendait (à 65%) à un Grand Scientifique. Rebelote pour le suivant, à nouveau un Grand Ingénieur.

En attendant la bombe je développe ma couverture aérienne. Mes biplans sont remplacés par des chasseurs à hélice, et les premiers bombardiers font leur apparition.

Abbas perd quelques îles à Ragnar, mais l’intégrité de notre continent n’est pas menacée. Moi je grignote à Abbas quelques portions de territoires à coup de revendications culturelles, ce qu’il me reprochera. Pas bégueule pour autant je lui fait partager les bienfaits du rock’n’roll, créé un beau jour de 1803.

Hop, petite carte du monde pour voir où on en est.

Finalement, j’arrive à faire émerger un Scientifique Illustre. Ça tombe bien, on commence à avoir pas mal de stocks d’uranium dont on sait pas trop quoi foutre. Il me réalise son expertise nucléaire et ensuite, ben ensuite il faut construire un site d’enrichissement de l’uranium, bien sûr. Après, seulement après, on peut enfin lancer notre premier test nucléaire, en 1816. Ce test, en plus d’ouvrir à tous les joueurs la voie nucléaire, permet à celui qui l’a lancé le premier de créer des ogives dans toutes ses villes sans avoir au préalable besoin de construire des silos nucléaires. Comme j’ai depuis longtemps acquis les connaissances requises en électronique et propulsion pour concevoir des ICBM ou missiles intercontinentaux, j’en lance la production en masse.

En 1819 donc trois ans après le premier test nucléaire, je termine la construction des Nations-Unies. À ma grande stupeur, ce n’est pas moi mais bien Zara Yaqob qui est élu secrétaire général. Abbas, l’ami fidèle, le compagnon des premiers jours, a en effet voté pour Zara Yaqob ! LA SALOPE D’ABBAS ! J’en reviens pas putain. Moi qui lui ai tout donné ! Du coup je vais le voir et j’annule tous les traités-cadeaux que je lui ai fait : les droits de diffusion de nos films, de nos musiques, de nos spectacles, et puis l’acier de qualité première que j’ai passé des années à te fournir, tout, tu me rends tout espèce de petite pute d’Abbas.

Passé le choc, j’essaie de comprendre le pourquoi du comment. Abbas m’en veux pour ces bêtes histoires de frontières entre nos villes, soit, et aussi, j’apprends, parce que j’ai rasé une de ses villes. Quoi, moi j’ai rasé une ville Perse ? Allons, ça se saurait. En fait il s’agit d’une des colonies fondées chez Ragnar et que j’ai détruite pour impressionner les Vikings et marquer ma détermination. Ah, c’est donc ça. Du coup je m’adoucis, j’essaie d’amadouer Abbas, qu’il ne réitère pas la connerie de voter pour Yaqob, nom d’un Ganesh !

Ça a plutôt réussi puisque aux élections suivantes Abbas s’est abstenu, mais Zara a quand même été réélu sur la base seule de la taille de sa population, plus nombreuse que la mienne.

Bon je décide de ne pas m’en faire et continue avec mon hobby qu’est la création d’ICBM. Je fais aussi des jolis tanks tout modernes (pour l’époque).

J’envoie de plus en plus d’espions chez Zara Yaqob qui se rapproche dangereusement d’une victoire culturelle. Labibela reléguée en quatrième position grâce à mes sabotages répétés, c’est maintenant Newcastle qui prend le relais et menace de passer le niveau culturel légendaire. Il m’est cependant de plus en plus difficile de débarquer des espions chez l’Éthiopien, les brèches dans ses frontières se faisant de plus en plus rares. En plus son contre-espionnage me nique un bon nombre d’espions sur le trajet entre la côte et Newcastle, sise dans les terres.

En janvier 1835 je crois que j’ai la berlue, Zara Yaqob, secrétaire général de l’ONU, propose une résolution visant à instaurer le fascisme comme doctrine mondiale. Oh putain ! Voilà, je vous avais bien dit que c’était pas une bonne idée de placer Zara à la tête de cet organisme ! Je décide de défier la résolution, au risque de déplaire, tout en souhaitant que Ragnar et Abbas, tous deux partisans du fédéralisme (alors que pour ma part je suis toujours sous régime parlementaire) en fassent de même. Par ailleurs j’essaie par des cadeaux de me rapprocher de ces deux-là afin d’espérer gagner leur voix et être élu à l’ONU à la place de Zara la prochaine fois qu’il y aura des élections.

Le dépouillement des votes a lieu. Abbas et moi avons tous deux défié la résolution, elle n’a donc aucune chance de passer, par contre Ragnar a contre toute attente voté oui.

Le mécontentement provoqué par cette ruade diplomatique cause des émeutes dans la plupart des villes de mon empire. Encore une résolution de ce genre et je suis bon pour une révolution. Mes colonies notamment, sont en proie à des troubles graves, et toutes les ogives nucléaires du monde n’y peuvent rien, c’est triste.

La résolution suivante est moins polémique puisqu’il s’agit d’ouvrir toutes les villes du monde au commerce global. Je vote non puisque je suis toujours dans un système économique autarcique et que je compte y rester, mais la résolution est plébiscitée par les autres membres de l’ONU et la résolution passe. Peu importe.

En 1846, événement d’ampleur mondiale : des Carthaginois ont marché sur la lune ! Oui monsieur. Non c’était pas fait en studio. Puisque je vous le dis. Z’avez qu’à aller voir puisque vous êtes si malins.

La porte sur l’espace s’est ouverte et je n’aurais désormais de cesse de bâtir mon vaisseau spatial (et des ogives nucléaires, aussi).

En plus d’avoir du mal à passer, mes espions ne parviennent plus à causer des dommages assez importants chez l’Éthiopien qui a tourné toute son économie vers la production de culture, délaissant la science et le militaire. J’estime qu’une action chirurgicale est nécessaire pour empêcher l’Éthiopie de décrocher la victoire culturelle. Ce qu’il faut c’est raser une ou deux de ses villes les plus rayonnantes, par exemple Aksum, sa capitale, pour suffisamment ralentir sa progression culturelle. Ouais. Aksum Delenda Est, disait encore un type hier à la télé. En plus ça pourrait me permettre de reprendre l’avantage sur les votes à l’ONU, si la population éthiopienne diminuait suffisamment. Hmmm, c’est un point à prendre en compte.

Pour commencer, j’envoie ma flotte, avec porte-avions et tout, contourner par le nord le continent éthiopien afin d’avoir le meilleur angle d’attaque pour atteindre rapidement la capitale.

On se rend compte que merde, par le nord on peut pas passer, l’océan est pris dans les glaces, faut contourner par le sud, c’est beaucoup plus long. En 1851 alors qu’on est en train de faire le grand tour, Zara Yaqob propose une nouvelle résolution, cette fois-ci visant à instaurer le communisme comme doctrine globale. Mais c’est de pire en pire ! Le fascisme, bon, à la rigueur, on aurait pu s’en contenter, hein. Y a des belles choses dans le fascisme, y a euh… euh… enfin je veux dire, c’est une belle utopie quoi ! Mais le communisme ! Non alors ! Je défie alors la résolution et je fais bien car tous les autres votent oui. Le mécontentement redouble dans mes villes, je presse ma flotte d’arriver parce qu’on va en finir, c’est plus tenable, ça va être une frappe chirurgicale d’accord mais de la chirurgie nucléaire, qu’on se le dise.

1854, la guerre est déclarée. Les troupes de Zara Yaqob sont très obsolètes, tout occupé qu’il est à faire de la peinture, de la poésie et ce genre de conneries cul-culturelles. C’est pas pour autant qu’on va faire semblant, hein, j’ai 89 ogives qui chauffent dans les silos, on va bien en balancer quelques dizaines. Dont acte. La guerre en images :

Comme vous pouvez le constater, la stratégie est simple : on déblaye d’abord au nucléaire, et ensuite on envahit les territoires vitrifiés. C’est plus propre.

En 1859 ont lieu de nouvelles élections à l’ONU et cette fois je suis en tête puisque la population éthiopienne a salement chuté. Je deviens donc secrétaire général de l’ONU grâce à une guerre nucléaire totale. C’est presque aussi beau que Jules César élu dictateur à vie, dites donc.

Par contre, chez moi tout le monde fait la gueule à cause de la guerre, des bombes, des villes rasées, des bébés Éthiopiens dont on se fait des moufles, tout ça. Diplomatiquement aussi Abbas me fait grave la gueule puisqu’il était pote avec Zara. Y a que Ragnar qui se marre vu que lui aussi est en guerre contre Zara Yaqob, et puis chez lui, les moufles en peau de bébé c’est une tradition.

Je fais la paix avec Yaqob histoire de calmer un peu tout le monde, de toute façon les objectifs de cette guerre sont largement atteints.

Je continue avec beaucoup de mal à assembler mon vaisseau spatial car je subis de nombreuses opérations de sabotages de la part d’agents étrangers. Surprise ! Après enquête, il s’avère que ce sont des espions Perses qui sont à l’origine de toutes ces actions. C’est qu’il commence à me gonfler sérieusement, l’ami Perse. Je regarnis nos frontières communes de troupes modernes, envoie des agents en contre-espionnage, et réitère mes menaces après avoir coupé mes approvisionnements en cadeaux divers.

En 1873, ça y est, mon vaisseau spatial décolle, plus que trente tours avant la victoire.

Émeutes et pillages continuent sans que je sache comment faire pour apaiser la situation, j’ai même des troupes qui se mutinent, et une de mes colonies passe aux mains éthiopiennes, mais on s’en tape, le vaisseau est lancé !

Et puis en 1882, Abbas Fourbe d’entre les Fourbes me déclare la guerre. L’assaut est bien coordonné, je dois dire, d’autant que les troupes d’Abbas sont au moins aussi modernes que les miennes. En plus le gros de mon armée est toujours en mer à l’autre bout de la planète. Abbas me coule mes bateaux de protection des côtes, envoie ses chasseurs descendre mes sentinelles aériennes, puis avance ses tanks et infanterie en direction de quatre de mes villes frontalières, le tout dans un bel ensemble.

Moi je pète un câble, forcément, et balance tout ce qu’il me reste d’ogives sur les villes d’Abbas.

Tiens à propos, la puissance des ogives a été revue à la hausse dans Realism Invictus. Une ville ne disposant pas d’abris anti-atomiques se verra le plus souvent réduite à 1 de pop après nucléarisation. Malheureusement les villes d’Abbas sont bien équipées à ce niveau-là.

Les troupes d’Abbas ne semblent pas intimidées par cette contre-attaque nucléaire et continuent d’avancer dans mon territoire. Il me balance même quelques missiles nucléaires tactiques sur le coin de la gueule, ce bâtard ! Je lance la production de quelques troupes dans les villes du Nord mais la production est ralentie par les émeutes et les sabotages continuels. C’est le chaos, bordel.

Mes troupes embarquées arrivent enfin et j’espère pouvoir retourner le cours de la guerre mais il n’en est rien car les villes Perses sont très bien défendues et mes bombardements terrestres comme maritimes s’avèrent inefficaces. Seuls les bombardements aériens donnent quelque résultat. Avec mon armée qui a rasé la moitié d’un continent j’arrive juste à détruire une ou deux villes Perse, à construire un mur défensif et c’est tout, on peut seulement attendre que la victoire nous tombe du ciel.

Et voilà, le vaisseau arrive putain. J’ai gagné bordel, mais si j’avais pas lancé mon vaisseau si vite, ou si Abbas m’avait poignardé dans le dos une vingtaine de tours plus tôt (CETTE SALOPE D’ABBAS !) ç’aurait été carrément compromis.

43 heures 53 minutes de jeu, bordel, et je compte pas le temps que ça m’a pris pour écrire ce rapport démesuré. Mais à partie d’anthologie, rapport d’anthologie. J’espère que je vous ai donné envie de jouer à ce mod.

n’cha !