Tag Archive: art


Encore une vidéo géniale, tiens, ça vous en fera deux, bon quota de trucs géniaux pour la journée.


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La danse de Guan Yin

Guan Yin, déesse de la miséricorde, connue également sous le nom de bodhisattva à mille bras.

Pleins de dessins qui déchirent


Bon j’ai pas trouvé un titre qui en jette aujourd’hui. Je suis très triste.

Oh que c’est beau.

Des tags, des vrais

Et pas des griboullis pourris comme le font 98% des taggeurs: http://www.environmentalgraffiti.com/featured/35-greatest-works-of-reverse-graffiti/1949


“In the environmental movement, every time you lose a battle it’s for good, but our victories always seem to be temporary and we keep fighting them over and over again.”
David Suzuki. (Vachement inspiré pour un gars qui porte le nom d’une marque de bagnole japonaise)

PaintShop Pro

Coucher de soleil sur littérature

Vous êtes instamment priés de vous rediriger vers le site de Tony Gump, lequel nous expose trois nouvelles oeuvres tout en finesse.
Le titre de l’oeuvre présentée ici est de mon invention et n’a pas été avalisé par l’artiste, j’en assume donc l’entière responsabilité. La toile originale est sans titre.

Poésie

L’éponge à souffrances
C’est la poésie
Toute chargée de sens
Ou chargée de vie
Toujours en vacances
Toujours dans mon lit
Le temps en suspens
Midi ou minuit

La loi du silence
N’a pas cours ici
Mes rêves sont étanches
Sur eux l’homme n’a prise
Voyage permanent
Pays onirique

On se vide le ventre
On vomit ses tripes
Toujours on avance
Dans un long suicide
Car l’art est violence
Tue petit à petit
Les mots ensemencent
Autant qu’ils détruisent
J’ai bien de la chance
D’être un Invisible.

A lire également sur mon blog.

Our sentence is up

The Invisibles est au comic ce qu’Akira est au manga. Le chef-d’oeuvre qui transcende un genre.

The Invisibles, part 2

J’en rajoute une couche sur les Invisibles parce que c’est vraiment mortel. Sans doute une des meilleures BD que j’ai jamais lu. J’ai pas encore fini ‘Say you want a revolution’ et pour le moment ça part un peu dans tous les sens mais c’est tellement vaste que ça paraît plutôt normal et puis ça reste quand même bien construit.
Parmi les nouveaux arrivants : La tête de St Jean Baptiste sur un tourne-disques, prophétisant à tout va ou bien chantant des vieux tubes des années cinquante ; Papa Guédé, esprit vaudou sillonnant Fantômeville, la citée-poussière ; Ometeotl, double dieu du 13ème ciel et Mictlantecuhtli, seigneur du domaine de la mort, du domaine des pleurs et des sans-chair. Il y a même Tsathoggua, divinité lovecraftienne invoquée dans une sacristie. Donc ouais ça part bien en live, en plus c’est carrément violent vu que tout ce petit monde se bastonne à coup de zombis, de démons, d’insectes géants ou de soldats décérébrés.
On retrouve toujours les Invisibles au milieu du bordel essayant d’équilibrer tout ça en se baladant sur plusieurs sphères de temps. Quant aux humains dans ce merdier, ils n’ont aucune idée de ce qui se passe. Ils ne sont que des pions manipulés à leur insu par toutes ces puissances.
Ca a l’air compliqué mais en fait tout est amené en douceur et quand ça se met à partir dans tous les sens on a pas de mal à s’y retrouver.
Les dialogues sont aussi bien tripant, genre :
« Je vous laisse, j’ai un rituel au cabinet et si c’est comme la dernière fois on risque de nager dans le foutre et le sang pendant au moins douze heures. »

Indispensable.

#KulturKomik#

Say you want a revolution

Je suis en train de lire le premier tome de The Invisibles, un comic de Grant Morrison, scénariste écossais, et ça déchire. Vraiment. C’est au niveau de Watchmen, peut-être même mieux. Les personnages sont pas aussi complexes mais le scénario est énorme.
Ca parle de conspiration pour une domination mondiale, de puissances occultes, de rébellion, de poésie. On y croise John Lennon (la divinité personnelle d’un des personnages), Lord Byron, le marquis de Sade, des dieux Egyptiens ou Hindous et puis aussi un vieux clodo un peu fêlé, des rats et des pigeons. Le concept de temps est abordé sous son appréhension Dickienne, à savoir que le temps est vertical et non horizontal, donc que toute l’Histoire se déroule en un seul instant, que tout a lieu en même temps. On ne s’étonnera donc pas de voir, durant une scène de la Terreur française où de pauvres bougres sont marqués au fer rouge afin d’être « plus facilement contrôlés », que la marque en question ressemble fortement à un code-barres, ou bien que le groupe de héros se retrouve transporté dans une toile de Poussin (les bergers d’Arcadie).
Les héros d’ailleurs parlons-en. Ils forment un groupe plutôt hétéroclite : la new-yorkaise en survêt, le rocker chauve, le travelo en talons aiguilles (Lord Fanny), la vieille pin-up sur le retour et la jeune racaille de Liverpool.

Ze crew

Il y a 7 tomes (Say You Want a Revolution, Apocalipstick, Entropy in the UK, Bloody Hell in America, Counting to None, Kissing Mister Quimper, The Invisible Kingdom) qui font plus de 200 pages. Y a donc de quoi faire. La traduction est très bien foutue mais bien entendu ça ne vaut pas la version originale. J’ai le premier tome en français et j’ai trouvé le 5ème en anglais, mais je sens que je vais commander tout le reste en VO et racheter le premier tome en anglais dans la foulée.

Enfin bref un comic qui dépote, avec plein de réferences et une ampleur universelle. Y a pas à chier, les britons savent scénariser. Un chef-d’oeuvre.

En attendant Beckett par Adrien Charpentier

Scène 1

La scène est vide. Un personnage, debout, bras pendants, paraît très absorbé dans ses réflexions. Un autre entre. Les deux se ressemblent étrangement. Ils sont vêtus de noir.

– Salut.
– Salut.
(…)
– Ca va ?
– Bien, bien. Merci.
– Bon.
– Et toi ?
– Moi ça va. Ca va bien, oui.
– D’accord. Très bien. C’est parfait.
(…)
– Je…
– Oui ?
– Hmm… Je ne sais trop quoi dire.
– Moi non plus.
– Il faut bien meubler, cependant.
– Oui. (regarde autour de lui) C’est vrai qu’elle est bien vide, cette scène.
– Non, je voulais dire…
– Je sais. Je sais.
– Ah ! Oui. Bon.
(…)
– Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ?
– Pas vraiment, non. Hier, déjà.
– Hier ? Déjà ? Ah !
– Si, si, je t’assure.
– Oui, tu as raison. Comme le temps passe vite.
– Ah bon, tu trouves ?
– Euh, non. Pas vraiment. C’était pour meubler.
– Ah oui. Et bien évite l’IKEA s’il te plaît. J’ai du mal avec le préfabriqué.
– Ah ah ! Entendu.
(…)
– Qu’est-ce que tu lis ?
– Rien. je ne lis pas.
– Non, je voulais dire : en ce moment.
– Je ne lis rien. Jamais.
– Tu ne sais pas.
– Si.
– Alors ça doit bien t’arriver, de temps en temps, de lire quelque chose, non ?
– Bien. Puisque tu insistes : la semaine dernière je me rappele avoir lu la liste d’ingrédients d’un bocal de pâté d’Ardenne.
– Ah. Et qu’en as-tu retiré ?
– 53% de porc.
– Intéressant.
– Très.
(…)
– Tu ne veux pas savoir ce que je lis ?
– Non.
– Eh bien je suis sur La guerre et la paix. C’est un bouquin formidable.
– Pourcentage de viande de porc ?
– Euh… Zéro. Pourtant cette guerre fût une vraie boucherie.
– Comme toutes les guerres, il me semble.
– C’est juste. Enfin c’est quand même très enrichissant et remarquablement écrit.
– Oh ça je n’en doute pas. La viande de porc aussi, c’est enrichissant.
– Soit, là je te parle de nourritures spirituelles.
– Miam !
– Comme tu dis. Je n’arrive pas à croire que tu ne lises jamais.
– Oh, cela m’arrive. Un panneau, une affiche… Je lis beaucoup l’heure aussi. Très enrichissant comme expérience, ça aussi.
– Pas la peine de faire du sarcasme. Tu ne sais pas ce que tu perds, franchement.
– Crois-tu ? Et qu’est-ce que tu y gagnes, toi, à lire ?
– Eh bien, mais c’est évident, voyons !
– Mais encore ?
– L’évasion, le savoir, l’aventure, la connaissance, que sais-je encore.
– Pour l’évasion et l’aventure, je préfère une petite promenade. Quant au savoir et à la connaissance, on s’en passe très bien.
– Pardon ?
– Eh bien oui. On réfléchit moins, on ne se prend pas la tête.
– Ne me dis pas que tu préfères l’ignorance au savoir.
– Pourquoi pas, si ignorance est synonyme de sérénité. Un ciel bleu, un coin de verdure, ça vaut tous les savoirs du monde.
– Et que fais-tu de tes journées, alors ?
– Mais rien mon cher, absolument rien.
– Et tu ne t’ennuies pas ?
– M’ennuyer ? Ah ah ah. Ecoute-moi bien mon gars. L’ennui a été inventé par des gens très occupés pour les satisfaire de leur état et leur faire craindre l’inaction. On ne s’ennuit que lorsque l’on craint de s’ennuyer.
– Etrange théorie.
– Et pourtant…
– Sans la connaissance, point de progrès.
– C’est vrai. Sans le progrès pas de mitrailleuse lourde, pas de trafic d’organes, pas de bombe atomique.
– Pas de médecine, pas d’architecture, pas d’imprimerie.
– Pas de fascisme.
– Pas de démocratie.
– Ecoute mon vieux on n’arrivera à rien comme cela. Je te propose de s’en tenir là et d’aller faire un tour.
– D’accord.

Ils sortent puis entrent à nouveau par l’autre côté.

Scène 2

Les mêmes. Même décor.

– Une autre.
– Une autre quoi ?
– Eh bien… Une autre scène.
– Quoi ? Oh non ! Encore nous. C’est pas vrai. Quelle galère.
– Où sommes-nous donc, cette fois ?
– Demande-toi plutôt qui.
– Très juste. Qui es-tu ?
– Bah… Je n’en sais trop rien. Et toi ?
– Aucune idée non plus.
– C’est malin. Qu’est-ce qu’on va faire ?
– Je ne sais pas. Même pas un décor pour se mettre en piste.
– En piste de cirque ?
– Pourquoi pas. Tu te sens de faire le clown ?
– Bof.
– Tu n’as pas l’air très motivé.
– Est-ce que le public est là, d’abord ?
– Le… Le public ? Ah ah ! Mon bon ami, ça fait bien longtemps qu’on a abandonné tout espoir de jamais trouver un public.
– C’est bien dommage.
– Certes mais que veux-tu, l’époque n’est ni au théâtre, ni à la poésie.
– Oh, oh ! On l’a déjà entendue cette rengaine, de tous temps. Déjà dans l’Antiquité on accusait les poètes d’inutilité.
– Te voilà bien péremptoire.
– Sans doute le café, tu le fais trop fort.
– Moi je pense que c’est tous les sucres que tu as mis dedans qui t’électrise.
– Mais c’est parce que tu le fais trop fort. La cause est la même. Même cause même effet.
– Ca n’a rien à voir. Tu dis n’importe quoi. Si tu n’as rien d’intelligent à dire, tais-toi.
– Ah oui, et tu te sens d’attaque pour un long monologue, toi ?
– Grmmmbll, on verra bien, je…
– Eh bien ?
– Euh… Je… Et voilà ! Tu me mets la pression, résultat : je n’y arrive pas.
– Tu cherchais sans doute quelque grandiloquence à déclamer. Une envolée shakespearienne ou quelque chose dans ce goût-là, n’est-ce pas ?
– Ca va, ça va. Je cherchais quelque chose qui ait un peu de panache, vois-tu. Quitte à monologuer, autant le faire avec style.
– N’est pas Shakespeare qui veut.
– Dis donc toi, ça te va bien de donner des leçons. Pas plus tard qu’il y a un instant tu te lançais dans une diatribe enflammée sur la poésie. Je t’entends encore : « Depuis l’Antiquité et les plus sombres âges, les poètes furent chassés et leurs belles images, foulées au pied. »
– Tu en rajoutes un peu.
– Oui c’est pour le lyrisme.
– Tout cela ne nous dit pas où nous sommes.
– Eh bien, vieux. C’est évident. Nous sommes sur scène.
– Ca oui, bien. Mais encore ? Quelle scène ? Quel acte ? Quelle pièce ?
– Mais… Toutes, évidemment.
– Toutes ?
– Assurément.
– Il faudrait commencer, alors, non ?
– Tout à fait. Commençons. Mais par où ?
– Si on essayait par là ?

Ils sortent.

Scène 3

Idem.

– Scène 3 !
– Scène 3…
– Les gens vont finir par se lasser.
– Tu crois ? (Jette un oeil à la salle) C’est bien possible.
– On ne peut pas continuer comme ça.
– Non. Que propose-tu ?
– Ce qu’il nous faudrait ce sont des accesoires.
– Hmm.
– Si seulement on avait des chapeaux. On pourrait…
– Oui ?
– Je ne sais pas. Mais on a tout de suite l’air beaucoup plus crédible avec un chapeau.
(Il fouille dans ses poches)
– Ah !
(Il tire un mouchoir de sa poche)
– J’ai ça.
– C’est peu.
– On peut en tirer, bien des choses, en somme.
– Comme ?
– Hélas, pauvre Yorrick ! (S’éponge le front) Je l’ai bien connu Horatio.
– Ahah. Oui.
– Et alors ? Ta réplique ?
– C’est que… Je ne connais pas le texte.
– On ne va pas aller très loin alors.
– C’est un début.
– Oui. Mais ce n’est pas avec des bouts de débuts mis bout à bout que l’on va s’approcher de la fin.
– Tu crois que les gens ont hâte que ça se finisse ?
– Je n’ai pas dit cela mais… (regarde la salle) C’est moi ou il y a plus de monde que tout à l’heure ?
– C’est toi.
– Ah. Oui. Je me disais aussi.
(…)
– Bon.
– Oui ?
– Qu’est-ce qu’on fait ?
– Que veux-tu que l’on fasse ?
– Et toi ?
– Continuons.
– Continuer quoi ?
– Eh bien, ce que l’on fait depuis tout à l’heure, enfin.
– Tu veux dire rien ?
– C’est ça. Continuons à ne rien faire.
– Quel programme.
– N’est-ce pas ?
– Quelle heure est-il ?
– Je ne sais pas.
– Incroyable.
– Quoi ?
– Et bien nous sommes là, un peu perdus, comme coupés de la réalité. Deux acteurs sans rôle, sans décor, sans public. On n’a même pas l’heure.
– C’est un peu comme si on était mort en fait.
– Oui. Ca fait froid dans le dos.
(…)
– Tu crois que…
– Non ! Je ne crois pas. N’en parlons plus.
– Pourtant…
– J’ai dit non.
– Bon. Nous ne sommes pas plus avancé maintenant.
– Et pourtant l’heure tourne. Quelque part. Je veux dire partout, ici aussi bien sûr. (il rit nerveusement) J’en suis certain.
– Tu en es certain ou tu l’espères ?
– Ne joue pas sur les mots.
– C’est tout ce qu’il nous reste.
– Ne dis pas ça. J’aimerais bien savoir l’heure.
– Moi aussi. On manque de repères.
– Tout à fait.
(…)
– On dirait que quelqu’un arrive.
(On entend des bruits de pas)
– Oui, quelqu’un arrive. Quelle aubaine.
– On va pouvoir lui demander l’heure qu’il est.
– Ca et… le reste.

Un homme entre. Il est vêtu d’un costume clair. Il prend un air étonné en voyant les deux autres.

– Excusez-moi. Qu’est-ce que vous faites ici ?
– Eh bien mais… Nous sommes là pour la pièce.
– Nous sommes acteurs. Vous-même ?
– Moi je suis l’auteur.
– Ah !
– Ah !
(…)
– On voulait vous dire.
– A propos de votre pièce.
– Le décor.
– Le texte.
– Les personnages.
– Oui. Les personnages.
– Toute cette pièce, en vérité.
– Oui, votre pièce.
– Rien.
– Queue de chie.
– Inexistant.
– C’est ça. Elle n’existe pas votre pièce.
– Personne dans la salle.
– Pas d’éclairage.
– Pas de directives.
– Aucune aide.
– Aucune.
– On a un mal fou à jouer.
– Alors ça je veux bien vous croire.
– Ah ?
– Oui ?
– La pièce, c’est demain.

Rideau.

Samuel Beckett. Hommage.

*** Avertissement ***

Le post qui suit est très sèrieux. Ca faisait longtemps, alors je préfère prévenir.

Réflexion sur l’art (dans Ulysse / J. Joyce)

« L’art ne doit nous révéler que des idées, des essences spirituelles dégagées de toute forme. Ce qui importe par-dessus tout dans une oeuvre d’art c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir. La peinture de Gustave Moreau est une peinture d’idées. Ce qu’il y a de plus profond dans Shelley, et les paroles d’Hamlet, mettent notre esprit en contact avec la sagesse éternelle, le monde des idées de Platon. Tout le reste, spéculations d’écoliers pour écoliers. »