Réflexion flash

« Pour transporter un nombre égal de personnes, il faut de quatre à vingt fois plus de surface de voirie avec l’automobile qu’avec les transports collectifs. Au prix du mètre carré dans le centre des grandes agglomérations et même des moins grandes, il est clair que l’automobile privée ne devrait pas pouvoir concurrencer les transports publics. Les dépenses de voirie, dans les grands villes, sont d’ores et déjà la cause majeure de l’endettement des communes, au détriment des autres dépenses d’équipement. Mais les pouvoirs publics et les élus locaux, soit par souci électoral, soit pour ne pas déplaire aux constructeurs d’automobiles et à leurs nombreux alliés, n’ont pas su dissuader en temps utile la circulation automobile individuelle intra muros par une sévère réglementation ou par la taxation. Ainsi la moyenne de vitesse des automobiles particulières est-elle tombée bien au-dessous de celle des fiacres du début du siècle dernier, la pollution de l’air atteint parfois des seuils d’alerte, le stationnement toléré ou abusif aboutit à la destruction de tout espace public. »

– Maurice Parodi

Notez bien que la citation concerne les déplacements intra muros, donc à l’intérieur des villes. En ce qui concerne les déplacements de moyenne et grande distance, je suis bien d’accord que l’automobile offre une liberté individuelle impensable autrement. Et inutile de faire le rapprochement avec la culture automobile étasunienne puisque les villes y sont conçues de manière à ce que la possession d’une voiture soit indispensable, ne serait-ce que pour faire une course (ce qui pour le coup s’éloigne beaucoup de l’idée de liberté véhiculée par l’imagerie d’Épinal propre à l’industrie automobile).

Intéressant aussi, sur le transport routier (camionnage) :

« Il faut bien voir les causes exactes de la concurrences victorieuse de la route [sur le rail]. Elles tiennent à ce que les chemins de fer supportent le double poids de charges fixes très lourdes et d’une interprétation erronée du service public, alors que les transporteurs routiers, sous la pression de la profession et des constructeurs de véhicules, ne supportent pratiquement aucune part des frais d’infrastructure ni des coûts sociaux, qu’ils infligent généralement à la collectivité. La suppression de la coordination rail-route a amorcé une dangereuse évolution au profit exclusif des transporteurs routiers et des constructeurs de véhicules, mais au détriment de la collectivité. »

– Maurice Parodi
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