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Pas si long que ça avec une bonne paire d'Air Max

Je tiens avant toute chose à vous avertir que la qualité du bouquin est inversement proportionnelle à celle de l’illustration de couverture, réalisée par J. Paternoster. Paternoster, il y en a qui aiment, d’autres qui généralement laissent leurs tripes sur le carrelage à force de dégueuler bruyamment. Je fais partie de la deuxième catégorie. Ceci étant dit, parlons donc du livre. Le long chemin du retour nous transporte sur une planète au système politique archaïque, mais qui, dans cet univers, a prouvé son efficacité: depuis que les Maitres ont débarqué sur Patrie, le nom de la dite planète, le Peuple, arrivé des milliers d’années plus tôt, est assujetti à cette caste dominante composée de grandes familles. A la longue, un ordre immuable semble s’être établi et la machine bien huilée. Mais un soir, Joseph Keilloran, héritier de la maison Keilloran alors invité par la Maison Geften à des milliers de kilomètres de chez lui, est réveillé par la révolte du Peuple qui massacre les Maitres et leurs sujets. Grâce à l’aide apportée par une servante, il parvient à gagner la forêt, et par conséquent, à fuire. Fuire. L’idée est séduisante en pareil cas, mais néanmoins particulièrement ardue à appliquer lorsque l’on est adolescent et que, sans ressource, il faut rentrer chez soi. D’où le titre.

Le long chemin du retour est un roman assez court, un peu plus de 300 pages, il ne s’agit donc pas d’une fresque épique. Joseph ne transporte pas d’anneau unique, il n’est pas poursuivi par des Nazguls furieux, il mesure plus d’un mètre cinquante et n’a pas les pieds velus. Enfin peut-être, il y a peu de détails sur ses pieds. Le long chemin du retour pour Joseph est à double sens. Littéralement, bien sûr, mais également de manière initiatique. Il rencontrera les Indigènes sur son trajet, seuls véritables autochtones qui vivent reclus, des humanoïdes qui ne sont pas des hommes pour autant. Fort de son éducation, Joseph s’adapte et apprend, et remet en question ses certitudes de noble bien établies, il mûrit bien entendu.

Ce qu’il y a d’intéressant avec Silverberg, c’est que pour lui la science fiction n’est qu’un prétexte. Elle lui sert de cadre, ou de laboratoire, pour des personnages dont on découvre au fils des livres la richesse, à l’inverse d’une science fiction qui place la science à égale avec l’humain, voire au dessus. A l’instar de L’homme dans le labyrinthe, l’univers nourrit les personnages et leur psychologie n’obtient finalement de sens que face à ce contexte exceptionnel, mais malgré tout, et c’est assez évident pour Le long chemin du retour, l’humanisme ancrée dans les livres de Silverberg nous rapproche nous, hommes de notre époque, de ces hommes d’un autre âge.

« L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir ; il porte avec lui l’immensité. » Chateaubriand

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L’homme dans le labyrinthe – Robert Silverberg

Mouche toi donc t'as le nez qui coule

Je l’annonce directement, L’homme dans le labyrinthe est une excellente lecture que je conseille. Avant que vous ne vous disiez « Ca y’est, encore un billet bidon qui va tourner en eau de boudin sur un super bouquin », je précise que parler de ce livre sans dévoiler l’intrigue est compliqué, particulièrement en rentrant d’une dure journée de boulot (quoi? vous ne pensiez pas que nous gagnons notre vie avec le Mur de Laine de Briques quand même?). Bon, ce post partira sûrement en eau de boudin de toute manière, vous êtes prévenu. L’homme dans le labyrinthe est l’histoire d’une homme dans un labyrinthe. Jusque là, pas de spoiler. Richard Muller, l’homme qui est dans le labyrinthe, s’y est exilé suite à une mission de contact avec les hydriens, race d’extraterrestres de la planète Bêta Hydri IV. Le labyrinthe a ceci de particulier qu’il fut bâti par une autre race extraterrestre inconnue un million d’années auparavant, il recèle en outre d’innombrables dangers qui riment toujours avec la mort. Certes, danger ne rime pas avec mort, mais peu importe. Le gros problème survient lorsque l’humanité a besoin de Richard Muller qui, lui, rejette violemment cette humanité. Voilà, on arrête là, sinon je vais trop en dire, cependant permettez moi d’ajouter que la lecture de L’homme dans le labyrinthe fut une lecture passionnante. Si vous cherchez de l’action par contre passez votre chemin, Silverberg insiste énormément sur l’âme des protagonistes au détriment de la dite action. Attention, des gens meurent dans ce livre, ouf!, seulement cet auteur sait captiver le lecteur subtilement et inexorablement grâce à un talent qui l’a hissé au panthéon des auteurs de SF. C’est mérité, vraiment. Pour les amateurs, je situerais L’homme dans le labyrinthe entre Les monades urbaines et Les déserteurs temporels: pas aussi profond que le premier, mais beaucoup moins léger que le second. Bien. G.R.R. Martin vous dirait que ce bouquin manque de pizza, et de femmes aussi, logique, et qu’il l’aurait intitulé L’homme dans la pizza labyrinthe, où le héros passerait son temps à dévorer les murs faits de pizza qui repoussent selon une recette éternellement différente et savoureuse. Ou bien, à mieux y réfléchir, La pizza dans la pizza labyrinthe.