Réflexion flash

Ce soir je sors mon ultime plat réchauffé du four, sachant que j’ai absolument rien d’autre à manger, je le rammenne au salon et là… catastrophe. Je me prends le pied dans une sacoche de PC et en l’espace d’un dixième de seconde alors que je vois déjà mon dinner s’exploser sur mon plancher je ressens une misère profonde.
Mon dinner, la seule nourriture que j’ai ce soir, MON dinner, s’apprête à m’échapper et laisser place à la faim et à la frustration de ne pas avoir dégusté ce plat que j’attendais tant.

Heureusement mes reflexes de Street Fighter IV reprennent le dessus et mon pouce et mon index droit retablissent l’équilibre essentiel au maintient de l’intégrité de ma barquette de gratin et de ma tomate farcie (comme ça vous saurez tout).

Ce qui est plus intéressant, c’est que ce micro-drame (1 seconde max) m’a aider à conceptualiser le fait que bon… en fait… nous n’avons jamais vécu la faim, la vraie. Jamais n’avons nous connu le désarrois de ne rien avoir à manger.

Jamais nous avons eu à réflechir ou à élaborer des stratégies pour savoir ce qu’on allait bouffer le soir venu. Jamais ne nous sommes retrouvé dans une situation où il n’y a rien à manger à des kilomètres à la ronde et pour des journées à venir. Par extension, jamais n’avons nous eu soif, froid, peur, craint pour notre intégrité physique ou celle de nos proches… pendant des mois, des années, des vies.

Quelques exemples me sont alors venus à l’esprit:
– un petit groupe de nomade qui doit chasser tout les jours ad vitam eternam, sans être sûre de trouver quoi que ce soit…
– une famille pendant la guerre en Bosnie en pleine hiver à Sarajevo… où apres quelques mois seulement il ne restait plus un seul copeaux de bois à faire bruler… plus d’arbres dans les rues, plus de meubles en bois dans les immeubles… que du bitume.
– et le tiers monde.

Mettez vous en conditions, pensez-y. Ces problématiques ont fait partie et font toujours partie aujourd’hui de la vie au quotidien d’un gros paquet de monde.

Bref où je veux en venir, parce que là c’est trop long déjà: le fait qu’on vive ces vies on ne peut plus privilégiés matériellement fait-il de nous des Hommes moindres? Sommes nous moins équipés psychologiqment et physiquement et donc sommes nous inférieurs? Sommes nous moins dignes?

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