Tag Archive: Serial Experiments Lain


Rêve de cette nuit

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La suite de Serial Experiments Lain

Cette nuit j’ai rêvé que je trouvais les DVD de la suite de l’anime Serial Experiments Lain. Le scénario tel que je l’ai rêvé :

2035. Les robots prospèrent dans les décombres des villes, sur les ruines de l’humanité. L’un d’entre eux repère une jeune humaine au détour d’un amas de débris. Il se prépare à la tuer mais au lieu de fuir celle-ci tombe à genoux et se met à prier. Intrigué car cela ne correspond pas aux schémas comportementaux qu’il a compilé, le robot décide de l’épargner pour l’examiner.
En comparant ses propres données avec celles de ses semblables, le robot découvre la notion de religion. Bientôt les machines appréhendent le concept de Foi et deviennent religieuses, au grand désagrément de la jeune fille qu’ils ont choisie comme Messie. Elle hait ces machines qui sont responsables de la quasi-extinction de la race humaine. Les robots prétendent à la conscience mais elle refuse d’admettre cette éventualité.

Du fait de sa promiscuité forcée avec les machines, elle découvre certaines de leurs coutumes, ou plutôt de leur routine. Tous les jours à la même heure les machines cessent leurs activités pour se connecter à un réseau central qui diffuse alors une « émission », le Jeu de Turing, une sorte de grand quizz auquel toutes les machines participent. Aucune n’a encore réussi à gagner ce concours en répondant correctement à toutes les questions. L’adolescente s’intéresse de près au jeu et finit par accéder, à l’aide d’un vieil ordinateur inconscient, au réseau central. Elle participe à l’émission et gagne. Quand ils découvrent que c’est elle qui a remporté la victoire, les machines sont déconcertées. Un schisme se fait jour dans la nouvelle religion. Une guerre éclate. La jeune fille disputée par les deux bords finira écartelée (bras en croix, en figure christique) par deux prétendants à l’orthodoxie. Réveil.

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Du nouveau sur le coffret collector Serial Experiments Lain

Alors là, je bave. Méchamment. J’ai réussi à trouver un site présentant l’intérieur du coffret mystérieux de chez Dybex, celui dont je parlais plus bas. Et c’est bôôôôôôôôôôôôôôôôôô.

Très beau même. Je ne vous mets que les images mais si vous voulez une petite description (et quelques photos supplémentaires) rendez-vous ici.

La boiboîte, donc, comme on l’a vu.

L’arrière de la boiboîte, c’est plutôt bien trouvé.

L’intérieur de la boiboîte, évidemment.

Une partie du contenu de la boiboîte.

Boiboîte. Contenu. More.

Râââââââââh Lovely.

Seul petit bémol, le manga original d’ABe se trouve être le doujinshi Nightmare of Fabrication que je vous avais présenté , mais en noir et blanc dans le coffret, allez savoir pourquoi.

Pour finir sur une note positive, citons filmsactu.com, qui a attribué à Serial Experiments Lain la note de 20/20 :
« Pour beaucoup d’amateurs de science-fiction, la série Serial Experiments Lain n’a été égalée par aucune des tentatives postérieures du genre, en termes de réflexion comme de capacité à anticiper l’avenir. On appelle cela une oeuvre visionnaire. »

Serial Experiments Lain

Wow, ça fait bieeeeeeeeeen longtemps que j’ai pas parlé de Lain ici. Faut croire qu’une nouvelle lubie/obsession m’a pris depuis. Je me demande bien quoi ^^.
Pourtant je les ai encore regardé il y a peu.
En réalité j’ai juste revu les 6 derniers épisodes (sur 13) mais ça fait combien ? 20 ? 30 fois que je regarde cette série avec toujours autant d’admiration et d’intérêt.

Bon mais je ne réveille pas le sujet comme ça pour le plaisir d’en dire du bien (quoique). En fait j’apprends à l’instant que l’éditeur Dybex a sorti il y a peu un coffret collector pour fêter les 10 ans de Serial Experiments Lain. On ne peut malheureusement pas en voir grand-chose sur le net mais on sait au moins que le design du coffret déchire :

Classe et sobriété.

À l’intérieur vous trouverez (en plus des DVD de la série) : un DVD bonus avec des interviews, un CD audio avec des remixes de la BO, 3 livrets (résumés, croquis, illustrations couleurs), un manga inédit d’ABe Yoshitoshi et une illustration exclusive du monsieur.
Le prix se situe entre 70 et 90 euros, autant dire que c’est pas donné, mais bon, quand on aime, on ne compte pas.

Pour ceux ne connaissant pas encore cette magnifique série, je recommande un petit tour sur le mur de Lain de briques.
Oui ça fait beaucoup à lire en effet. Pourquoi ne pas commencer par cette fiche de présentation ?

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The Nightmare of Fabrication

Vous êtes instamment priés de lire cette courte bande dessinée extraite de Visual Experiments, le superbe artbook de Serial Experiments Lain.

Avec une couverture qui claque, ce qui ne gâte rien.

A noter, pour ceux qui connaissent la série, que l’histoire qui suit n’y trouve pas d’équivalent. Elle est indépendante et explore tout simplement un autre aspect du cyberpunk, éludé dans l’anime, je veux parler de la robotique/cybernétique.

Quant à ceux qui n’ont toujours pas maté cette série (alors qu’elle traîne sur leur disque dur), je n’aurais qu’un mot : PUTAIN ESM MATE CETTE SERIE TU VAS VOIR ÇA DECHIRE DEMANDE A LAPSUS COMME JE L’AI FAIT CHIER PENDANT DES ANNEES ET FINALEMENT ÇA VALAIT LE COUP MÊME SI A LA BASE IL EST COMME TOI IL AIME PAS TROP LES MANGAS.
Bon d’accord, il y a légèrement plus qu’un mot. Mais merdeuh. Bordel. eSm. Watch it.

Ah ouais donc, la BD. (eSm tu peux la lire direct comme je l’ai dit plus haut peu de lien avec l’anime donc pas de spoiler, et puis ça te fera un bon teaser, voilà).

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Relents de fosse

Je reposte cette conversation qu’on a eu dans la fosse parce qu’elle était intéressante et que ce serait dommage qu’elle disparaisse dans l’oubli. J’ai viré les commentaires sans rapport avec le sujet, les fautes d’orthographe et les insultes 😀

esm.: je rêve quand même, il aura fallu Lain pour vous faire tripper cyberpunk.
lvdz.: mais non rien à voir, il aura fallu lain pour tripper sur lain
c’est beaucoup plus mystique que du cyberpunk.
tranx.: et puis bon ça fait 5 ans que je trippe dessus hein
en plus c’est vrai il y a toute une dimension mystique
qu’on ne retrouve jamais dans le cyberpunk ‘traditionnel’
alors qu’en fait le mystique s’inscrit naturellement dans le mouvement cyberpunk
comme le prouve la série.
esm.: ouais c’est vrai que dans Count Zero y en avait pas du mysticisme. Lain a tout inventé…
le CP a toujours exploré les thèmes de la technologie (qui n’a toujours pas réussi à améliorer l’humain) et les thèmes religieux / mystique. Voire même de messie.
la techno et le divin en gros. Deux piliers du cyberpunk voire même de la science-fiction en général
alors dire qu’on retrouve jamais de mystique dans le CP je suis pas d’accord.
tranx.: hmm ok. Faut voir sous quel angle c’est pris aussi. Je connais pas count zero par exemple
mais en sf générale ces deux piliers sont la plupart du temps bien distincts
souvent même en opposition
dans lain le Divin est indissociable du technologique
il n’y a qu’un seul pilier technodivin
esm.: count zero c’est carrément les divinités voodoo qui se baladent sur le net.
tranx.: je dis pas que lain a tout inventé m’enfin y a un très bon agencement des thèmes
faudrait que tu mates ça esm ça vaut le coup.
lvdz.: ouais enfin voilà lain c’est un cran au-dessus à ce niveau-là
Et sans vouloir jouer les troubles-fêtes le cyberpunk n’est pas lié au divin
Les gros thèmes du cyberpunk c’est la technologie, les corporations et le complot
C’est pas un bouquin de gibson qui va changer ca, même si c’est gibson ….
Donc en gros dire que le divin c’est un pilier du cyberpunk désolé mais là c’est n’importe quoi
No offense meant mais sur le mur on est des gars rigoureux
Désolé si j’ai été rude
mais j’ai pas dis qu’il n’y avait qu’une oeuvre qui parlait de ça
Mais je ne suis toujours pas d’accord de dire que c’est un thème majeur
Et Do androids dream of electric sheep ce n’est pas une réflexion sur Dieu malgré les références.
esm.: ouais bon ok alors ça dépend de la définition de majeur alors
mais je trouve que c’est un thème quand même assez récurrent.
tranx.: dans shadowrun et matrix le divin est juste un prétexte, du décor quoi.
Neo est the one mais c’est totalement heathen, y a pas de connexion divine.
esm.: hein c’est qu’un décor dans Shadowrun???
Eacil.: Les histoires de messie, etc dans le CP sont liés au fait que le rapprochement des humains via le cyber permet par le talent (hacker) de créer virtuellement (mais concrètement, finalement), les phantasmes mystiques. Après, le blabla (comme dans Comte Zéro), c’est qu’une interprétation de l’inconnu. Ce sur quoi s’implante aisément toute religion.
La Singularité est pour moi, la meilleure définition de Dieu.
tranx.: je suis pas vraiment d’accord sur Dieu = singularité mais bon c’est défendable
enfin disons que je vois ce que tu veux dire mais que je n’adhère pas
cela dit ça colle bien à la définition de Dieu dans Lain
(je pense qu’Eacil voulait parler plus proprement de l’aspect transcendant de la singularité c-à-d qu’un homme post-singularité est comme un dieu pour un homme pré-singularité)
ce avec quoi je ne suis pas d’accord
« comme un dieu » ne peut pas vouloir dire Dieu (du monothéisme)
c’est au mieux un dieu (du polythéisme)
car Dieu est, par définition, Unique, alors que l’homme, même post-singularité, est multiple
mais je dirais plutôt qu’un homme post-singularité est pour l’homme pré-singularité
comme un mage très puissant pour un paysan de med-fan.
Eacil.: C’est exactement ça, le truc post et pré-singularité. Mais il faut rajouter que je conçois
la Singularité dans son évolution constante, ainsi un « post-singularité » peut revivre une Singularité selon ses nouveaux paradigmes. Et le Dieu de lain n’est pas cette incarnation. C’est juste un nerd un peu plus doué et en avance sur son temps.
tranx.: je comprends pas bien le concept de revivre une singularité (ou la Singularité?)
(en fait tu veux dire qu’il n’y a pas une mais des singularités et qu’une espèce post-singularité verra elle aussi une Singularité ? Je suis d’accord : l’homme lui-même est une espèce post-singularité > après les primates.)
et Eiri (Dieu) n’est pas un nerd c’est quand même le concepteur du protocol 7
sans la boucle qu’il a introduit dans le protocole il n’aurait jamais pu acquérir ce statut
le protocole 7 n’est pas open source.
Eacil.: La Singularité est juste un seuil pour plonger dans un état de non-compréhension.

Edit : Retour et précisions.

esm.: après relecture du poste récapitulatif de Tranx, je souhaite corriger ma position
le divin nest PAS un pillier du CP, ok on est tout à fait d’accord. C’était un mauvais choix de mot.
par contre le mysticisme, j’en démordrai pas
il est présent dans la plupart des oeuvres que j’ai lu.
tranx.: OUI. là on est d’accord. on avait juste un problème de vocabulaire.
mysticisme parce que tentative d’expliquer l’inconnu
un paysan du moyen-âge (encore lui) décrivant l’électricité
beaucoup de mysticisme dans le CP car beaucoup d’inconnu lié a l’explosion technologique et au secret (cf complot)
par contre peu de divin parce que Dieu n’existe pas (cf technologie + corporations).
lvdz.: Voila, de là à dire que le mysticisme est un pilier …
Je reste sceptique.
tranx.: ben dès qu’il y a tentative d’explication de l’inconnu
par pure expérimentation (sans outils) il y a mysticisme
donc fatalement c’est récurrent en CP
(la philo est un outil, comme la science ou même le dogme religieux puisque le mystique privilégie l’introspection pour atteindre la vérité, en rejetant le dogme)
enfin bon « pilier » est un terme trop fort; « thème récurrent » est plus adapté
en fait pour moi le mysticisme (en CP uniquement) découle du thème technologique
comme le complot découle finalement du thème corporatiste (et autres puissances gouvernmentales ou non)
Il y a donc 2 « vrais » piliers CP (tout le reste en découle) :
technologie et puissantes organisations (corpos, mafias, gouvernements)
Ces 2 piliers sont bien entendu liés : la technologie est rendue possible par la recherche financée par les grandes organisations. Les grandes organisations se maintiennent et oppressent la population grâce à la technologie. La population asservie et tenue dans l’ignorance développent les phantasmes de complot et de mysticisme.
donc les thèmes complot et mysticisme découlent des piliers corporatistes et technologiques.

Suite de ma fiche sur Lain (Updated!)

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A propos des Knights of Eastern Calculus : « Les Knights ne sont pas de simples crackers, nous dit Taro, ils se battent pour une vérité unique. »
Les Knights sont représentés pas trois personnages récurrents qu’on pourrait voir comme leur délégation tokyoïte. Examinons-les d’un peu plus près :
*Un otaku/geek obèse, constamment devant son écran, vivant dans une piaule minable et se nourrissant de junk food.
*Une mère de famille qu’on imagine utiliser le Wired occasionnellement et/ou pour jouer avec son fils.
*Un homme d’affaire dont le Wired est avant tout un outil de travail.
Trois représentants des Knights, trois manières d’utiliser le Wired qui recouvrent finalement les utilisations du net répandues dans n’importe quelle population.
Au cours de la série on aura la chance d’apercevoir d’autres membres des Knights, venus d’autres pays. Ces images, passées à la télé (à l’occasion de la divulgation par Lain des informations personnelles de tous les membres de cette confrérie et des ‘suicides’ qui en ont découlé) sont troublantes. Les visages ne sont jamais visibles, les vêtements sont quelconques, les lieux anonymes. Même les rumeurs qui courent donnent l’impression que les Knights peuvent être n’importe qui. Ce qui est en fait la stricte vérité.
Là où je veux en venir c’est que les Knights, « plus que de simples crackers », représentent en fait tous les utilisateurs du wired. Les Knights c’est Mr Tout-le-monde dès lors qu’il se cache derrière un écran. Les Knights c’est Anonymous, c’est 4chan, ce sont tous les trolls de tous les forums du monde. Les Knights c’est vous et moi, c’est la face cachée d’internet. Leurs revendications ce sont celles de notre côté obscur, celui qui se régale de chaos. Ils rejettent règles, barrières, lois, tabous, interdits et secrets, rejettent la société.

Tout le monde est connecté.

A propos de la famille de Lain : Le père de Lain travaille pour les laboratoires Tachibana. Il est l’un des concepteurs du protocole 7. On le voit aux côtés de Masami Eiri sur une photo divulgée lors de l’enquête sur le suicide de ce dernier. Son rôle c’est de surveiller au plus près le développement de l’avatar Lain et, si besoin est, de la guider.
Mika, la soeur de Lain, a pour moi la simple (mais vitale) fonction de fusible. La quantité d’informations humaines ou non-humaines assimilées par Lain lors de son évolution est titanesque. Ce sont des millions de mémoires, virtuelles ou non, qui transitent par elle. Afin d’éviter le trop-plein (surtout au début de sa « croissance », lorsqu’elle n’est même pas consciente de sa nature), une partie de cette information est redirigée vers sa soeur, laquelle se retrouve
victime d’hallucinations (qui sont en fait les visions de sa ‘soeur)’ ou bien forcée d‘interpréter des messages qui ne lui sont pas destinés (« Accomplis la prophétie »). Mika perdra très tôt la raison. Elle sera remplacée (exactement comme on remplace un fusible) par une autre version d’elle-même qui durera un peu plus longtemps (une version améliorée ?) mais finira quand même dans la semoule : à la fin de la série, Mika se prend pour un fax (« bîîîîp, bîîîîp, bîîîîp, transmission commencée, bîîîîp, bîîîîp bîîîîp… »).

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Réaction d’Eacil au post précédent (via le forum du Cafard Cosmique) :

J’aimerais remarquer que dans ta liste des trois Knight, aucun n’est finalement intimement lié à la matrice réel/virtuel. C’est surprenant, pour des hackers surdoués, ils ne possèdent pas cet équilibre intime avec la matrice globale et sans doute est-ce la cause de leur défaillance ainsi que de cette conception du chaos qui n’est que la résultante d’une légitimité erronée. Ils sont forts, sûrement par la répartition des tâches, la moyenne étant équilibrée, les parties, pas du tout.
L’hikikomori obèse ne connaît la réalité que par le biais d’une version digitalisée, la mère de famille n’est finalement pas très impliquée dans le wired, une homme d’affaire qui ne connaît que le business. Il n’y a que Lain pour interagir totalement avec les deux plans, est au plus près de cette intime compréhension des choses et de leurs relations. L’extermination des Knights est une façon de poser la problématique de la morale, d’une non appropriation d’un domaine qu’on ne connaît pas parfaitement. La fusion oui, mais pas pour permettre les trolls, la destruction par l’égoïsme. La fusion pour permettre l’amitié (incarnée par Lain et Alice), l’extension de l’affection aux autres (une gestalt ?). A rapprocher du rapport fusionnel dans le charnel, sans doute la seule façon de dépasser ce mythe seulement physique par l’apport de la partie manquante, psychique. Autrement dit, la fusion pour la vérité, pas celle des Knights mais l’honnêteté, la sincérité, en assumant les deux côtés d’une pièce.

D’ailleurs, la destruction de Dieu, c’est le refus de s’embourber dans cette logique de l’Ego, la logique de causalité du pourquoi, pourquoi, pourquoi, cette base de l’information qui devient pouvoir, Lain tuant Dieu par le moyen que l’on sait lui jette une sorte de division par zéro dans sa logique centripète. Seul triomphe, donc (redite), un équilibre parfait non coupé d’une réalité ou de l’autre (virtuelle) qui a pour seul but l’évolution vers un « bonheur » plus absolu, ce vers quoi doit tendre la philosophie, semble-t-il.
Résolution de l’altérité, de LA Vérité, du bonheur, ça en fait des choses pour une série de si peu d’épisodes !

Une idée du bonheur ?

Réponse de Tranxenne
:

Ton analyse sur la signification de la présence des Knights dans Serial Experiments Lain est très pertinente. Je n’avais jamais envisagé le problème sous l’aspect moral. Je reviens sur quelques points.

Tu dis que les Knights ne sont finalement pas très lié au réseau. Il est clair qu’ils n’ont pas avec le wired la relation privilégiée que Lain possède mais je pense qu’ils sont plus actifs qu’on ne le voit objectivement. Indices : l’homme d’affaires dédaigne sa secrétaire (pourtant fort aguichante) pour rejoindre le clan Knights online (« A quoi va-t-on jouer maintenant ? »). La mère de famille reçoit des composants estampillés Knights par colissimo (composants qu’elle s’empresse de détruire – dans l’évier de cuisine ! – une fois saturés de données compromettantes). Quant à l’hikikomori (j’avais oublié l’existence de ce terme) il se déplacera quand même pour liquider l’aspirant Knight trop gênant (car trop peu discret ?).
Même s’ils connaissent son existence et arrivent à l’influer jusqu’à un certain point (la création de la ‘fausse’ Lain), les Knights n’ont pas un accès direct au wired du protocole 7, terrain de jeux de Lain et d’Eiri. La preuve : il utilisent encore du hardware (les noobs :p). De cette façon, ils n’ont pas la possibilité d’interagir dans les deux mondes (et la tentative maladroite de l’aspirant Knight pour relier les deux sera considérée au mieux comme du ‘bricolage’, au pire comme un blasphème envers Deus (Masami Eiri) et sévèrement punie.)
Cela reste un point mineur de ton argumentaire.

Là où ça devient très intéressant c’est quand tu introduis le concept de morale dans ta vision du ‘Nouveau Monde’ virtuel. Comme je le disais dans la première partie de cette fiche « l’ordinateur est devenu un jouet et le virtuel un nouveau terrain de jeux avec des règles encore à définir. » Mais il n’y a pas que les enfants qui investissent ce terrain de jeux. Ou alors les Knights (et tous les adultes qu’ils représentent) sont de grands enfants. Capricieux, cruels, égoïstes…
Lain lutte contre ces tendances. Je ne m’étais absolument pas rendu compte que sa quête d’une véritable amitié, son besoin d’affection, son trop-plein d’amour caractérisaient en fait cette lutte à la fois contre le cynisme et l’autoritarisme des adultes et contre la cruauté et l’égoïsme des enfants. Privilège de l’adolescence : on n’est plus un enfant ; on n’est pas encore un adulte. Ah ! L’idéalisme de la jeunesse. C’est sans doute à cet âge intermédiaire que l’idée de bonheur est la plus claire. L’avènement d’un équilibre parfait entre réel et virtuel permet à cette idée de perdurer.

Une idée saugrenue : le monde idéal de Lain c’est celui où elle n’existe pas, du moins pas en tant qu’être possédant un corps. Résurgence de la thématique du suicide qui hante Lain tout au long de la série.
Dans le dernier épisode, tout à la fin : Lain n’existe plus dans la mémoire des autres (donc elle n’existe plus du tout), l’adolescent ne s’est pas suicidé, la petite fille n’a pas été tuée en pleine rue, les enfants jouent à pierre-papier-ciseaux plutôt qu’être scotchés à leur ordinateur de poche, Masami Eiri décide de démissionner, les hommes en noir bossent pour une compagnie d’électricité (belle ironie), Alice s’est trouvé un bon mari. Tout le monde est heureux et Lain n’existe pas, du moins elle n’est plus présente physiquement mais reste omniprésente dans le wired. Le sentiment d’amitié qui la relie à Alice lui permet d’exister, même si celle-ci l’a oublié.

Un point intéressant qui m’est venu en lisant ton commentaire : La Trinité formée par Lain, son père et Masami Eiri. Le père Iwakura est en effet le créateur de Lain en tant que personne, qu’avatar, Eiri étant plutôt responsable du protocole lui-même. On a donc le Père, la Fille et le Saint-Esprit (incarné – ou plutôt désincarné – par Masami Eiri).
On trouve tout au long de l’anime énormément de références au christianisme, comme ce plan où Lain se trouve à un carrefour entre deux routes virtuelles, telle un Christ au centre de la croix, ou bien l’apparition de son image dans les nuages. Lain est clairement une figure christique.

Je suis cependant d’accord sur ta vision de Deus en tant qu’Ego absolu. Par son suicide même Masami Eiri refuse en fait de mourir. Il s’enorgueillit de ses adorateurs, les Knights. Lain détruisant Deus, est-ce une image du Christ rejetant la Trinité, en tout cas le Saint-Esprit ? Refusant donc l’idée d’un Dieu agissant, lui préférant l’idée d’un Père qui ne juge ni n’intercède, un Dieu contemplateur, humble et bon ? Le Dieu du Nouveau Testament plutôt que celui de l’Ancien, en fait.

A creuser (mais aussi à réinterpréter car le Saint-Esprit n’est pas seulement la force active de Dieu mais aussi l’Amour entre Père et Fils).

(J’ai reposté cette conversation ici pour deux raisons : ça en intéressera certains qui ne sont pas des habitués du Cafard et puis j’essaye de regrouper tout ce que j’ai écrit/échangé sur cet anime en vue, peut-être, d’un site dédié, en tout cas pour faciliter mes recherches. Et depuis quand je me justifie, moi ?
Si la discussion évolue, ce dont je ne doute pas, je continuerai d’éditer ce message plutôt qu’en poster de nouveaux, par souci de clarté. En cliquant sur le tag Serial Experiments Lain ci-dessous, vous aurez directement accès à TOUT ce que j’ai posté sur cette série)
.

Serial Experiments Lain

Je sais bien que ça ne va pas intéresser plus d’une personne et que les autres ne vont même pas lire le truc mais voilà je suis tellement content de cette fiche que j’ai rédigée pour le Cafard Cosmique que je ne résiste pas plus longtemps à l’envie de vous la claquer là, telle quelle ou presque.

Réalisateur : Ryutaro Nakamura
Design original : Yoshitoshi ABe
Scénariste : Chiaki J. Konaka
Producteur : Yasuyuki Ueda
Studio : Pioneer LDC
Genre : Cyberpunk

Present day… Present time…

Lain est une adolescente rêveuse et introvertie. Elle n’a pas beaucoup d’amis. Son soudain engouement pour le wired (à peu de choses près l’internet qu’on connaît aujourd’hui) lui permet l’exploration de mondes virtuels où elle trouvera des réponses sur le réel, sur l’existence et aussi sur elle-même. Ses échanges et son historique lui apprendront à se connaître et à se reconnaître, à s’accepter, enfin à s’accomplir.

Serial Experiments Lain est conçu comme une série d’expérimentations et de questionnements, d’où son nom.

*Expérimentations sociales.
A sa sortie sur les écrans au Japon, Serial Experiments Lain n’a pas laissé indifférent. Déjà par la singularité de sa diffusion : le 6 juillet 1998, à 1h15 du matin, alors que les chaînes locales n’émettent plus qu’un écran brouillé, les rares insomniaques qui avaient oublié d’éteindre leur moniteur branché sur TV Tokyo ont pu entendre une voix rigolarde asséner ces mots : « Present day. Present time. Ahahahahahaha ». Une des séries les plus révolutionnaire de sa génération débutait.
Serial Experiments Lain a également bousculé bien des conventions : avant son arrivée il était impensable au Japon de parler de suicide ou de drogues dans un anime.
Yasuyuki Ueda, le producteur de la série, a confié en interview avoir voulu créer une série qui serait interprétée différemment au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe. Il pensait que les différences culturelles favoriseraient la diversité des opinions et permettraient d’enrichir le dialogue.
Ueda a également conçu Serial Experiments Lain comme un projet multimédia : devaient paraître au même moment la série, un manga et un jeu vidéo (sur Playstation). Seul le manga n’aura finalement jamais vu le jour.

*Expérimentations graphiques.
Visuellement c’est troublant. Ce n’est pas la qualité du trait ou la quantité de détails qui dérangent mais au contraire un dépouillement prémédité. La luminosité des tons ainsi que l’économie de détails donnent au dessin une clarté visuelle touchante et une simplicité désarmante. S’y ajoutent, en compensation, tout un monde d’éléments surréalistes : ombres « tâchées » de points rouges ou bleus, reflets « vivants » qui interpellent le spectateur et lui posent la question de la nature du réel. Ce choix graphique épuré allié à la relative lenteur de la série lui confère une atmosphère onirique, insistant sur cette question très importante de la réalité.


Lain et sa collec’ de disques dur externes, prélude à la globalisation de sa mémoire.

*Expérimentations sonores.
Le côté onirique est encore relevé par les musiques, de toute beauté. D’abord, on n’entend jamais deux fois le même morceau. Chaque air possède sa scène, la porte et lui donne une saveur. Outre de grands thèmes (réunis sur une bande originale) qui vont de la chanson pop entraînante au jazz le plus barré, en passant par du gros riff de guitare saturée, on a aussi une quantité délirante de petits airs envoûtants, souvent réalisés au synthé mais pas uniquement, en tout cas toujours complètement trippant (ceux-là sont disponibles dans le bootleg de la bande originale). Les écouter est un vrai régal, avec ou sans l’image.

*Expérimentations scénaristiques.
Les épisodes sont appelés layers, ce qu’on peut traduire par couches ou calques (comme sur photoshop). Chaque couche propose un nouveau paradigme tout en donnant certaines clés de l’épisode qui l’a précédé. On erre dans des labyrinthes scénaristiques qui s’enchâssent sans jamais être sûr qu’on en a quitté un seul. Salles et corridors se déroulent, se déploient avec pour seul repère la gamine Lain Iwakura comme point focal de rencontre et surtout de fusion entre les différentes thématiques, les différents labyrinthes. Les thèmes sont donc fort nombreux, le récit part dans tous les sens et on ne comprend souvent plus rien mais c’est parce que les créateurs de Serial Experiments Lain ont voulu explorer toutes les pistes qu’ils ont imaginé sans en abandonner une seule, quitte à laisser ensuite de nombreuses questions sans réponses.
Les thèmes principaux abordés par la série sont :
* Nature de la réalité
* Existence et identité
* Troubles mentaux et quête de soi
* La technologie et son rapport à l’individu
* Dieu et la validité théorique de son existence dans un monde virtuel

Le tout est brillamment ramené à la problématique de l’adolescence et de l’amitié. Souffrance, confusion, doute, espérance, des émotions fortes ressenties par des jeunes égarés dans un monde où l’ordinateur est devenu un jouet et le virtuel un nouveau terrain de jeu avec des règles encore à définir.

Tout le processus réflexif présent dans Serial Experiments Lain serait impossible sans des connaissances et des références, aussi la série s’appuie sur les travaux de scientifiques ou de sociologues reconnus et parfois controversés, voire d’écrivains ou d’artistes. Les layers prennent parfois l’allure de documentaire. Ainsi sont évoqués les travaux de John C. Lilly et de Timothy Leary sur la conscience humaine, l’engagement de Vannevar Bush sur le projet Manhattan ou le projet Majestic 12 (sur l’affaire Roswell) et son invention de l’analyseur différentiel (un ordinateur analogique), les études de Schumann sur les champs magnétiques terrestres, les théories de Ted Nelson sur l’internet ou les écrits de Douglas Rushkoff et Cordwainer Smith. Entre autres.
Ajoutons à cela des allusions à Alice aux pays des merveilles, à Marcel Proust, à la franc-maçonnerie, à Carl Jüng, etc, etc.
Ces références ne sont pas gratuites, elles permettent aux auteurs d’étayer leur propos et de canaliser leur imagination. On se retrouve à regarder de la prospective et plus de l’animation.

« Peu importe où tu vas. Tout le monde est connecté. » – Lain Iwakura

/ ! \ Dans cette fiche je me propose non seulement de présenter la série à ceux qui ne la connaissent pas mais aussi de pousser l’analyse et la réflexion sur les thèmes qui y sont abordés. La richesse de cette série fait qu’après plus de cinq années et d’innombrables visionnages j’y trouve toujours matière à réflexion, sur nos vies, sur nos futurs, sur nos possibilités. Aussi, pour ceux qui n’ont jamais vu cet anime je vous recommande fortement de ne pas lire ce qui va suivre car les spoilers abondent. Louez cette série, regardez-la une fois, plutôt deux fois car la première est très déroutante, puis revenez ici.

Au début du générique, un écran blanc sur lequel viennent s’afficher quatre mots énoncés par une voix rigolarde : Present day… Present time. S’ensuit un rire sardonique et jovial. Ceci pour bien nous faire comprendre que Serial Experiments Lain n’est PAS de la science-fiction. Cela se passe ici, à notre époque. Nous avons toutes les cartes en main.

L’anime s’ouvre sur le suicide d’une adolescente. La jeune fille en uniforme de collégienne saute du toit d’un immeuble. Elle va s’écraser au milieu des caisses de bières et des néons d’un quartier populaire, attroupant les passants sortis pour faire la fête.
Son cartable est toujours sur le toit.

Ecran blanc. Une porte s’ouvre. Lentement. Une adolescente descend, cartable sur le dos, les marches du perron. Tout est si lumineux. Lain descend silencieusement la rue. Elle part pour l’école. On entend déjà le bourdonnement des fils électriques tendus en désordre, morcelant le ciel. Ils semblent appeler quelqu’un, vouloir dire quelque chose.

Au collège, Lain apprend qu’une de ses – rares – amies a reçu un mail de Shiza Yomoda. Cela l’a profondément choqué, la jeune fille s’étant suicidée quelques jours plus tôt. Ses autres amies tentent de la consoler en lui assurant que ce n’est qu’un canular. En rentrant chez elle ce soir-là, Lain allume son ordinateur, chose qu’elle ne fait d’habitude jamais, pour découvrir qu’elle aussi a reçu un mail de Shiza. La jeune fille y explique qu’elle n’a jeté que son corps. Que son esprit est toujours là, dans le wired. Qu’elle y a rencontré Dieu.


Dès lors, Lain, encouragée par son père, va se plonger dans le monde de l’informatique, ses réseaux, ses potentiels et ses dangers. Au fur et à mesure de ses pérégrinations virtuelles, Lain réalise qu’elle n’est pas ce qu’elle croyait être, que ses parents ne sont pas ceux qu’ils n’ont d’ailleurs jamais prétendu être, et que ses amies ne sont peut-être même pas ses amies. Elle réalise que certaines personnes qu’elle ne connaît pas la connaissent très bien. Elle s’en inquiète. Elle se voit suivi par deux individus en costume noir d’allure plus que suspecte, sans pouvoir déterminer s’ils sont là pour la protéger ou pour la menacer. Elle ne sait pas que penser.

Outre ces accès vraisemblablement paranoïaques, Lain découvre qu’on la connaît sous d’autres personnalités. Elle se découvre agressive ou lascive. Ses autres moi lui font peur. D’ailleurs, dit-elle, « Ce n’est pas moi. Il n’y a pas d’autre moi que moi. » Mais ces paroles résonnent dans le vide car Lain est toute seule : ses amies la fuient.

C’est en cherchant les réponses aux questions qu’elle se pose sur elle-même et le monde qui l’entoure qu’elle apprendra à s’accepter, à modifier son environnement, à échanger avec les autres, à faire du monde son monde. La recherche et le tâtonnement sont nécessaires pour découvrir son identité et comprendre les raisons de sa propre existence.

Lain découvre très tôt que ses parents ne sont pas vraiment ses parents, même si elle ne peut pas se rappeler de ce qu’elle connaissait avant eux. En fait, elle ne peut se rappeler de rien : ni dates d’anniversaire, ni souvenirs de familles, ni aucune « foutaise » de ce genre.

Lain a également des ennemis. Les Knights sont des hackers mais leur objectif reste très vague. Leur principal méfait (outre attenter à sa vie) fut de connecter ensemble un serveur de jeux en réseau de type kill’em all (les auteurs ont empruntés certaines textures du jeu DOOM pour ces scènes) et celui du réseau de jeux d’un jardin d’enfants, donnant lieu à certaines des scènes les plus choquantes de la série comme celle où un adolescent tire en pleine rue sur une petite fille en hurlant : « Crève ! Crève ! Crève ! »
Les Knights semblent chercher, à l’instar des laboratoires Tachibana, à accélérer la fusion entre monde réel et virtuel. Cependant ils refusent toute forme de régulation exercée sur le réseau, y préférant un chaos créateur et sans règle. C’est pour cela qu’ils deviennent l’ennemi mortel de Lain elle-même.

« Je suis Dieu » – Masami Eiri.

Masami Eiri est un scientifique travaillant pour les laboratoires Tachibana, lequels concoivent des ordinateurs, les Navi (pour navigateurs web), très populaires car très performants. Allant de l’ordinateur de poche (très pratique pour surfer pendant les cours) au Navi destiné à la recherche, en passant par le desktop classique pour la maison ou le bureau, les laboratoires Tachibana sont présents sur toute la gamme d’ordinateurs.
Leur projet le plus récent et le plus ambitieux est la mise en place d’un nouveau protocole de communication, le fameux protocole 7. Le protocole 7 permettra l’accès au wired sans interface matérielle, donc sans hardware, directement par la pensée en utilisant les ondes cérébrales propagées par la résonance Schumann.

En fait, ce projet en est déjà au stade de l’implémentation fonctionnelle et ce à l’insu des populations et gouvernements concernés. L’augmentation des troubles mentaux et les manifestations qui en découlent (meurtres, suicides…) sont en fait dues à l’inaptitude de la plupart des gens à assimiler l’intrusion d’un réseau ouvert dans leur conscience et d’accepter de devenir ce qu’ils sont (car dans le wired du protocole 7 il est possible de se métaphoriser, c-à-d de devenir son avatar). Bref c’est toute une forme d’inconscient collectif qui est mis à disposition des consciences grâce aux laboratoires Tachibana.
(En cela, l’apparition d’un extra-terrestre roswellien ne doit pas désarmer le spectateur : en tant que rumeur persistante, l’existence d’extra-terrestres est devenue un mythe possédant une existence propre dans la psyché humaine. Il a donc sa place dans la réalité de Lain, qui est toute faite de virtuel.)

Masami Eiri, licencié par son employeur pour avoir introduit une boucle non-autorisée dans le code du protocole, se suicide peu après en se jetant sous un train. La boucle qu’Eiri a inclus dans son code lui permet d’uploader sa mémoire au cœur même du réseau. Ainsi devenu omniprésent et omniscient, occupant les mémoires de chacun, Masami Eiri s’est proclamé Dieu dans un monde qui ne croit plus qu’en la science.

Quant à Lain, elle réalise qu’elle est capable de manipuler les mémoires des gens ou de modifier le réel par le biais du virtuel. Ce n’est pas un pouvoir. C’est une fonction. Car Lain est un software. Un programme catalyseur destiné à superviser les effets secondaires de l’implantation du réseau wireless. Quand elle upgrade son Navi elle upgrade également son potentiel et sa conscience, son emprise sur le monde.
En effet si son accomplissement en tant qu’être pensant passe uniquement par le wired c’est parce que Lain n’est pas humaine. Sa forme n’est qu’une convention, une information. C’est aussi parce que, par elle mais à ses dépends, le monde réel et le monde virtuel sont en train de fusionner. Lain est un produit des laboratoires Tachibana. Elle devient la gardienne consciente d’un monde en pleine mutation.

Close the world – Open the next

Serial Experiments Lain c’est un constat. Celui de la virtualisation toujours accrue de nos rapports avec le monde et avec les autres, voire avec nous-mêmes. C’est une synthèse, un regard sur le chemin parcouru en informatique et en cybernétique. C’est enfin une question : Qu’est-ce que l’on veut faire maintenant ?

J’attends vos commentaires, réflexions, interprétations.
N’hésitez pas à visiter ces deux sites très complets sur la série (le premier surtout) :
Thought Experiments Lain
Religion Virtuelle

Cyberia Mix

Make me mad

Make me sad

Make me feel alright

Present day. Present time.

Serial Experiments Mars Volta

« Powerful music, demanding anime. Work perfectly together. »

Close the world – txEn eht nepO

En Japonais, l’expression ‘sound of jewels’ est composée de deux Kanji, le premier (Rei) signifiant ‘jewels’, le second (In) ‘sound’.

Rei-In : sound of jewels.

C’est le même kanji, la même prononciation que pour le nom Lain.

J’ai fait la découverte d’un site consacré à Serial Experiments Lain, un anime dont je vous avait déjà parlé il y a longtemps. Moi qui pensait avoir décodé la plupart des mystères de Lain, je suis tombé sur le cul en redécouvrant la richesse de ce manga. Je n’avais fait en fait qu’en soulever la première couche. Je suis maintenant en train de me pencher sur la deuxième (dont je vous ai donné un aperçu dans mon dernier post). Même si tous ces travaux, évènements et chercheurs sont évoqués dans la série (surtout dans le Layer #9: Protocol, qui prend des allures de documentaire), la description reste sommaire et attaché à la compréhension basique de l’intrigue. Seul un approfondissement ultérieur révèle toute la maturité de l’anime.

Le type qui a fait ce site (http://www.cjas.org/~leng/lain.htm) possède un doctorat en sociologie et cyberculture. Serial Experiment Lain était le sujet de sa thèse de fin de cursus. Aujourd’hui Lain est devenue une icône parmi les informaticiens et ce type donne des conférences au Japon, en Europe et aux US rien que sur ce sujet. Parce qu’au départ Lain c’est l’histoire d’une adolescente introvertie qui, parce qu’elle reçoit d’étranges mails d’une amie qui s’est suicidée quelques jours plus tôt, commence à s’investir dans la vie du Net (le Wired). Elle découvrira beaucoup sur elle-même au cours de ses pérégrinations online.

La série est souvent obscure mais vu la quantité de sources et de références auxquelles il fait appel (des théories de Jung au Livre des Morts Tibétain, en passant par les travaux de Leary ou de scientifiques américains sur l’expansion de la mémoire, la franc-maçonnerie, l’hindouisme…) cela n’est pas surprenant. Lain part volontiers dans tous les sens avec pourtant un fil directeur: quelle sera la prochaine évolution du genre humain?

Le manga recèle de symboles et de significations que je n’avais pas perçu (j’ai pourtant vu tous les épisodes une bonne dizaine de fois) et qui me sont apparues grâce à ce site très fouillé.

Je vous recommande chaudement le visionnage de ce manga. Même sans trop d’investissement ni de recherche, l’ambiance de cet anime est hallucinante, les musiques sont trippantes, l’intrigue est époustouflante.

Bref, à voir absolument.

NB: Post de Tranx. Signé par moi pour cause de probs technique.

The sound of jewels

Web

Network/Internet.

Interpretation:A reality that is on a continuum with Real World. The state of being connected (such as to a network).A consensual hallucination (as in William Gibson’s description of the Matrix in Neuromancer). We all agree (more or less) to share (more or less) the hallucination that is the Web. Meaning, how much each person agrees to hallucinate the Web will vary, and furthermore, each person’s hallucination will vary (more or less) from the statistical average « consensus Web. »

Real World

Everyday human existence.

Interpretation:A consensual hallucination. We all agree (more or less) to share (more or less) the hallucination that is Real World. Meaning, how much each person agrees to hallucinate Real World will vary, and furthermore, each person’s hallucination will vary (more or less) from the statistical average « consensus Real World. »

Protocols

Internet protocols.

Interpretation:A protocol is a set of rules or procedures that people agree to use.Therefore, protocol implies consent, an agreement to believe in something and use it.

Protocol 7

The protocol that’d fully link the Web and Real World together. Protocol 7 is to utilize Schumann Resonance to connect everybody to the Web (and therefore each other) without devices. Protocol 7 makes the collective unconscious (as described by Jung) become the collective consciousness. As such, it may also be in reference to the Leary/Wilson 7th Circuit of the nervous-system/consciousness, aka the Collective Neurogenetic Circuit. Leary and Wilson describe Circuit 7 as the DNA memory/genetic archives whose total collective information (beyond the individual, gene-pool, and species levels) is the consciousness of Gaia, the living global brain. So the evolution of the 7th circuit is the evolution of Gaia. Those who develop 7th circuit consciousness gain awareness of the DNA memory/genetic archive and of Gaia.

The biosphere–Gaia–the DNA script–is more intelligent than all individuals, gene-pools and species. It has survived everything thrown at it for nearly 4 billion years, and is getting smarter all the time. It is on the edge of achieving immortality.–from Prometheus Rising by Robert Anton Wilson.

Note: Our current Internet Protocol is IPv4 and we are in the process of transitioning to IPv6. The number 5 is some other non-IP protocol. If Protocol 7 has anything to do with our current numbering system, it is unclear.

The Eight Circuits of Consciousness A model proposed by Dr. Timothy Leary and Robert Anton Wilson
A multiple perspective view of the same model
Robert Anton Wilson page on deoxy.org
Timothy Leary page on deoxy.org
Robert Anton Wilson‘s official webpage
Timothy Leary‘s official webpage
Carl Jung An excellent summary of his ideas

Knowledge Navigator

John Sculley, the CEO of Apple from 1983 to 1993, described the Knowledge Navigator in his book titled Odyssey (1987). The Knowledge Navigator was his vision of Apple computers in the 21st Century. Accurately predicting many of the changes eventually brought about by the World Wide Web, the hypothetical Knowledge Navigator would allow people to communicate with each other from anywhere in the world, would be connected to a vast shared hypertextual (Sculley cites Ted Nelson in reference to hypertext) database of information (like the Web), and would also utilize intelligent agents or artificial intelligences to actively search out information of interest.

The Knowledge Navigator Sculley envisioned in 1987 would be suited for multimedia applications, utilizing large, high-definition, flat-display screens to support text, full-color, graphics, and computer generated animations. It would also feature high-fidelity sound, speech synthesis, and speech recognition. Sculley emphasized that the Knowledge Navigator would not need to take any specific form; it could be a desktop computer, a handheld, or even built into one’s clothing.

John Sculley’s vision of the Knowledge Navigator, even if not fully realized, was important for the technologies it inspired as well as predicting the change of the personal computer’s role as a productivity tool to one which is used to mediate information exchange and transfer.


Devices

All devices extend and amputate us at the same time (see McLuhan link below). According to infoscientists, Protocol 7 would allow humans to connect to the Web without devices. With devices, we extend into the Web, but cannot fully enter it. As such, we are both enabled and handicapped by devices. If we enter the Web without devices, we potentially lose our sense of self. Good or bad, total connectedness also implies total loss of ego and identity.

Schumann Resonance

Put very simply, the resonance frequencies of the Earth’s electromagnetic field as measured by W.O. Schumann. 7.83 Hz (which is an average of several measurements) is the figure most often cited as the fundamental (base) Schumann Resonance frequency, in that electromagnetic waves of that frequency can propagate extremely quickly with little attenuation around the planet within what is known as the Schumann Cavity (a thin membrane of non-conductive air between the surface of the planet and the ionosphere). Schumann Resonance frequencies fall in the range of 6-50 Hz. It may be of particular interest to note that Nikola Tesla, who first observed the existence of what would later be called Schumann Resonance, theorized that it could be used for « … power transmission and transmission of intelligible messages to any point on the globe. » In other words, a wireless system of energy transmission.

« So astounding are the facts in this connection, that it would seem as though the Creator, himself had electrically designed this planet…. » — Nikola Tesla describing what is now known as Schumann Resonance (7.8 Hz) in « The Transmission of Electrical Energy Without Wires As A Means Of Furthering World Peace », Electrical World And Engineer, January 7, 1905, PP 21-24.

Related links:
Schumann Resonance A textbook explanation
Project Tesla: Wireless Transmission of Power Tesla and Schumann Resonance
Wireless Transmission of Power More on Tesla and Schumann Resonance
Nikola Tesla Another interesting Tesla page
The Serbian-American inventor, electrical engineer, and scientist One more Tesla page for good measure


Mech drug

Upon ingestion, it oscillates at a particular frequency which causes the secretion of a hormone (neurotransmitter?) which influences the user’s sense of time, causes the user to feel as if his consciousness is accelerated, and also improves the brain’s speed of calculation. The drug disappears from the body after one day.

Interpretation:
« Machine » as « drug. » Suggests that machines can produce altered/expanded states of consciousness.
« Drug » as « Machine. » Suggests that « drugs » are technology.

Logical/rational thought is a function of the 3rd Circuit (Leary and Wilson). Computing is a highly 3rd Circuit-intensive activity. Therefore, stimulants are the most obvious drugs of choice for the Web generation. On Accela (a potential shortfrequency smart drug), one can move closer to the speed of the Web, so Real World seems slower. Accela might function by temporarily bringing the user closer to Schumann Resonance frequencies, and therefore closer to the Web even without the use of a Navigator. Accela possibly acts on Circuits 3 and 7 at the same time.

Douglas Rushkoff

Author, professor, consultant, radio commentator. A friend of Leary. Lectures on and writes about media, society, technology, computers, cyberculture, etc. He discusses the notion of the Global Brain (or Gaia) in his book, Cyberia.

The people you are about to meet interpret the development of the datasphere as the hardwiring of a global brain. This is to be the final stage in the development of « Gaia, » the living being that is the Earth, for which humans serve as the neurons. As computer programmers and psychedelic warriors together realize that « all is one, » a common belief emerges that the evolution of humanity has been a willful progression toward the construction of the next dimensional home for consciousness…Evolution is seen more as a groping toward than a random series of natural selections. Gaia is becoming conscious. Radzik and others have inferred that human beings serve as Gaia’s brain cells. Each human being is an individual neuron, but unaware of his connection to the global organism as a whole. Evolution, then, depends on humanity’s ability to link up to one another and become a global consciousness.–quoted from Cyberia (1994) .

Cyberia is the title of a book by Douglas Rushkoff (1994), describing various cyber-cultures and their philosophies, as well as discussing notions of an evolving Global/Gaian Brain (such as described by James Lovelock and Peter Russell), of which humans are the neurons.

Interpretation:For those who are unaware of connection, or who are forced to connect against their will: Cyberia->Siberia->feelings of coldness, isolation, being lost.

John C. Lilly

Scientist. Interested in human consciousness expansion. A friend of Wilson/Leary. Did isolation tank and drug experiments to study effects on consciousness. Famous for work on dolphin intelligence and long-distance underwater communication. Proposed ECCO.
Related links:
John C. Lilly page on deoxy.org
John C. Lilly‘s official webpage
E.C.C.O. John C. Lilly’s explanation of the Earth Coincidence Control Office
John Lilly, Ketamine and The Entities From ECCO

ECCO

Earth Coincidence Control Office. John C. Lilly’s model/metaphor describing an extraterrestrial/higher intelligence which determines our coincidences.

Roswell Alien(s)

Suggests that humanity was contacted by a higher intelligence which provided us with the ability/inspiration to create what would eventually become the Web. Either there is an alien influence that contacted us, or the « alien » was a manifestation of our collective unconscious preparing us for future evolution. The alien is the trickster figure as is commonly found in various religions. The trickster appears, but it is never clear if it is real or a part of our mind. People in altered states of consciousness have sometimes reported encounters with alien intelligences (see ECCO).


MJ-12

aka Majestic-12. Supposedly, the organization formed by President Truman to investigate downed UFOs and the possibility of alien life contacting Earth. Allegedly formed in response to the Roswell Incident. Even within the UFO theorist community, the existence of MJ-12 is highly uncertain based on the questionable authenticity of the « MJ-12 Documents » made public in 1987 by William Moore and Stanton Friedman (UFO analysts) along with Jaime Shandera (TV producer) who received the materials from an anonymous source in 1984. Specifically, the signature of President Truman on Attachment A of the MJ-12 Documents was shown to have been copied from a different document.
Related links:
The MAJESTIC 12 Documents Scanned images of the Majestic 12 Documents
Majestic-12, Part 1 How they were discovered
Majestic-12, Part 2 The debate over authenticity
Majestic-12, Part 3 Conclusion
UFO Terms Includes an entry on Majestic-12
Revelations Concerning MJ-12

Vannevar Bush

Engineer, scientist, alleged member of MJ-12. Truman’s scientific advisor. Organized the National Defense Resources Council in 1941 and the Office of Scientific Research and Development in 1943 (which helped create the Manhattan Project). Considered the major player in the founding of the National Science Foundation. Invented the Differential Analyzer, an early analog computer. Proposed Memex in his landmark article, « As We May Think, » published in the Atlantic Monthly in 1945.For more detailed information, see my summary of Endless Frontier, G. Pascal Zachary’s biography of Vannevar Bush.
Related links:
Vannevar Bush a brief description
Vannevar Bush a more detailed summary of his work
As We May Think The full text of Vannevar Bush’s landmark article
The Godfather A Wired magazine article discussing Vannevar Bush and his contributions to science and information technology
Vannevar Bush page with Memex conceptual drawings.

Ted Nelson

Outspoken member of the computer industry. Inspired by Vannevar Bush, he expanded upon the Memex concept and proposed the Xanadu system, where there will be a globally accessible electronic archive of all the world’s text, possibly implemented by putting it in a satellite in space (though this latter idea has been more or less dismissed). According to Professor Nelson, the core Xanadu concept is « a specific family of data structures ». Nelson’s vision of Xanadu has never fully come into fruition, though many of his concepts have influenced and been incorporated into other technologies such as the World Wide Web. Ted Nelson coined the term « hypertext » and is currently a professor at Keio University in Japan.
TED NELSON HOME PAGE
Ted Nelson,Hypertext Pioneer


PK

PK is short for « Player Killer », a person who kills other players in online games, though the term is most often reserved for such players in games which are at least partially social in nature. People who play first person perspective shooters, for example, are not usually called PKs. The terminology may have originated from the early days of text-based online MUDs (« multi-user dungeons »). The term is still used today in the more modern (fully graphical) online gaming environments in which players can socialize, kill monsters, or (in the case of PKs) kill other characters. For online gaming worlds which allow characters to grow over time, PKs are controversial in that they add an element of risk to the game, where players who have developed attachments to long-term characters must constantly be on the lookout for dangerous PKs. As such, many people want to ban PKs, or at least weaken their effect on the games. PKs, on the other hand, consider the risk of combat a thrilling and vital part of the online experience.

Knights

Consists mostly of computer geeks and some people who like being in secret organizations. The Knights are hackers/manipulators/crackers. « Knights of Eastern Calculus » evokes the image of the Pythagorean mystics/mathematicians. The Knights possibly originated from the Knights Templar (or the Knights of Malta, even?) who were hermeticists/alchemists. The Knights’ goal might be to unite human consciousness with the « divine » « true » consciousness. »Knights of Eastern Calculus » also seems synonymous with « Knights of the Lambda Calculus ».

Knights of the Lambda Calculus n.A semi-mythical organization of wizardly LISP and Scheme hackers. The name refers to a mathematical formalism invented by Alonzo Church, with which LISP is intimately connected. There is no enrollment list and the criteria for induction are unclear, but one well-known LISPer has been known to give out buttons and, in general, the members know who they are…. –from The Jargon File Alonzo Church, in 1930, introduced lambda calculus as a model of computation. In The Jargon File entry for « canonical, »
The jargon meaning [of canonical], a relaxation of the technical meaning, acquired its present loading in computer-science culture largely through its prominence in Alonzo Church’s work in computation theory and mathematical logic (see Knights of the Lambda Calculus).–from The Jargon File

« Beethoven said…’Anybody who understands my music will never be unhappy again.’ That is because his music is the song of Gaia, the Life Spirit, becoming conscious of Herself, of Her powers, of Her own capacities for infinite progress. »–Robert Anton Wilson discussing the Collective Neurogenetic circuit of consciousness in Prometheus Rising.

Voilà c’est un tantinet long mais croyez-moi ça vaut le coup. Si vous voulez savoir sur quel site j’ai trouvé toutes ces informations, et surtout ce qu’ont en commun tous ces travaux et expériences, penchez-vous sur la signification du titre de ce post. d’ici quelques jours je vous donnerais la clé qui réunit toutes les pièces du puzzle que vous avez sous les yeux.

En plus maintenant que j’approfondis mes recherches à travers les liens je me rend compte que ce que je croyais connaître m’était encore en fait hermétiquement fermé. Je redécouvre un univers pour lequel mon admiration s’accroît.

[original message posted by Tranx]